CHAPITRE XLVH
LES DAMES
O «ont Ir» inéun s r|u’)U r«Terâieol mou» k nuai d« U4iir!i , 4ttiquelte« Mettrius Marinui érigM un pour MB mIuI «i pour e«lui d««*itB«. Il e«i nommé , diBs une in»criptjoD qur le même Grtiicni^ rapporte : Ftauni DomiuBruni ( le temple de* Dboic«1 iCuoitiER Aniiq. de U rille dcVienPf* I
De certains climats de nos provinces ont retenu le nom de Dame» qu’on ne dit ni verte» , ni blanche», ni noire»; nous ne donnons pas exclusivement ces dames pour des déesses-mères ou pour des nymphes , ou tout au moins pour des prêtresses de la mythologie , qui n’ont pas possédé ces lieux à titre d’héritages, ou de douaires. En général nous devons assurer que , pour ceux dont nous avons à parler ici , nous n’avons pas découvert , dans nos archives, à quelles châtelaines de nos familles dynastiques ces propriétés foncières auraient positivement appartenu.
Au terriloire de Mont-Mirey- la- Ville (I) les
(I ) nr|iaileinenl du Jura, ai iond doDnlo.
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Dames sont un canton de vigne qui Joint le mont- Guérin et le territoire de Moissey , sur le chemin des Dames(i). Ces dénominations locales semblent, si l’on veut, retracer le souvenir de la chasseresse de Moissey et de sa suite, dont nous avons fait ailleurs la commémoration.
Sur le territoire de Pointre , commune limitrophe de la précédente , au bois de Cronge , on dit qu’il y avait un château , dont les décombres sont à présent au niveau du sol , et qu’une sœur de la chasseresse de Moissey l’avait choisi pour sa résidence. Ces deux dames avaient établi entre leurs donjons, pour correspondre, non un télégraphe électrique — les fées n’étaient pas sans doute aussi ingénieuses que les hommes de notre siècle — mais des signaux faits avec tel ou tel nombre de bougies, qui avaient telle ou telle signification différente.
Entre Châtillon-sur-Courtine etMirebel (2) , sous cette forêt sacrée dont nous avons assez longuement entretenu le lecteur, à l’occasion du culte du soleil , est une Comhe-à-la-Dame. Bien que cette pièce de terre touche à celle qu’on appelle le Couvent de Rosay, il ne faut pas croire que cette
(1) Le CAemin de la reine Blanche qui (ravcrsc une forci voisine est une fausse dénomination : c'est plus probablement le chemin de Blanche de Genève , femme de Hugues de Chalon , dame de MonI rairey.
(2) Département du Jura.
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Ui
dame soit une nonne ou une abbesse qui revient , car il n’y a jamais eu de monastère chrétien en cet endroit ; mais les traces de constructions gallo-romaines que la terre y recelle encore çà et là , pourraient provenir de la demeure d’une prêtresse ou d’un collège druidique de femmes. Il est bon de rappeler que les habitants de Mirebel ont aussi connu une Dame-Blanche; et cela doit suffire pour expliquer ici mythologiquement le nom de Comhe-à-la-Dame.
Au haut de la côte Beline-sur-Salins , un des climats du territoire de Clucy, porte la dénomination de Champ-à-la-Dame . Ce climat est tout entouré de noms locaux qui retracent le culte de Belin : tels que le fort Belin , Bleigny , Beau , Bellilocu» , la forêt de Beauvard , etc. ; et le sol de Clucy est un de ceux qui restituent le plus d’objets de la haute antiquité aux environs de Salins. Qui nous empêcherait donc de supposer que cette dame fût une prêtresse de la divinité solaire?
Sur le flanc septentrional de Mont-Rivel , qui regarde le village de Vannoz , près de Champagnole(l), végètent vigoureusement les sapinières de Brye et des Dames du Bois. Que pouvaient être ces dames? si l’on tient compte de toutes les circonstances qui se rapportent à la situation du lieu , on se persuadera aisément (jiie ces Dames
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du Bois sont à assimiler aux druidesses. D’abord. Mont-Rivei est un des séjours de la Vouivre. Ensuite, le triangle équilatéral que forme la montagne isolée de Mont-Rivel , faisant allusion au nombre trinaire , qui était sacré dès les temps les plus antiques (1), est déjà une raison pour que les premiers habitants du pays aient cru devoir regarder cette éminence comme un magnifique autel (2 « et la consacrer à leur culte. En troisième lieu, Mont-Rivel n’est pas éloigné des forêts de Tarants (Taravan) et du Prince - Belin , d’une part, ni de celle où la Pierre-Lithe a existé jusqu’en 1850 , d’autre part. 11 est encore plus rapproché d’Equevillon, village où l’on a rendu à la lumière des instruments de sacrifice en bronze. Enfin, pour y monter depuis la vallée de l’Angillon , on passait par le Pont-Belin^ et l’on suivait, dans le Oanc même de la montagne sacrée, le chemin des Arches. Or, ces arches., — nom que l’on retrouve en d’autres localités druidiques , — n’indiquent rien autre chose que des prêtres gaulois d’un ordre supérieur, ou un collège de ces pontifes du paganisme , désignés par le nom grec arcAe, chef ou ancien.
A la frontière suisse , au sommet de la montagne du Rizou, se font distinguer le Cret à la Dame et la loge du Diable. Ces points , servant à la défi) Nolaniinciit dans li's Indrs.
(2) Lii sn|u'rlioip clii li'm' itlaiii f'nin|wii'li' licrlalrs.
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marcalion des deux Etats , dominent le village de Bellefontaine (1) , qui montre d’un autre côté les roches des troin commères.
Sur la frontière de l’ancienne terre de Saint- Claude et du Bugey, à l’extrémité méridionale du territoire des Bouchoux , existe un hameau nommé la Combe~àrla-Dame. Ce lieu n’est pas éloigné de la Pierre-qui-Vire au bois des Ecolais , ni de la montagne de Beauregard (2) , ni d’autres indices d’un culte païen établi à la source des trois rivières de Longviry, de la Semine et du Tacon.
Il y a, dans le Haut-Bugey, particulièrement entre Hotonne et Chanay (3), des dénominations de lieux habités qui doivent retracer de pareils souvenirs : la Comhe-à-la-Dame est de ce nombre.
Si nous traversons le Rhône sous Pierre-Chàtel , pour côtoyer le département de l’Isère , du côté d’Yenne, nous nous engageons dans un pays si pittoresque , si extraordinaire , que naturellement notre esprit se reporte aux idéalités mythologiques. Du bac de la Balme à la ville, il n’y a qu’une promenade , que traverse à la vérité le lit large et sablonneux du Flon. Ce torrent vient se jeter dans
(1) Oéparlcnienl du Jimi.
(2) Celle déiiominntiuii de Braureijtnd (|ue nmi< Iroiivniis presque toujours accolée ;ui\ lieux signalés par les indices du culle de Bel, semblerail ici révéler ee même culte : la pirrrr-qm-virc , avant d’etre i-enversée . était peut rire un simulacre du soleil, audessii'. du liane de rocher d'où elle est tombée dans le bois.