‹ Traditions populaires comparéesChapitre 197 sur 386 · JUREMENTS PAR LES FÉES · texte numérisé non relu

JUREMENTS PAR LES FÉES

iMjuraodutn r*! afflrmaiio reIigio«a.

ClCCftO!!.

Jur«t per Keoiom laeaiD.

SÉ!«lbQrE.

Par la qa«aotiiUc de U reine Pédauque ' Rasetaii.

On connaît surtout ce spectacle eitraordinaire que les habitants de Reggiu nomment U Fats uonctsA, la fee Morgane, qui, de temps en temps, se fait voir sur le détroit qui séparé la Sicile de la Calabre.

PATim.

Avant d’aborder un pareil sujet , rappelons-nous que les anciens avaient recours à des affirmations religieuses pour donner plus d’autorité à leurs protestations. Ils juraient par les Dieux et par les héros qu’ils avaient mis au rang de leurs divinités. Sous Jules-César, on commença à jurer par le salut et par le génie de l’emjxîreur. Tibère interdit cet usage , mais Caligula le fit reprendre sous peine de mort : il en vint même à cet excès de folie de faire jurer par la fortune de ce fameux cheval qu’il voulait faire son collègue au consulat. Les particuliers juraient

JUREMENTS PAR LES FÉES. .‘i83

par leur génie réciproque , comme nous le voyons dans Sénèque.

En France , la classe inférieure de la société actuelle n’a retenu de tous les jusjuranda romains que le juron par Jupiter ; encore n’est-ee, à vrai dire , qu'une exclamation qui peint l’étonnement. Jeu ! équivaut à Dieu ! car Jeu ou Jou était le Dieu suprême chez les Galls. Les Romains et les Grecs y avaient ajouté pater, père ; et leur Jupiter était alors considéré comme le père des Dieux et des hommes.

Les femmes du peuple , dans les villes et les campagnes , ont remplacé cette inteijection jjar Jeuss- Maria ! en prenant Jésus et Marie à témoins de ce qu’elles avancent.

On entend aujourd’hui , dans les communes rurales , des gens s’écrier mau de lai fai ! comme si , prenant les fées à témoins de ce qu’on dit , on consentait à encourir leur malédiction dans le cas oit l’on trahirait la vérité. Tel a dù être, dans l’origine, le sens de ce genre d’adjuration ; il est vrai que de nos jours , mau de lai fai n’est plus qu’une expression familière d’admiration ou de surprise (1).

La fée Arie , du pays d’Ajoie , qui peut avoir été jadis beaucoup plus connue ailleurs , puisqu’elle

(1) On pourrait croire que cVsl juierpar la foi, cl que le scrmcnl fiarmo foi! est la même chose; mais que voudrait dire, à la lettre , mmi rir In foi , malrdietioii de la foi, ou bien que la foi me maudisse?

Page 1