‹ Traditions populaires comparéesChapitre 215 sur 386 · LES FÉES DU BUGEV · texte numérisé non relu

LES FÉES DU BUGEV

n’étaient que des personnifications de la Terre et en même temps des incitations au travail.

Au reste, le pouvoir des fées t»t assez redouté , et la jeune fdle qui s’approche d’une des grottes , leur demeure , est plus inquiète que rassurée , tant leur caractère est incertain et capricieux. Un des écrivains qui ont parlé de la grotte d’Hautecour , grotte nouvellement découverte sur une montagne du Revermont (1), dit dans une brochure publiée en 1 850 , au sujet des Fades , nom sous lequel les fées sont plus volontiers connues des méridionaux :

« En plusieurs provinces, les bergers n’osent entrer dans les grottes consacrées aux Fades sans ' faire une offrande aux divinités du lieu , ou sans prononcer quelques paroles pour se les rendre favorables. L’offrande est une petite branche de tel ou tel arbre , un mincÆ morceau de pain , quelquefois une goutte de lait ; les paroles sont un salut , un vœu dont la formule enseignée par les anciens est soigneusement cachée au bourgeois et surtout au curé. Grâce à ces précautions , les Fades ne se fâchent point de voir des créatures humaines visiter leurs demeures , et quelques-unes ont même rendu des services importants. »

En présence des hauts rochers qui bordent le Rhône ou la rivière d’Ain , devant ces montagnes abruptes et déchirées qu’il va gravir ou que , d’un

(1) Département de l’Ain.

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