CHAPITRE III
LES ANGES PROTECTEinS ÜF. LA TERRE ET DES PEUPLES,
L<*k Sopianlr, dans le DcrTmosovc, disent qne Dieu a Qie les limites des nations selon le nombre des Anges de Dieu* Don CaLnet.
Un essaim de Religieuses , do l’ordre de saint Bernard, sorti do la ruche d’Annecy, se jetait, en 1652, sur le Jura, et s’avançait vers sa destination. La pieuse colonie ayant pour guide et pour soutien, dans cette longue traversée de montagnes, le directeur du couvent, était à cheval, et elle cheminait avec toute la gravité et la décence qui doivent accompagner des vierges que J .-C. a choisies pour épouses. Sous leur rohe de laine blanche et sous leur grand voile de lin, elles formaient sans doute une petite caravane de l’aspect le plus poétique et le plus intéressant. S’étant égarées entre .Moirans et le défilé du pont de la Pile, elles se trouvèrent bien attardées quand elles arrivèrent sous les murs de la ville d’Orgolct (Jura), petite place encore fumante de son dernier incendie, encore toute pouflrcuse de ses démolitions, encore toute soulTranle
ANGES DE LA TEDUE lo
des plaies de la guerre. C’est à colle ville cpic les chastes colombes venaient demander un nid parmi les ruines ; mais elle était déjà fermée : les voiles de la nuit s’étaient redoublés sur elle ; le silence du sommeil s’en était emparé ; et c’est à peine si quelque lampe veillant au chevet du malade, se laissait distinguer de loin en loin, pour indiquer remplacement do l’oisive cité.
Dès (pic les timides voyageuses aperçurent ces (pielques lumières, elles se groupèrent sur le chemin en face do l’ermitage , et elles se prirent à chanter en chœur une hymne en l’honneur des saints Anges, afin de se rendre propices les .\nges de la ville (pi’elles venaient habiter. Cette circonstance do l’histoire de l’arrivée des sœurs Bernardines à Orgelet, est racontée avec tant de foi et de simplicité dans leurs mémoires manuscrits , elle a quelque chose de si extraordinaire et do si touchant, qu’on peut la considérer comme une particularité déjà curieuse au XVII® siècle , et plus digne encore de notre attention au XIX®.
Vous trouvez, dans les traditions allemandes recueillies par les frères Griinin, un exemple de bons Anges protecteurs de la ville de Salzwédcl. Durant le siège qu’avait mis devant celte place un ennemi formidable et cruel, on avait vu de ces créatures célestes allant et venant sur les remparts, interceptant les coups du catapulte, détournant les projectiles, et dirigeant eux-mèmes la défense. Lassé