APOTHÉOSE DE LA FEMME
les plus étendus sur la nature entière ; lui donner une bouche à souiller les orages , et des mains à semer la grêle ou à manier la foudre ; il fallait enfin la gratifier de l’immortalité, et la placer au second rang des dieux. C’est ce que tirent les Celtes.
De pareilles apothéoses furent assez fréquentes chez la descendance de Romulus : combien de médailles portent sous l’efligie d’une impératrice, quelquefois très-indigne d’un tel hommage , les mots : Sideribus recepta! « Reçue parmi les astres! » Combien de déifications d’un autre genre dans l’empire chinois ! Nous en avons cité deux exemples : celui de Kouan-in, et celui de Tien-Fey. Dans cette Chine stationnaire , où rien ne change avec les siècles , on peut supposer que ce qui se pratique de nos jours sc pratiquait déjà il y a deux mille ans. Ainsi , quand les bonzes font une Tien- Fey , c’est-à-dire une reine ou une dame du Ciel , c’est, pour nous , comme s’ils créaient une fée , ce qu’ils faisaient déjà, sans doute, en des temps contemporains de nos périodes celtique et gallo-romaine.
Dames et Fées sont donc synonymes, chez nous comme au Céleste-Empire. Chez nous comme au C.éleste-Empire également , la vénération des peuples pour des vierges revêtues sur la terre des fonctions sacrées du sacerdoce ou de l’oracle, c.onduisait naturellement à leur apothéose. Nos aïeux faisaient donc de leurs prêtresses vénérées autant
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de fées et de dames divines que nos bois, nos antres , DOS laos et nos fontaines en avaient connu.
Le spiritualisme s'incarne , si j’ose me permettre cette expression, dans les ministres de la divinité.
De quelle époque daterons-nous la naissance de cette espèce de théogonie et le moment où les attributs de la puissance infinie passèrent ù de faibles mortelles? Tacite, parlant des hommages extraordinaires dont la femme était entourée, de son temps, chez les Germains, rapporte « qu’ils vont Jusqu’à se persuader qu’il y a dans ce sexe de l’essence divine et de l’esprit prophétique ; et que, loin de dédaigner ses conseils, ils recueillent ses réponses comme des oracles. Nous avons vu sous Vespasien, dit-il , une Yelléda qui passait dans l’esprit du plus grand nombre pour une déesse »i i).
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