‹ Traditions populaires comparéesChapitre 187 sur 386 · K EK R ABO · texte numérisé non relu

K EK R ABO

Ktiant 1« diable ti niae , qu'il va codUUbI et ac iwolaot atrc U permifaioo et injarr du tempe , pour enfin «’inelDoer et lleiii le# plue célèbres et plue émineue , pour rebeatlr le» ruinee de l'antique tdolA trie ’ et en cela s’aide dee pereonnee araree et qui ont leure nammoure plue à cour que le trai et elucère s«rvic« de I>ieu.

( P(aAM> Ifiet. de I. vont.

Giiillaurae Paradin, de Cuiseau, l’un des premiers historiens de la ville de Lyon , nous apprend que, sous l’épiscoj)al d’Alpinus, fut bâtie l’église de Saint-Etienne de Lyon. Cette <^lise fut, presque de son temps, c purgée d’une merveilleuse superstition. » Voici le fait raconté par un président de Parlement, dont le nom n’a pas été produit :

« Me disoit mon père qu’à Sainct-Estienne , soubs l’église Saint-Jean et au coing de la chapelle de la Croix , au bas , naguères estoit une image antique de pierre, demi-forgettée, assez bien faicte , que Ion appeloit communément Ferraho. Et me disoit se souvenir qu’aucuns citoyens furent intitulez que ,

FERRABO.

certain jour de l’année, assavoir la veille Sainct-Estienne, ils venoyent de nuict en chemise rétrograde, adorer la dicte image et luy offrir des chandelles. Quoy faict , ils avoyent certaine espérance de prospérer en biens toute celle année.

« La dicte image portoit plusieurs biens, comme agneau, couchon, poules, bouteille, fruicts et plusieurs autres choses. Tellement que par ceste image semblait estre désignée abondance de biens. laquelle chose avoit tiré ces citoyens avares à ceste idolâtrie.

« Quand M. Jacques d’Ârmoncourt , précenteur d’icelle église , feit réeditier la dicte chapelle de la Croix , il feit rompre la dicte image , pour abolir ceste superstition.

« Et quant à ce nom de Ferrabo , il est à présumer que ceux qui lui donnèrent ce nom la nommèrent Farrago et non Ferrabo ; car farrago signifie en latin une ineslange et comistion de divers bleds , et se prend aussi pour une abondance de diversité de biens, comme ceste image portoit. Et y a conjecture que les antiques qui l’avoyent ainsi fabriquée, la tenoyent poui' déeese de la Terre, qui disoyent produire et nourrir toutes choses. L’on en void encore une à Rome , entre les antiquailles , semblable à ceste-cy , mais elle a plusieurs mamelles: et disent les antiquaires que c’est la déeese de la Tet ’re.

« J’ai opinion que (piand ce sainct évesque Alpi-

fERRABO.

nus feil bastir ce temple de Sainct-Eslienne , le» maçons qui le bastissoyenl des vieilles ruines des temples prophanes et ethniques , trouvans ce simulacre plaisant^ parce qu'il portoit tant de bonnes viandes et des bouteilles , le voulurent conserver , et le mirent en ceste muraille , sans savoir que; c’estoit , et sans le sceu du sainct évesque ; mais le diable, petit à petit, a tiré cela à son protit , et s’en est ensuivy une superstition pernicieuse , laquelle , par la divine grâce, a prins fin.

« Il ne se faut esbahir si cela s’est trouvé en ce sainct lieu : car , de notre mémoire , se trouva une idole de la déesse Isis ( qui estoit une idole des Egyptiens), en l’église de l’abbaye de Sainct-Germain-des-Prez aux fauxbourgs de Paris, la quelle estoit bien haut enlevée , en la nef d’icelle église , où l’on dict que quelques vieilles idolâtroyent. A ceste occasion elle fut ostée et mise en pièces par commandement de Brissonnet , évesque de Meaux et abbé de ceste abbaye. >

EsUil bien sûr que l’on eût dû prononcer i'erroÿo au lieu de Ferrabo? C’est une supposition de l’auteur de la note communiquée à Paradin; et nous n’acceptons sa conjecture que sous l)énéfice d’inventaire. On n’a proposé celte variante que parce que l’on ne trouvait aucun mot à rapprocher de Ferrabo.

Otle espèce de divinité , dont le nom a’a point de place dans les mythologies connues, bien qu’elle

FERHABO.

suit Irès - reconnaissable à ses attributions , pourrait bien être une de ces maire» aufanœ dont les armées de la Pannonie et de la Dalmatie avaient amené les prétresses sur les bords de la Saône , notamment à Lyon , lors de la guerre de Septime- Sévère contre Albinus.

Nous avons avancé déjà, soutenu par M. de Boissieu, que les déesses-mères Aufaniœ paraissent avoir été apportées do la ville pannonienne A' O fj en (Bude) , et nous avons ajouté que Bude pouvait avoir été fondée par des Scythes sectateurs de Boiidha. Aujourd’hui , partant de là jK)ur retourner aux lieux originaires de ce peuple asiatiijue , ne me sera-tril pas j>ermis do signaler la ville de Far ah , sur le Syr, au pays des Kirghis, comme le |K)int de départ de la Ferrabo do Lyon ? La Tartarie des Kirghis a pour ministres de la religion des Schamanes; et l’on sait que le Scharaanismo est né de la religion de Boiulha et dans les Indes.

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