‹ Traditions populaires comparéesChapitre 193 sur 386 · LA BERTHE DE ROSENBERG , ETC · texte numérisé non relu

LA BERTHE DE ROSENBERG , ETC

Aloïse d’Uzie , morte, au château de son époux remarié. Elle a , de sa tombe , entendu les plaintes et les gémissements de ses enfants abandonnés et maltraités par une femme devenue la nouvelle dame de Chalamont. Fidèle à la pensée de sentiment maternel qui règne dans toutes ces traditions de mères que nous avons déjà reproduites, le poète commence par représenter la revenante livrée à des soins de propreté et à des témoignages d’amour , puis il passe au reproche et à la menace adressés à son veuf :

Je t'ai laissé les fruits de nos amours ,

Et, devant toi , la marâtre les raille !

Je l'ai laisse des coussins de velours,

Et mes enfants sont couchés sur la paille !

Je t’ai laissé plus d'un brillant flambeau ,

Et mes enfants , dans leur chambrette sombre ,

Plus noire , hélas ! que n'est mon noir tombeau ,

Quand vient le soir, s'épouvantent dans l'ombre Je t'ai laissé des gâteaux de froment ,

Des vases pleins du lait de la génisse ,

Et mes enfants de faim pleurent souvent !

Baron, tremblez que Dieu ne vous punisse !

(•ravez ces mots au fond de votre cœur ;

— De ma présence ici qu'il vous souvienne .

S’il faut encor qu'en ce lieu je revienne —

Il vous arrivera malheur !

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