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CHAPITRE VII

CONJURATION DES ESPRITS DE l’aIR.

C«r nous n'aTun» p<» leulem^t à conb«ttre Ir* iotpiration» de U chair et du sang , naia à lutter contre les Principautés , les Puissances qui gourer nent ce siècle de ténèbres , et antres Esprits de ma lice répandus dans 1 air*

Qnoniam non est nobis coUiielatio , etc. , contra spiriinalia neqnitiaein celestihns. (Ceisr. 9. Pauli ad Keneaios. rb. vt. It.)

L’art de les conjurer dans la tempête est comme perdu (t ) ; et je crois en vérité que l’un des derniers pasteurs de la paroisse de Crançot en a emporté dans la tombe le secret druidique ; car tout le monde sait par Pomponius Mêla, le pouvoir, trèsextraordinaire dont jouissaient les druidesses de

(1) Le bon curé des Alymes , l'abbé Caslin, passait bien auprès de rfrtaines gens du Bas-Bugey pour avoir le don d'éearler les orages de sa paroisse ; mais deux de scs confrères , des boi-ds de la rivière d'Ain , eurent pendant quelque temps la réputation contraire. Un jour, aux environs de 1835 , nous entendîmes raconter par des viipierons , à la veillée, que les curés de St-M. et de C.-G. avairni été vus se disputant un nuage de grêle. Nous ne savons si, dans Ir cercle qui écoutait , ce récit a soulevé plus de terreur que de colère , mais on n'avait pas l'air de douter de la vérarité du conteur.

CONJL'HATIUN

nie de Séna sur les orages et les vents, qu’elles excitaient ou qu’elles apaisaient à leur gré. Dans la .Montagne-Noire, chaînon des Pyrénées, on dit M que lorsque la grêle ne tombe point sur une paroisse, c’est que le curé a jeté son chausson en l’air, dans la direction de la nuée i^l ). » Comment une idée si bizarre a-t-elle pu surgir à la fois dans l’esprit de gens de la campagne au pied des Pyrénées et au pied du Jura ?

Un orage des plus subits me surprend, en 1818, dans le pierreux village de Crançot : je me réfugie sous le premier portail do grange qui s’offre à ma vue. Là , je me trouve en tête-à-tête avec une bonne femme, accourue comme moi à ce port de salut. Les grêlons, au bruit redoublé de la foudre, flagellaient -les frêles vergers, les tristes jardins, les maigres champs du territoire, et faisaient passer toutes les lamentations de Jérémie par cet organe de vieille fée, éteint, cassé, mais vénérable. « Voilà ce que c’est ! s’écriait-elle avec un profond soupir ; si pourtant nous possédions notre bon curé P... (le bon Dieu le réjouisse ! ) tout cela ne serait pas arrivé !

— Comment donc, la bonne mère ? Expliquezmoi, je vous prie, pourquoi cette tempête n’aurait pas lieu, si votre ancien curé ne fût pas mort?

— Oh! non. Monsieur, tant de désastres n’auraient

fl)Alfm1 lie Non'. Cmiliimr*, mylhm, fir. iln pt orinem ilrFrmiri-, 184t> , |). 9*.

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pas afnig(> son troupeau : le saint homme y eût mis bon ordre dès le commencement. Durant les quarante années qu’il a passées au milieu de nous, c’est un fait que jamais nuée n’a crevé sur sa paroisse. Tous les anciens vous l’attesteront comme moi.

— Sa présence avait donc bien do la vertu sur le temps?

— Certainement, monsieur ; un seul mot, un seul geste de lui suffisait ; l’orage s’en allait tomber sur les communes voisines, et tout était dit.

— De sorte que si M. votre pasteur était révéré et chéri dans sa paroisse, il devait être cordialement détesté dans les environs ; car, en vous préservant du fléau, le brave homme le rejetait sur vos pauvres voisins, à qui la direction naturelle du vent ne le destinait pas.

— Qu’il soit ! tant pis pour ceux qui n’avaient pas des curés aussi saints, aussi savants que le nôtre ! réplique la fidèle ouaille du défunt, en me jetant un certain regard narquois et en souriant sous cape. Un jour cependant, poursuit-elle, une tempête épouvantable était près d’éclater sur nos têtes : M. le curé s’occupait à l’église, en aube et en étole ; on se porte à lui dans cet effroi général, et on le supplie de détourner le malheur dont on est menacé. Aussitôt, déférant à nos instantes prières, il s’avance sous le portail, et regardant ces nuages tout noirs d’un air impatient et courroucé :

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