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CHAPITRE XII

LA CLÉ DE l'épousée.

Qae poQTait ilgaiHer udc dé , »inoo ToaTertart c« de I «Dné«, ou des fêtes, ou des séâoces de U jastke , ou de quelque opération publique ?

(Pluchb. Rist. du Ciel I.

Il respire dans ces couplets , ainsi que nous l'avons avancé , un parfum de pure antiquité , dont nous avons un compte à rendre.

D’abord la composition nous en paraît dater déjà d’un peu loin , puisque l’un d’eux constate l’usage de porter des clés à sa ceinture. Ensuite , ils retracent des mots et des idées mythologiques qui n’ont pu arriver que par tradition à leurs derniers compositeurs.

Ainsi, par exemple , cette même clé dont il s’agit n’est pas là pour ne rien siguiûer. L’année celtique s’ouvrait au mois de mai. Cette explication serait déjà suffisante. Ajoutons cependant que la Terre , sous le nom de Cybèle , était représentée avec une clé à la main , indiquant , suivant l’abbé

LA CLÉ LE l’épousée. 287

Pluche (1), l’ouverture de la moisson. La clé était également un attribut d’isis (2), autre transformation de la terre. Des clés sont mises aux mains de plusieurs figures des divinités de l’Orient. Mais , ce qu’il y a de plus singulier dans nos explications, c’est que la clé joue un rôle dans les mariages en Chine , comme elle en jouait un à Rome. Au Céleste-Empire , lorsque l’épouse est conduite , dans un palanquin fermé , à la maison de son mari , un serviteur de confiance remet la clé de la chaise-àporteur à ce dernier qui l’ouvre lui-même pour voir si la chinoise qu’on lui amène est belle ou laide. Chez les Romains , pour introduire la jeune mariée dans la résidence maritale , on l’enlevait de terre, afin qu’elle ne touchât point le seuil de la porte , et on lui présentait , à elle , les clés de la maison , marque de l’intendance qu’elle devait avoir sur le ménage. « Il faut en excepter les clés de la cave , dont , suivant Pline , on ne la rendait point dépositaire » (3). Voilà , ce me semble, assez de raisons diverses pour expliquer la présence de la clé dans la ballade bressane du mois de mai.

Au reste, quand le chanteur dit : Dza la kiè de ma méia , au lieu de dire : J’ai la clé de ma mie , nous devrions peut-être traduire ce dernier mot patois par MaXa , car l’épousée représente effectivement

(1) mit. du Ciel, t. i,p. 197.

(2) Noël. Diction, abrégé dcimythol.

(3) Diction, dei antiq. grecq. et rom.

288 LA CLÉ DE l'épousée.

Maïa, l’une des Pléiades , aimée de Jupiter qui la rendit mère de Mercure ; et c’est réellement l’union de Jupiter et de Maïa que l’on célèbre au 1" mai. Or, cette Maïa, suivant certains mythologistes , n’était autre que Cybèle ou la Terre (1). Ainsi , la gentille épousée du mois de mai ne saurait manquer de droits à disposer d’une clé.

Le bis de Maïa en avait aussi , sous le nom de Thot, parce qu’il ouvrait l’année égyptienne , commençant au lever de la canicule (2) , l’une des étoiles de Maïa , qui se dégageait la première des rayons du soleil , à cette époque.

Au pays de Gex , une femme ne remuerait pas un trousseau de clés, un mercredi, sans s’exposer à devenir folle. M. Depéry, qui nous a fait connaître les mœurs et usages des Gessiens , ses compatriotes, demande si c’est en souvenir de Mercure , dont mercredi porte le nom presque latin , Mercurii dies , et que les Egyptieûs représentaient une clé à la main.

(1) Diction, abrégé de$ mylhol.

(2) Pluclie. Hist. du Ciel , t. i, p. 277.

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