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CHAPITRE XIV

KTRENNES A l’ÉPOUSÉE DE MAI.

L'uMgedes étreniiM fut condamoè par leapremifm cbrttiena commf entache d'idoUlrle.

Ol'MtT

Le Christianisme n’a pas complètement aboli la fête païenne du mariage de la Terre ; il a fini par ne voir dans la continuation de cette jolie solennité, dont le sens primitif s’oblitérait de plus en pins, qu’un divertissement innocent de l’adolescence. Nous voyons môme que les monastères le reconnaissent. En 1466, il entrait dans les bons usages de l’abbaye de Saint-Claude, qu’au l^mai, le grand prieur prît sur sa prébende pour donner à la Reine et aux jeunes ûlles qui l’accompagnaient. La règle du réfectoire porte expressément que ces filles qui sont « de 9 ans en bas » (1) et qui ne doivent s’introduire ni au dortoir , ni au chapitre , recevaient chaque année une part de prébende. Le révérend père ne leur doit que ce qui lui plaît ,

(1) C'est-à-dire neuf ans et au-dessous.

KTRENMES A l'ÉPOUSÉE DE MAI. ,29.H

« sans y eslre tenu nullement , feur (1) que par bonne coustume et de grâce. »

En d’autres établissements monastiques , au contraire, on imposait une obligation aux filles qui promenaient l’épousée : au prieuré de Saint- Vivent-en-Amour , dans les environs de Saint-Jeande-Lône (2), les vierges du village d’Echenou ( village dont le duc de Bourgogne avait, au XIV* siècle, fait donation à ce prieuré) , devaient, dans le mois de mai , porter « un chapeau de violettes (3) » à Mons le Prieur , qui , en échange , leur rendait pourétrennes une fouasse, c’est-à-dire un gâteau.

Dans le Midi de la France , la fête du 1** mai et de son épousée est célébrée , même de nos jours , d’une manière plus solennelle ; et les étrennes y sont plus remarquables. II faut y assister à Saint- Péray , à Nîmes , à Marseille. Il n’y a pas Jusqu’à la ballade patoise sur le retour du mois sacré dont le motif ne soit à peu près conforme à celui de nos chansons bressanes sur le même sujet, La ballade provençale commence ainsi :

Vcei tou djoti mît de mai ,

Que lou galant planlan tou mai .■

(1) Sinon.

(2) Département de la Côte-d'Or.

(3) Vu chapeau de fleurs, c’ctail une couronne. Comment se faitil que des jeunes filles aient dû une couronne de violettes à un moine de Saint-Vivent ? — Le prieur de Saint-Vivent était probablement devenu seigneur d'Echcnoii.

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