UNE VIERGE-MÈRE AU VAL-DE-MIÈGE
Terre. Il vient du celtique maid , fille ou vierge , que l’on retrouve avec diverses modifications, mais toujours avec le même sens en plusieurs dialectes , et dans les noms de plusieurs lieux : par exemple dans (ville d’Espagne) qu’un géographe
traduit ville de la Vierge ou des Vierges ; dans MediolanumiMiïan en Italie) , qu’un autre auteur traduit par contrée de la Vierge ; dans Mediomatrici (les habitants de Metz) à cause du culte des déesses Mères , dont ils montrent un monument ; dans le Mediolanum du Jura (le village de Molain'' où nous montrerons le séjour d’une dame qui protège les enfants ; dans M<igdehourg ( ville d’Allemagne), ainsi nommée d’une jeune naïade qui, suivant les contes populaires , y apparaissait trèssouvent.
Il se pratique dans le val de Mièges un usage si visiblement dérivé du culte de Lucine, une des trois déesses Mères de la mythologie romaine , qu’il saisira les lecteurs. M. le docteur Germain , qui a fait un long séjour à Nozeroy, nous a assuré que , lorsque les femmes y sont en couches , on fait approcher une jeune fille, vierge, du lit de la patiente, et que la jeune fille lui tient la main pendant tout le temps des grandes douleurs de l’enfantement. Cette petite vierge représente Lucine , sous la protection de laquelle les femmes se plaçaient jadis en pareilles circonstances.
Il n’est pas facile de découvrir à quelle époque