I.K M!TIN DES VIM. VGEOISES
Ji-Qi») prendit pitié du I.uUn t^ui le chérit, iini te caresse Jcnoy . répond» à sa tctidres'u Ulonde mir a ItiPil si routin '
fikiDde Aile a l'œil al mutin iu te chérit . qu'une careaae Ault tout le pris de ma lendres»< Prends pitié du pauvre Lutin '
Plein de prévoyance jM)ur la vieillesse, on a vu souvent le fouletot ramasser çà et là du bois sec , et le déposer à la porte d’une pauvre veuve , pour alimenter son foyer solitaire. Pour elle , le sensible lutin échappe à la surveillance des gardes forestiers, et brave impunément la rigueur des ordonnances.
Mais il ne manque pas non plus d’attentions pour la jeune villageoise alerte et laborieuse. On le croira sans peine. Moissonne-t-elle avec nombreuse compagnie , sous les rayons d’un ardent soleil ? il va .se placer , invisible , à côté d’elle ; et, pour la dédommager de ses peines par l’honneur de surpasser tous ses compagnons, il lui fait hommage (U\s épis qu’il
le: lutin ües villageoises.
von verso sous sa propre faucille. Se rcuil-elle à la cueille des cerises ou des pommes? il lient le pied de l’échelle, afin qu’il n’arrive à son aimable maîtresse aucun accident. A l’époque des fenaisons, il l’accompagne à la prairie; et, si c’est avant l’aurore, au premier coup de faulx que donne cette jouvencelle bien-aimée , il fait en sorte que le pré se trouve fauché en un clin-d’œil , car il a fait venir à son aide une foule de ses confrères, ouvriiTs invisibles du genre de ceux que les Allemands appellent Bergmanchen, et qui n’exigent aucun salaire de celui qui les emploie.
Pour lui , il reçoit de temps en temps sa récompense : c’est une cuillerée de cette fleur de lait que la ménagère , ou sa fille, recueille sur une jatte vernie , tous les matins. Peul-(Mre la rémunération de ses services est elle quelquefois plus douce.
« Semblables aux Nisses et aux Trolls de la Norwège qui se font beaux jeunes hommes , et s’énamourent des jeunes filles, d’autres follets (^dans le Val de Morteau ) s’attachent aux paysannes , aux métayères ; et il se rapporte à ce sujet , des cho.ses vraiment surprenantes (i). »
Ces choses surprenantes que nos devanciers rapportaient sans façon ne sont plus de mise, depuis que , sur le chapitre des convenances , nous avons
(I) Histoirt' ilu »/#' .^urtvuH ( dcpurlt iiMMU du Uoubs % |*;ir
MM. WilUmiti
(><iO LK I t riN l»KS VILLAGKOISKS.
fait (les prog;rès si rapides! Si Goëlhe et Thomas Moore avaient remis jusqu’à nous de faire leur Faust et leurs Amours des Anges, ils ne le pourraient plus. Il y a dans les anciennes mœurs , dans les vieilles croyances de nos aïeux , dos circonstances essentielles qu’il n’est plus possible de révéler , même à mots couverts, sans offenser nos susceptibilités. Ces mêmes croyanc(>s se retrouvent encore çà et là , comme égarées dans les solitudes; il faudrait le dire, on no le doit pas. Ce qu’écrivait saint Augustin sur les Faunes, nous ne sommes plus autorisé à le reproduire, et nous serons sans doute blâmé pour avoir dit ici qu’on a quelquefois rejeté sur l’esprit les fautes de la chair, en calomniant le foidelot.