OBSERVANCES DES FUNÉRAILLES
Lorsqu'un Dèné meurt, avant qu’il ait rendu le dernier soupir, on lui lie les mains avec des cordes, on lui allonge les jambes; puis, lorsqu'il a rendu l'esprit, on coupe les cordes et on ie coud étroitement dans une enveloppe de peau que l'on peint en rouge avec du vermillon.
On lui tire des lignes rouges depuis le front jusqu'aux pieds, le long des bras et des jambes; on lui rougit les paumes des mains. On observe toutes les coutumes. On lui ceint le front d’un bandeau brodé, on lui met sur le front deux plumes de guerre; on découpe des franges, que l’on tord, et on lui en entoure les poignets, les chevilles, les bras et les jambes.
Personne ne se couche, tout le monde travaille; on prépare pour le défunt beaucoup de choses. On se tire du sang en signe de deuil ; on ne boit point; à peine prend-on de loin en loin un peu de nourriture. On se prive de sang, de graisse ; on ne mange la tête d’aucun animal. On cbserve fidèlement toutes les coutumes.
h rS —
AO
Quand on boit, on le fait à l’aide d’un chalumeau en plume de cygne, afin de ne pas souiller les vases.
On construit un petit sarcophage en troncs d'arbres, appelé « le bois du cadavre », et on y place le corps du défunt. Ce sont les frères du défunt, si celui-ci est un homme, ou tous les hommes qu’une femme a connus, si le cadavre est celui d’une femme, qui abattent les arbres et en équarrissent les planches à la hache.
Ensuite, quatre hommes enlèvent promptement le corps; on l’emporte vite, à la hâte, comme en fuyant, et on le dépose dans le sarcophage, lequel est élevé de trois ou quatre pieds au-dessus du sol.
Alors, les parents du mort se lamentent autour de la tombe; ils font couler leur sang avec des lancettes; ils se meurtrissent le visage, la poitrine, les doigts; ils coupent leur chevelure; ils rejettent leurs vêtements et vont tout nus, afin de se rendre misérables, en signe de deuil.
Après cela, on fait un banquet autour du sarcophage.
Au bout d’un hiver, on va revoir le cadavre.
On ouvre le sarcophage, on contemple les restes du défunt. On s’assied tout autour, et l’on dépose quelque chose de beau et de bon sur son tombeau. Après cela, on fait encore un festin.
Quelquefois, on creusait un gros tronc d’arbre après l’avoir fendu; on déposait le mort dans cette auge, dont on rejoignait les deux parties, et on replantait l'arbre.
D’autres fois on enterrait le corps. Des défroques des morts, partie était distribuée aux parents, partie était enterrée avec le cadavre, et partie vouée à l’anathème et jetée à l’eau, au feu ou aux vents.
EPEL