‹ Traditions populaires comparéesChapitre 175 sur 386 · UNE VIERGE-MÈRE AU VAL-DE-MIÈGES · texte numérisé non relu

UNE VIERGE-MÈRE AU VAL-DE-MIÈGES

Ioi;eDii bomiaum muUUado coafluit. cam ob doni- Dum Aatoaiam, tum ob clegantiMimarum puelUruin coDTentuin, quo nullu e*t la iota Burpaadia c«khratior... veteri cl elbnico more.

Gilbcbt CouiiM. Deacript. Burg. CoBtt.

Gilbert Cousin , chanoine de Nozeroy, rapporte, d’après le témoignage de ses propres yeux , que la plus grande fête du pays y attirait , de tout le voisinage , une affluence extraordinaire , suivant un usage payen. De telles expressions sont déjà trèsdignes d’attention ; celles qui suivent le sont encore davantage. L’auteur ajoute que cette foule d’hommes se rend à la solennité , tant à cause du saint qu’à cause d’un rassemblement de jolies filles , qui n’a rien de plus renommé dans toute la Bourgogne; que la journée s’y passe dans les ris , les jeux , la danse , les branles montagnards et les festins. Le père Joly fait observer que Gilbert Cousin désapprouve cette alliance monstrueuse de la piété avec les choses profanes.

UNE YiERGB-MÈRE AU VAL-DE-MlàCES. 333

Il fallait que la grande fête du Val-de-Mièges — la Saint-Antoine — eût un caractère bien inusité pour qu’elle eût frappé des écrivains aussi graves , et pour qu’ils se fussent plu à la mentionner d’une manière toute spéciale. Et si elle était célébrée suivant l’usage des ancêtres et à la mode des païens , il faut croire qu’elle était la continuation modifiée d’un culte antérieur à celui de saint Antoine , patron de la petite ville de Nozeroy (1).

J’écrivais , en 1834, dans une étude sur le culte des Esprits , les lignes suivantes , dont je n’ai rien à retrancher: « Dans l’origine, cette vogue religieuse coïncidait avec le moment do l’année ou l’on sacrifiait jadis le plus do porcs à la mère des Dieux, à la déesse de la Terre. Saint Antoine , avec son cochon , vint fort à propos se jeter au milieu de cette immolation païenne pour en sanctifier l’objet et Notre-Dame de Mièges , à qui vont s’adresser, en même temps , et la jeune fille pour avoir un mari suivant son cœur, et la tendre épouse pour obtenir le bonheur d’être mère , ne doit peut-être son installation dans son pittoresque ermitage qu’à la nécessité d’opposer un culte pur à une dévotion voluptueuse.

Nous allons découvrir , dans le nom celtique de Mediœ , Mièges , une preuve de la consécration de ce lieu à la Vierge divine des Galls , qui était la

(1) Département du Juni.

Page 1