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CHAPITRE LXXXl

ÉTAKLISSEME.NTS CIIRÉTIKNS PRÈS DES ROCHES REMARQUABLES.

^uia lu es Petrus , cl super liane petran «diflenbo ecclesiam meam.

(S Mallh., rb tsi, ». isy

Avant d’arriver à l’application , on nous demandera pourquoi, dans le cas particulier qui nous occupe, on adopta plutôt Marie et Pierre que tout autre saint de la légende. Il est présumable que l’on choisit la première, parce qu’une aiguille de rocher affecte assez volontiers , do loin , la figure d’une grande femme; et que l’autre fut choisi à cause de la signification de son nom , traduit du syriaque Céphas (1) : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon église. » Voilà comment l’idée d’une pierre sainte a pu disparaître devant celle de saint Pierre , et comment on a fini par oublier le dieu-rocher dans son désert.

Je n’ai rlécouvert le titre de dignité de ces dieux

fl) Borpirr. Oief. drthèni.

grossiers qu’en les visitant moi-ni6me ; car lorsque leur structure singulière m'apparaissait dans mes promenades, je jetais un coup d’œil autour d’eux, et j’y découvrais aussitôt quelque établissement chrétien, datant de loin dans nos annales. Je m’informais alors des traditions qui se rattachent à ces ppints remarquables, et il était rare que le merveilleux de la mythologie gauloise ne se mêlât pas au récit que me faisait l’homme du peuple. J’ai si souvent renouvelé ces rapprochements , j’ai été si souvent frappé de ces coïncidences , que je ne puis désormais les attribuer au simple hasard.

C’est ainsi , par exemple , que j’ai trouvé une église consacrée à Notre-Dame , près de la Pierre- Toumole , à Chariez (1) , et dans un territoire où je venais d’explorer des monuments druidiques et une castramétation barbare. On m’apprit que ce menhir naturel était ainsi nommé , soit de ce que 1a tête tourne aux jeunes gens qui ont la témérité de l’escalader, soit de ce qu’on suppose cpi’il tourne sur lui-même, à minuit de Noël, tous les cent ans. Le vulgaire ne j)out voir rien de ce qui ébranle son imagination sans l’animer, et il semble que, par toute la Gaule , on se soit donné le mot pour attribuer le même miracle aux pierres debout. Il est assez évident que de pareilles idées sont dérivées d’un culte primitif.

(I) Dépai'lemoiit di' la Uaulr-Saôiir

C’est ainsi également que , du quartier de Moativillars , où furent élevés le premier monastère et la première église de Poligny (1), sous l’invocation de Notre-Dame , vous voyez , au sud , se dessiner admirablement sur le ciel cette fameuse pierre qui vire , dont l’historien de l’Apollonia séquanaise a fait un Mercure , et au sujet de laquelle la basse classe des habitants de cette ville raconte le môme prodige séculaire. Nous avons parlé ailleurs de sa métamorphose.

C’est ainsi, dirons-nous encore, que la Notre- Dame d’Arinthod (2), qui s’est assise sur un autel païen , se trouve placée entre le Menhirion de Soussonne et la pierre druidique de Vogna , dont nous avons raconté l’histoire ailleurs. Cet homme-pilier de Soussonne , statue informe de vingt-cinq pieds de hauteur, dont l’image se reflète dans la Vallouse, non loin du rocher de la femme, était également un homme qui vire.

Une circonstance qui n’est peut-être pas indifférente ici , c’est que les abbesses de Château-Châlon exerçaient sur l’église d’Arinthod et sur toute la terre de ce nom un patronage et des droits dont l’origine se perd dans la nuit des temps (3). Ne pourrait-on pas conjecturer que , par transmission, les droits d’un collège de prêtresses établi en ces

(1) Dùpui'lcmcnl Ju Juiti.

(2) DôpaHriiiiMil du Juid.

(3) .Mrài. (/(■ JU. l.e Uichc lur l'abbaye de Chàteau-Châton.

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