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CHAPITRE LIX

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( F. De BtoTomc. ni>t de U fllietioa de« peuplm)

Cheifoe cité ivaU set iDtlgnet oo ânaolrlea, par leMpieUee elle Umoifvall md orlglDe ou «a rellKion. Dent Autan , on toU on porc en relief qai était le •jmbole de l’origine de le cité Mr rnoe de« porte* de leqnelle il était poaé.

( Bon. Tdohai. Biat. de Tant. eit. d'Autan}

Gares fut donc jadis le nom des docteurs sacrés de la Gaule instituteurs de la jeunesse , comme les noms de Gourou , de Koury et de Kourin , indiquaient les mêmes fonctions dans l’indo , dans la Syrie, dans l’Arménie; et comme le nom do Gaures est encore celui des descendants des Mages de la Perse.

Dans le dialecte populaire de la Bretagne , les Gares , depuis l’établissement du Christianisme , ne sont plus que des lutins , des mauvais génies qui se rallient toujours à des monuments druidiques. Les .Vrmoricains appellent indifféremment Goriks

i90 LES DRUIDES ET LE DIEU COCHON.

OU Crions les mêmes Esprits qui visitent , pendant la nuit, les pierres plantées de Karnac (1). Ces deux appellations révèlent une affinité de sens ; car , en celtique , en vieux français et en patois actuel de la Normandie , gore signifie truie , de mémo que ses diminutifs gorin , goret et gouri , en plusieurs provinces de France , notamment en Franche-Comté , veulent dire petit cochon (2). A tort ou à raison , on les dérive du celtique gauri , crier (3), ce qui explique le nom de Crions.

Après cela , je ne m’étonne plus si , pour la ville d’Autun, siège d’un collège de druides , les plus anciennes armes ont été un porc (A), et si , sur une médaille frappée en l’honneur de Dubnorix ( le druide Dumnorix , éduen , des Commentaires de César) , ce héros est représenté tenant un cochon ou un sanglier d’une main , et une tête d’homme de l’autre (5).

Je ne m’étonne pas non plus si la ville de Porentruy avait fait , dit-on , sculpter en bas-relief , sur une de ses portes , un porc avec une truie , qui

(1) Cambry . .Won. eelt.

(2) Pcsron , Lacombc , BiilU-t cl les Mnn. rte )a Soe. roi/, rte» nnl.. I. IV, p. 236.

(3) Court-dc-GcbcIiii. Monde jtrimitif.

(4) Hi»t. de la ville d’Autun, par Rosny, p. 209.

(5) Sur une autre médaille gauloise décrite dans le Journal de Tt •p'yoHJcdc 1706, p. 1991 , on voit un prince tenant d'une main tine tête d’homme, et, de Tmitre, un cochon pendu par les pieds de derrière.

étaient , comme ses armes parlantes , ou une truie seule (1), qui serait celles d’Éphèse (2) et d’Alba- Troia (3) , car, aux environs de cette ville épiscopale , du côté de Courtemautruy , j’ai vu un dolmen, preuve matérielle et plausible de la religion des Galls.

Il est vrai qu’au moyen âge on a rendu le nom de Porentrui par Pons-Bagentrudis , le pont de Ragnetrude, reine de France , femme de Dagobert ; mais comment traduira-t-on truy dans Courtemautruy ? Impossible de le faire par Ragnetrude : il faudrait donc chercher ailleurs l’étymologie de la finale truy, par exemple dans druye, d’où nous vient le mot druide.

(1) Feu M. Dcsvernoy de Montbéliard m'a ccrtitié que Porentrui avait une fruit dans scs armes.

(2) Ephèse était nommée Iphitou , traduit par Pciloutier : le sanglier d'Opis ou le sanglier de la Terre. Rappelez-vous que la Diane d'Ephcse était pourvue de mamelles comme une laie. On pourrait rendre Iphi-tou par Opis ou la Terre-fruit. Sou , dont les Latins ont fait leur *uei , appartient encore à la langue rustique en Franche- Comté ; on dit un oasou ou simplement une eou pour une loge à pourceaux.

(3) Il est très-présumable que 1a fameuse Troie d'Homère , Troia , fut aussi figurée sous la forme d'une truie , troia en latin , à en juger par la manière dont on a représenté ]'Atba-Troia d'Italie dans une médaille romaine qui rappelle la fondation de cette première ville des Troyens : on y voit une laie avec ses nombreux marcassins qui la tettent. — En patois de la Franche-Comté , comme autrefois dans le Latium et dans la Troade, on dit troia pour truie. Alha-Troia était la truie blanche qui avait apparu dans un rêve prophétique d'Eiiée.

M. Alexandre Lenoir dit avoir lu , au-dessus de la porte de Langues , une inscription conçue en ces deux mots :

MERCU R I O MOCHO ,

qui signifient à Mercure-cocAo» ; inscription qui concourt à prouver que le culte du porc a existé chez nos pères (1). V.9Xi<^VQS X-^ndomatunum) est une des plus antiques cités des Gaules : elle a dû être , en conséquence , un des foyers du druidisme. Comme les Romains n’ont jamais eu de Mercure- Cochon , il faut croire que , lorsque les vainqueurs de la Gaule eurent pris connaissance de sa théogonie , ils jugèrent à propos — suivant leur manie de comparer les divinités étrangères à leurs propres divinités — en voyant à Langues un dieu qui avait quelques traits de ressemblance avec Mercure ( la tète exceptée) , de rendre hommage à Mercure Mochue. C’était leur politique de transaction avec les peuples conquis.

Le culte d’une divinité gauloise à tête de porc trouvera son développement nécessaire au chapitre qui suit.

fl) Mèm. de ta Soc. roy. des nnt. de France^ t. i , p. 122.

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