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CHAPITRE LXXXVI

LA PIERRE THORION.

Il y a par fiemplr tant de iKirtea du langues daoa le noode , et ii c'y a paa uo «eul mot qvi ne aigmRe quelque chose.

(S. Pàt’L aux (]orint. , cb. xiv , v. 10)

Descendons du Jura aux bords de la Saône ; j’ai trop longtemps différé d’entretenir le lecteur des traditions vulgaires qui se rattachent à la Pierre Thorion , qui sert de point de limite aux territoires de Cormoranebe et de Griège , dans la prairie des Mamies au sud-est de Mâcon. On la baptise aussi du nom de St-Gengoux. C’est un roc tout à fait brut , de six pieds quatre pouces de long sur trois pieds de large , qui parait avoir été longtemps enfoui, puisque l’on voit tout autour qu’on a enlevé le gazon qui la couvrait. Le sol ne l’a point produite, il ne recèle point de roc ; elle a donc été apportée d’ailleurs. Les habitants du pays prétendent qu’elle couvrait la sépulture du patron de Griège ; que, lorsqu’on voulut la transporter , tes bœufs attelés au char refusèrent d’obéir à l’aiguillon , et que

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les ayant laissés libres de leur charge et à leur gré, ils ne purent aller plus loin que le lieu où l’on a bâti une chapelle en l’honneur du saint. Cette tradition si peu satisfaisante, n'est autre chose qu’un conte universel qui amuse les gens superstitieux en Asie comme en Europe , et qui les intéressait dans l’antiquité comme dans les derniers temps. On raconte , à Toulouse , le même miracle au sujet de saint Saturnin , martyr , premier évêque de cette ville , et notez que l’église du Taur , comme son nom l’annonce , consacre la place où s’arrêta dans le sable le taureau qui traînait les dépouilles du saint patron. Grégoire de Tours (1), parlant de l’évêque Simplicius, dit que sur un signe de croix que fit ce prélat sur le char de Cybèle-Bérécynthie que les idolâtres d’.-\utun promenaient un jour sur un char dans la campagne , la statue de la déesse tomba et les bœufs s’arrêtèrent tout court , sans que rien au monde , coups d’aiguillon , sacrifices ou prières prévalussent contre leur obstination. Passant brusquement de la France au Thibet, nous y apprenons d’une légende merveilleuse, qu’une princesse chinoise , ayant épousé en 641 le roi des Thibétains , ne voulut arriver dans ses états qu’avec l’image du Bouddha-Dehou-Chakia-Mouni. Arrivé dans la vallée de Ramotché , le char du dieu s’enfonça dans le sable, et aucune force humaine ne fut capable de le

(I) />(■ Gloria ronfp»$.

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faire avancer. Il fallut donc laisser là la statue , et lui donner pour abri un pavillon-chapelle, en attendant qu’une révélation divine indiquât au roi l’emplacement qu’il fallait choisir pour ériger à Bouddha une véritable pagode (1 ).

Puisqu’une comparaison si juste nous a fait venir au Thibet, nous ne quitterons point le haut plateau de l’Âsie sans en rapporter un peu de la religion de Bouddha à la Scandinavie, à la Grande-Bretagne et à la Gaule, ce qui nous mettra sur la voie pour découvrir ce que représente la Pierre Thorion. Les reclierches de M. Coquebert -Montbret (2) sur la langue et la religion des Kimris et des Gallois , nous démontrent que l’Odinisme est dérivé du bouddhisme. De cette manière, Thor, dieu Scandinave auquel on offrait des taureaux en sacriGce et dont la main est armée d’une massue terminée par une tête de taureau , pourrait être le même dieu que les Gallois représentaient quelquefois sous la figure d’un bœuf , et qu’ils qualifiaient de Ht/ , titre du souverain Etre. Voilà déjà Thor et Hy trouvés : reste à découvrir le sens d’o». « Pour peu que l’on ait entendu parler de la religion de Bouddha, dit M. de Montbret, on sait de quelle valeur est , chez les Bouddhistes indiens, Thibétains, Chinois, Mongols ou Calmouks, la syllabe om ou on à la^-

(1) n/iH. drt l'oy. , l. \iv, p. ?60. •

^î) Soc lot/, iloi.inl. , I VII, p. I

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quelle, suivant Pallas, ces différents peuples attribuent la vertu de préserver les corps de toutes les infirmités , et l'àme de toutfô les souillures. On est une particule de la langue galloise ( ajoute l'antiquaire), employée dans la composition des mots, et qui s’applique à tout ce qui est supérieur et transcendant, ou perpétuel et sans interruption. » Ainsi la pierre Thor-Hy-On serait un monument du culte des Kimris ; et ce peulvan renversé aurait représenté dans son temps une de leurs divinités suprêmes.

Mais à quelle époque aurait -elle été érigée dans cette plaine ? la question serait difiicile à résoudre s’il était vrai que l’odinisme eût commencé tard dans le nord. Heureusement , on n’est pas obligé de s’en rapporter à ceux qui font d’Odin un héros contemporain du grand Pompée !

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