S LA PIERRE LITRE ET UNE DAME BLANCHE
centimètres de hauteur. C’était un menhir comparable à ceux de la Bretagne.
Comme chez les habitants de la vieille Armorique, les montagnards du Jura avaient perdu tout souvenir de la destination de la pierre Lithe ; mais son nom , tiré du grec lithos pierre , et le nom du sentier qui y conduit, chemin de la Lithière, 6’està-dire chemin de la pierre sacrée , indiquent assez clairement son antiquité druidique.
Longtemps la superstition resta attachée comme un lierre aux pierres consacrées : en 743 , le concile de Leptine ; en 789, les capitulaires d’Aix-la- Chapelle l’interdisaient encore aux chrétiens. Que dis-je ? ne voit-on pas, même de nos jours , en Bretagne, les jeunes mariés aller se frotter le ventre à la haute pierre de Plouarzel : l’épouse , pour obtenir le bonheur d’être mère, le mari pour obtenir un fils ? Peut-être en était-il ainsi de la pierre Lithe, sous les ombreux sapins de la forêt de Fraisse. On serait tenté de le croire , à en juger par la dévotion particulière qui fait aller invoquer, à une lieue et demie de là , Notre-Dame-de-Mièges , pour obtenir les mêmes grâces : dévotion plus épurée, il est vrai, par la chasteté du christianisme , mais qui est née des mêmes désirs.
Les promenades de la dame verte et de la dame blanche aux environs des Nans(i), territoire qui
(1) DépHrtomcnt du Jiii~.i.