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J.os grâces et le vit' incarnat du bel Age, ccs roses de la vie humaine, n’accompagnent pas toujours les sylphides que ri’ivent nos imaginations poétiques; ces intelligences apparaissent bien souvent à la pensée avec la ligure pAle et ridée, le front hérissé de crins d'argent et le regard profond et scrutateur <lc la vieille femme. Lessybilles de l’antiquité, dépositaires des secrets de la destinée sur terre, n’étaient pas de Jeunes et fraîches péris ; c’étaient des femmes qui avaient vu passer devant elles des générations par torrents, et sur lesquelles les siècles avaient laissé par couches l’e.vpérience et le savoir. Il est si naturel à rhonune de transporter aux espaces imaginaires les impressions rogues de la réalité qu’il suppose .sans peine à des êtres doués d’une essence immortelle, les signes extérieurs de la décrépi liule ipie nous somiucs accoutumés à révérer. De là
âH LES JOURS DE LA VIEILLE.
peut-('tre celte locution de vieille fée qui nous es( encore très-familière.
Nous avions autrefois dans les airs de détestables Génies, sortis des steppes déserts de Lop et d'Erigimul (1), pays de la Tartarie asiatique que des voyageurs du XII* et du XIII® siècle trouvèrent infestés d’Esprits diaboliques , en allant par terre au Cathay. Comme au pays de leur naissance (où, du haut des airs, ils assaillaient les caravanes), ces Esprits maussades, fronçant le sourcil et poussant des sifflements aigus, faisaient redouter à nos pères leur rapide passage par nos climats. L’inquiel cultivateur, qui ne savait à quoi imputer la perle de ses récoltes, s’en prenait à la pernicieuse influence des Puissances de l’air.
Les peuplades agricoles du joli bassin de la Seille s’entretiennent même encore d’une certaine vieille qui court par le temps; maudite fée qui, disentils, passe chaque année sur leurs têtes, au moment où le soleil printanier commence à réchaulTer la terre , mais où la lune rousse amène aussi des retours subits de température. On désigne par les jours de la Vieille le règne de ce Iroid génie, durant les trois derniers jours du mois de mars et les
(I) Au duchc itc Bourgugiio, dans le tenipsoù l'on faisait le prneès , aux sorciers, on donnait à eeux-ci le nom d'Erije*. Ce leriiic a beau coup de rapport avec celui fYErigimul. Celte ressemblance mérite atlenlion. On ne nommait le pa\s d'EriRimul que comme un pays d'esprits malins et de sorciers.