LE BISON DE BESANÇON
graots eurent à traverser le Bosphore de Thracc , comme le trajet le plus court et peut-être le plus commode : ils étaient accompagnés de leui's bœufs, leur principale richesse , comme on voit encore le bétail faire toute la richesse des Tartares. 11 parait que les bisons passèrent le détroit à la nage , et qu’ils servirent à transporter aussi leurs maîtres. Ce bras de mer en a retenu le nom de Hosphore que nous venons de prononcer, et qui signifie portebœuf ou bœuf-portant.
Le lieu de la Thracc où l’on abordait en prit aussi le nom de Byzantium (1), comme on dirait la ville du bison, ce qui répond exactement à l’étymologie de Bosphore ; et le pays où ils multiplièrent et s’entretinrent le plus , fut la Bistonie, nom que la Thrace a porté elle-même , suivant Etienne de Byzance.
De la Bistonie les bisons se répandirent dans la Germanie ; de la Germanie dans le Jura , et de la chaîne du Jura dans celle des Vosges.
C’est une chose digne d’attention de la part des investigateurs à qui l’origine de nos populations n’est pas indifférente , que depuis la Cappadoce jusqu’aux Pyrénées , peut-être même depuis l’Ibérie . asiatique jusqu’à la Celtibérie , toute la traversée était gauloise, à dater des ex{)éditions de Sigovèse.
(1) Ryzancr , premior nom dr Consliinliiiopic, aujourd'hui Stamboul. — B.Uie , suivant certains auteurs, environ 663 ans avant J.-i' .
LE BISON DE BESANÇON. 7i3
Alors on doit se représenter aisément la facilité des rapports qui s’établirent sur cette ligne.
Ce grand événement historique nous explique maintenant pourquoi nous trouvons dans nos provinces tant de monnaies macédoniennes, tant d’armures en bronze , à l’usage des Héllènes, tant d’autres objets divers bien connus pour avoir appartenu à des Orientaux , et dont la présence a droit d’étonner les personnes qui n’ont pas encore aperçu ces antiques relations.
Il n’y a pas jusqu’au nom de notre Bisontium qu’on ne puisse comparer à celui de Byzantium et qui ne nous autorise à demander si l’un est une commémoration de l’autre. Nous serions volontiers porté à conjecturer que des peuplades chassées de la Thrace et de l’Asie-Mineure par les armées de Brennus, composées de Volces, de Tectosages, de Volces Arécomices (1) et d’autres peuples mêlés à des Séquanes (lesquels ne sont pourtant pas nommés parmi les nations celtiques qui prirent part à ces expéditions guerrières) ont été ramenées captives dans les Gaulés, dans la province des Séquanes en particulier , et qu’elles y ont apporté des souvenirs de leur patrie. Elles auraient , dans ce cas, fondé un second Byzantium, dont le nom quelquefois prononcé à la manière des Tectosages et
(1) Haut rl Ras Laiigurdor