LA BERTHE DE ROSENBERG , ETC
Aloïse d’Uzie , morte, au château de son époux remarié. Elle a , de sa tombe , entendu les plaintes et les gémissements de ses enfants abandonnés et maltraités par une femme devenue la nouvelle dame de Chalamont. Fidèle à la pensée de sentiment maternel qui règne dans toutes ces traditions de mères que nous avons déjà reproduites, le poète commence par représenter la revenante livrée à des soins de propreté et à des témoignages d’amour , puis il passe au reproche et à la menace adressés à son veuf :
Je t'ai laissé les fruits de nos amours ,
Et, devant toi , la marâtre les raille !
Je l'ai laisse des coussins de velours,
Et mes enfants sont couchés sur la paille !
Je t’ai laissé plus d'un brillant flambeau ,
Et mes enfants , dans leur chambrette sombre ,
Plus noire , hélas ! que n'est mon noir tombeau ,
Quand vient le soir, s'épouvantent dans l'ombre Je t'ai laissé des gâteaux de froment ,
Des vases pleins du lait de la génisse ,
Et mes enfants de faim pleurent souvent !
Baron, tremblez que Dieu ne vous punisse !
(•ravez ces mots au fond de votre cœur ;
— De ma présence ici qu'il vous souvienne .
S’il faut encor qu'en ce lieu je revienne —
Il vous arrivera malheur !