CHAPITRE V
FÊTE HINDO-GERMAMQUE.
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ÎAcrrc. Devcrip. G«rn«tiic, cap. xi .
Personne ne refuse aujourd’hui d'admettre que les bords de la mer Baltique ou Varégienne ont été Jadis fréquentés parles trafiquants de l’Inde. Ces relations commerciales n’existaient que parce qu’il y avait , de part et d’autre , des peuples d’une commune origine. De là l’expression d'Uindo-Ger~ manique appliquée par les géographes modernes aux populations européennes qui participent à cette ancienne consanguinité. Aussi a-t-on justement comparé la fête de Herte en Germanie à celle de Paravardiou Parvati dans l’Hindoustan (1).
Tacite décrit en ces termes les solennités relatives à la déesse Herte , c’est-à-dire de la Terre , mère commune. Ils s’imaginent que cette divinité vient , de temps en temps , prendre part aux affaires des
(l)Nolosdc M. Faiirkoiik, traducteur de la Gvrmanie de Tacite.
2()2 FÊTE HINDO-GERHANigUE.
hommes , et se promener de contrée en contrée. Dans une île de l’Océan est un bois qui lui sert de temple. On y garde son char : c’est une voiture couverte que 1e prêtre seul a le droit de toucher. Dès qu’il connaît que la déesse est entrée dans ce sanctuaire mobile , il y attèle des genisses et le suit en grande cérémonie. L’allégresse publique éclate de toutes parts. Ce ne sont que fêtes et réjouissances dans les lieux où la déesse daigne passer et séjourner. Les guerres sont suspendues ; on cesse les hostilités; chacun resserre ses armes ; partout règne une paix profonde , que l’on ne connaît , que l’on n'aime que dans ces jours privilégiés. Enfin , lorsque la déesse a suffisamment demeuré parmi les mortels , le prêtre la reconduit au bois sacré. On lave ensuite , dans un lac écarté , le char, les étoffes qui le couvraient , et la déesse elle-même , à ce qu’on prétend. Aussitôt le lac engloutit les esclaves employés à cette fonction , ce qui pénètre les esprits d’une frayeur religieuse , et réprime toute profane curiosité sur son mystère, que l’on ne peut connaître sans qu’il en coûte la vie à l’instant. Les peuples Suèves , dent je viens de désigner une partie , s’étendent jusqu’aux extrémités les plus reculées de la Germanie. »
« Les fêtes dans lesquelles les Hindous portent aussi leurs dieux en triomphe , remonte à une haute antiquité , et sont ordinairement d'une grande magnificence.