‹ Traditions populaires comparéesChapitre 352 sur 386 · LE CHEVAL CALVIN · texte numérisé non relu

LE CHEVAL CALVIN

blay(l). A Chamblay, c’était sur le cimetière que, pendant la nuit , apparaissait autrefois le cheval Gauvin. Cette femme , bien connue par son caractère aventureux et résolu , ayant vu paître cette belle béte qui ne lui paraissait appartenir à personne de sa connaissance ( c’était peut-être le destrier du chevalier Gauvin , héros des beaux temps de la chevalerie en France), s’approcha d’elle , la flatta de la main , la trouva docile et gentille : elle pensa donc pouvoir l’enjamber pour l’amener à son écurie. Mais quand le cheval-fée la sentit sur son dos , il donna à sa cavalière une légère idée de son mérite, en faisant des évolutions sans nombre sur la plage voisine du port. Tout allait parfaitement; la charabléisienne était ravie de sa trouvaille; elle galopait sans secousse , elle volait comme avec des ailes , tant et si bien qu’elle s’oubliait dans ces délicieux exercices d’équitation. Jamais elle ne s’était vue si forte en ce genre. Tout à coup, par un brusque retour de fortune, son noble palefroi lui fit enfin comprendre qu’elle s’était mal à propos confiée à lui : le coursier s’élança dans la Loue, comme s’il voulait lui donner une dernière preuve de son talent ; et , quand il fut arrivé au beau milieu de la rivière , il disparut sous elle et la laissa en conséquence tomber dans le courant le plus profond. Elle ne se sauva de cette noyade que d’une manière miraculeuse , qui n’a pas

'1) Dé|uir(4’meiil du .liira.

I,K CHEVAL GACVIN.

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ôlé racontée; mais on sait qu’elle mourut en 183H, (^t l’on est maintenant pei’suadé que c’est des suites de sa frayeur.

A Montbarrey, à Joux, etc., comme à Dôle (H même , on parle encore aux enfants du chevau Gativin, suivant ce que m’écrivait, en 1839, M. Fallu aîné, bibliothécaire de cette ville; ce cheval, inventé pour emptVher la jeunesse de sortir le soir , était censé quitter son repaire inconnu à minuit, et parcourir les villa,qes au grand galop. Gare à ceux qui se rencontraient sur son passage ! Des anciens, (pii à la vérité ne se vantent jws de l’avoir vu , assurent du moins qu’ils tni ont eu grand peur dans leur jeune âge.

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