‹ Traditions populaires comparéesChapitre 365 sur 386 · CHAPITRE CXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXXV

LES ILES SACRÉES

f.e« OUes regirdai«nl Mm comme dr« images d«* Heita. ( Alf. Macrt )

Klaprolh décrit en ces termes la résidence du souverain pontife du Thibet à H’iassa , la terre des dieux : « C’est un bosquet touffu où le Dalaï-Lama va se garantir contre les chaleurs de l’été. Le pavillon octogone Dzondzio-lou-K’ban est construit en tuiles vernissées , sur une île au milieu de l’étang qui se trouve sur le mont Pabmouri. »

C’est au plus haut étage de cette tour, selon d’autres, que le grand Lama se rend presque inaccessible à la vue des humains , et je me persuade que c’est dans un but aussi politique , que Véléda — je le répète à dessein — était tenue à une distance trèsrespectueuse des mortels, au haut d’une tour qu’elle habitait chez les Bructères. Or, les Bructères occii-

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paient un pays encore aujourd’hui couvert de poipes semblables à celles de la Dombes et de la Bresse (1). Ajoutons en passant que ce genre de monument se retrouve aussi , avec les mêmes dimensions et les mômes formes, dans le Danemark cl dans l’ile de Rugen que l’on regarde comme un des sanctuaires de la déesse Herta, dont le nom revient si souvent sous notre plume.

A propos de Ilerte et de Véléda , osons ajouter encore qu’on en pourrait reconnaître le type dans la femme divinisée, la grande prêtresse du Thibet. « L’esprit divin s’est aussi manifesté au Thibet dans le sexe féminin. Un couvent situé à la partie méridionale de l’île que renferme le lac Palté , est la résidence de la prêtresse Tourse-pamo , qui est une régénérée comme le Dalaï-Lama , et comme les auy très lamas supérieurs. Elle est égale en sainteté. Les Thibétains croient que Cianq-Cioubi-Oum s’est incarné dans cette femme, et qu’il ne quitte son corps, lorsqu’elle meurt , que pour passer dans un autre. Les Hindous et les Népaliens la regardent comme la déesse Bavani vivante , et lui adressent en conséquence leurs adorations. Quand elle sort de son couvent , ou qu’elle fait un voyage, elle est placée sur un trône , ombragé par un parasol » (2).

Cette déesse vivante , promenée sur un char et

(1) Le pays des Bruclèrrs répondait l\ la Frise cl à la Woslphalie.

(2) Ahrf’g» dr l'fiift. gènn\ de* Fo)/., de la Harpe.

LES ILES SACRÉES

sons un dais , ressemble fort à la déesse Herle des Germains septentrionaux. Les lecteurs n’ont peutêtre pas encore oublié ce que nous leur avons dit de la fête indo-germanique de Herte ou de la Terre (1). Ils n’ont qu’un mot à y changer , c’est le nom de Bavani qu’il convient de mettre à la place deParvati.

Et ce séjour dans une île et dans une tour octogone, où les dieux incarnés du Thibet se dérobent aux regards des mortels , ne nous retrace-t-il pas assez vivement celui des prophétesses que nos pères prenaient jMur des divinités ? Aussi , sommesnous très-disposé à regarder comme des imitations de Pile du lac Palté , ces poipes - îlots qui ont été élevés au milieu des étangs de nos pays , soit par des familles sorties du centre de l’Asie, soit par les descendants de ces mêmes émigrés , héritiers des traditions et des croyances de leurs pères.

Avant de quitter les bords du lac Palté, peuUêtrc devons-nous hasarder de faire remarquer qu’on y distingue principalement , parmi les temples qui couvrent cette terre des dieux (H’iassa) celui qui porte le nom de Raya Doumba, à cause de l’analogie de ce dernier nom avec celui de la Bombe (2). Ce n’est pas pour la première fois que nous trou-

(1) Livre II, chap. v, p. 261.

(2) Dornhourg (Dombe-bourg ? ) est une ville de Kîle de Zélande où M. Matthieu signale une foule de monticules arliliciels semblables à ceux de la Dombes. Cette île est dans le BeUh, et Dombourg est dans celte île ; on y a trouvé l'idole de Biirnnina.

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