LK PI.KI RANT, I-K MLSICIEN
niait; comme nous continuions la marclie, sans attendre celui qui nous appelait , je proposai de nous arrêter, afin de lui donner la possibilité do nous atteindre. « Allons toujours, me dit-on en souriant, il nous rattrapera bien, s’il le veut; c’est VEtprit de C rimant. »
J’ai, depuis, tftché de m’expliquer le phénomène d’acoustique qui se renouvelle si souvent en cette localité du territoire de Malans-sur-la-Loue , privée qu’elle est de rochers qui puissent faire écho; et, sans y parvenir, j’ai du moins remarqué que la dénomination de Cri-mont, déjà mentionnée aux anciens titres , est une bonne preuve que le cri se fait entendre depuis bien longtemps sur cette montagne (1).
L’Allemagne ne manque pas d’esprits crieurs. Les frères Grimm nous apprennent qu’il y avait un crieur dans les bois de Langen-Bronbach , et un autre crieur dans ceux de Holl , aux environs d’Ober Kainsbach, en 1733. On redoutait de s’approcher de leur séjour, comme au temps où Tacite écrivait sur tes mœurs des Germains.
Les Galls , nos ancêtres, avaient des forêts qu’on regardait encore comme sacrées au temps de Grégoire de Tours. C’est au sein de ces forêts sau-
(1) Cri, appel (Bullet. Ihct. Celliq. Kccucil <ics mots de la langue primitive). — Malan», nom du territoire, viendrait-il du eellique ma/neii : diable? — On disait autrefois avoir les malin» pour avoir les mauvais esprits, être possédé.