LES FÉES DU BUGEV
n’étaient que des personnifications de la Terre et en même temps des incitations au travail.
Au reste, le pouvoir des fées t»t assez redouté , et la jeune fdle qui s’approche d’une des grottes , leur demeure , est plus inquiète que rassurée , tant leur caractère est incertain et capricieux. Un des écrivains qui ont parlé de la grotte d’Hautecour , grotte nouvellement découverte sur une montagne du Revermont (1), dit dans une brochure publiée en 1 850 , au sujet des Fades , nom sous lequel les fées sont plus volontiers connues des méridionaux :
« En plusieurs provinces, les bergers n’osent entrer dans les grottes consacrées aux Fades sans ' faire une offrande aux divinités du lieu , ou sans prononcer quelques paroles pour se les rendre favorables. L’offrande est une petite branche de tel ou tel arbre , un mincÆ morceau de pain , quelquefois une goutte de lait ; les paroles sont un salut , un vœu dont la formule enseignée par les anciens est soigneusement cachée au bourgeois et surtout au curé. Grâce à ces précautions , les Fades ne se fâchent point de voir des créatures humaines visiter leurs demeures , et quelques-unes ont même rendu des services importants. »
En présence des hauts rochers qui bordent le Rhône ou la rivière d’Ain , devant ces montagnes abruptes et déchirées qu’il va gravir ou que , d’un
(1) Département de l’Ain.