FÊTE HIND0-GERM4NIQUE
a Les uns , dit le missionnaire Perrin , se prosternent devant l’idole ; d’autres , plongés jusqu’à la ceinture dans l’eau do l’étang sacré , récitent des prières. La marche commence par quelques groupes de musiciens avec leurs longues trompettes de bois. Les chars qu’on emploie pour ces cérémonies, et que M. Perrin appelle Ter, ressemblent à de hauts clochers de bois, travaillés et sculptés avec soin ; ils sont ornés de banderoles et de fleurs. Des lions de cartons , placés au quatre coins , supportent ces ornements. L’idole est au milieu dans une niche , ou sur un piédestal. Le char est porté sur des roues, petites mais solides ; il a divers étages , sur lesquels sont placées un grand nombre de danseuses , qui chantent et dansent sur le char même. Le dernier étage est surmonté d’un baldaquin circulaire , de couleur rouge et enrichi de franges d’or. Il faut à quelques-unes de ces machines des milliers de bras pour les mettre en mouvement ; mais les bras ne manquent pas , car , c’est comme chez les Hindoux un moyen d’expier ses fautes, que de traîner le char de leurs dieux dans ces cérémonies , tous les assistants s’empressent de saisir un bout des cables , et tirent en jetant de grands cris. On dit qu’il y en a qui poussent la superstition jusqu’à se jeter au-devant du char , et à se faire écraser sous les roues. M. Solvins assure qu’il a vu jusqu’à trente de ces fanatiques sacrifier ainsi leur vie sous un seul routh. On regarde ces
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malheureux, comme de grands saints , et l’on envie leur mort. »
La cérémonie du bousso-djeng se termine d’une manière fort singulière : après avoir porté les images des dieux en procession pendant plusieurs jours , ou les conduit à la rivière et on les place sur les bords de deux bateaux rapprochés par les flancs. On sépare ensuite les bateaux et les Dieux s’engloutissent aux acclamations de la multitude.
La fête de Paravardi présente des rapprochements plus positifs encore. Les Brahmanes lavent cette idole dans les lacs et les fleuves sacrés , et les fanatiques se font écraser par dévotion sous son char. De malheureux enfants se sont précipités, en son honneur, dans les flots du Gange.
Chez les Germains , nous avons vu que les esclaves , chargés de laver la déesse Herte , étaient suffoqués dans le lac de l’île où elle se retirait après sa promenade en Ter, qu’elle exécutait chaque année pour visiter ses adorateurs.
Nous nous réservons de parler plus tard de cette divinité de l’Inde, que nous trouverons probablement identique avec la déesse des Suèves.