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CHAPITRE LXXXIV

LA PIERRE d’appétit.

pi^rrM carr^eii oa d'un^ forme «pproclianle deatinéea par leor inetitutioo à marquer lea froa- (ièrea , ont eu dan* diver* paj* un *orl différent. Le» une* ont nerri d’autela , lea antres de aièftea . C>A U que U firent ces proatilntiona reliÿeuse* ai célèbre* chei lea aociena peuples.

( DoLSUfit. De* culte* anterieurs à l'idoUtHe )•

En passant de la pierre de .saint Vit, de Moiithieren-Bresse , à la Pierre d'appétit de Verdun, sur le Doubs , c’est à peine si nous changeons de sujet.

•< Le P. Perry et un manuscrit du XVI" siècle , dit l’abbé Courtépée (l), font mention d’une pierre limitrophe entre les Séquanais et les Eduens , posée jMir l’empereur Adrien : on ne la connaît plus, w — L’auteur était mal informé ; la borne e.\istait de son temps , puisqu’elle subsiste encore du nôtre : on me la montra en 1823,, près de l’ancien château , à l’angle de la maison Martin , à quelques pieds du milieu de la rue oii elle était naguère. C’esf

(1) heirri)). hitl (lu rlHchr de Hnnrgognr . Ursrri]!. dti ChiUtnmni* . p. 604

LA PIERRE d’appétit.

un bl(K‘. presque informe , peutrêtre le reste d’un terme plus élevé, puisqu’elle n’a que vingt-deux pouces au-dessus du sol , sur dix-huit pouces de largeur moyenne. Toute la population la connaît sous le nom de Pierre d'appétit, et peut attester qu’elle est encore l’objet d’une espèce d’hommage qui se rattache à un culte païen. En effet , on ne forme pas un seul hymen à Verdun, que la pierre d’appétit n’y soit au moins mentionnée. A l’issue de la cérémonie religieuse , les époux se rendent solennellement à ce monolithe et doivent le toucher. Autrefois, quand la borne était au milieu de la rue , les gens de la suite dansaient une ronde autour des jeunes mariés , qui sc tenaient dans le cercle , mangeant un gâteau et buvant du vin. Quelques personnes ajoutent que les époux ne se bornaient pas à cette libation ; qu’ils s’agenouillaient devant la pierre vénérée et qu’ils la baisaient dévotement ; mais les autres démentent cet usage. Comment cette borne est-elle devenue pour les jeunes mariés l’objet d’une révérence spéciale? Les Romains avaient moins de pudeur, ils conduisaient la nouvelle épouse à la statue terminale d’un dieu infâme. « Ces pierres carrées ou d’une forme approchant, dit M. Dulaure, destinées par leur institùtion à marquer les frontières, ont eu dans divers pays un sort différent (1). » Les unes ont servi d’autels, et les autres de sièges :

(I) t)fs cutitnttni. »i l'idol

LA PIERRE d'appétit. o93

c’est là que se tirent ces prostitutions religieuses si célèbres chez les anciens peuples , et c’est sous cette figure grossière , constatée par Tacite , par Clément d’Alexandrie et par Eutynius Zygabenus , que Ton adore la déesse des amours dont les poètes se sont plu à relever la beauté par toutes les grâces idéales et par tous les prestiges de leur imagination voluptueuse.

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