CHAPITRE CXX
ORIGINE nr CULTE RU BOEUF.
Si l'on tfxinTe d«n» Mode cl dans le Bnètil d«* mo nunents ceUlquM , il ne doit p«f paraître étonnant de retronver dans Ira Gaulnt de* trace» de la Théo* gonie dea Indiena.
( CrutAi LT . d'Aatonne Diaaert.)
Quoi qu’en ait dit Jules César , les Galls représentaient quelquefois la divinité par des images sensibles. On sait qu’ils avaient certain taureau d’airain sur lequel ils jurèrent la capitulation du fort de. l’Adige (l). Les Kimris juraient sur leurs taureaux sacrés , comme les Romains juraient sur les aigles de leurs enseignes , de se conduire avec courage dans la bataille qu’on allait livrer.
Le culte du taureau s’est conservé en France jusqu’au V' siècle.
M. Girault, d’Auxonne, parle des restes de celte idolâtrie à l’occasion d’une antiquité gauloise
(1) Prlloulicr. Krligimi dea Gnulni» , I . i , p. 55 ; I. n , papos 72.
ORIGINE Dl' CULTE DU BOEUF. 707
— un taureau posant le pied sur un œuf — dont il trouve avec raison le premier type connu dans l’Inde et au Japon , où le taureau céleste , équinoxial , fait, d’un coup de corne, éclore l’œuf créateur ou principe du monde. Nous en avons déjà parlé au premier chapitre de ce livre.
Le taureau est l’animal chéri de Maha-Déva ( le grand dieu ) qui avait créé l’ordre sacré des Bhâts, ou Bardes de l’Hindoustan , pour en être les gardiens (1). C’est le taureau Nundi qui sert fréquemment de monture à ce dieu , et que l’on compare au bœuf Apis des Egyptiens. On remarque dans les représentations religieuses de l’Hindoustan , Trimourti, c’est-à-dire la Trinité montée sur un taureau ou'un bison. L’animal n’a pas trois cornes, mais le personnage qui le monte a trois têtes (2). Aussi les bœufs sont-ils fort respectés dans les Indes, où l’on s’abstient de manger de leur chair, et où la religion de Brahma enseigne que les âmes des hommes passent dans le corps des animaux , mais surtout dans les bœufs.
Bouddha , le législateur de l’Inde , se retrouve dans Foi , le législateur de la Chine , avec une tête
(1) M. Ilcbcr, cvcquc ilc Calcula. .Vouo, uimttl. des Voyages, I. viii, page 11.
(2) En abrégeant celte représentation, i)eiil-étre enl-oii l’idée, dans les Gaules , de donner au lanrean trois cornes , en vue de la Trinité divine qu'avait originairenicnt formée le groupe de Bndnnn . de Wisiioii et de Cliiva.