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DES A>CIENS QUI NE SONT PAS MORTS

pas mort , car personne n’avait assisté à ses funérailles. On avait la même opinion du patriarche Hénoch, à cause de son enlèvement au ciel , et l’on crut aussi, chez les Juifs, que pareil privilège avait été accordé au prophète Elie. Hénoch , Elie, Moïse, candidats de l’éternité, selon l’expression de Tertullien parlant d’Hénoch, doivent se rencontrer sur la terre à l’expiration des temps, comme témoins de la fin du monde.

On connaît les romans de la Table Ronde , et les chants populaires consacrés au roi Arthus ou Arthur, dont les Bretons, plusieurs siècles après sa mort, attendaient encore le retour. Buchon, dans les notes de son édition des Chroniques de Froissart, explique ainsi le fait tout naturellement : « Arthur périt, en .'Îi2, dans une guerre domestique contre son neveu Médrawd, qui avait séduit sa femme Gwenhyfar. Blessé à mort dans une bataille qu’il livra contre Médrawd à Caerléon , sur la côte de Cornouailles, il fut transporté par les soins de Morgan, sa parente, dans l’île de Glastonbury, dont il était propriétaire. Il fut aise de faire croire au peuple opprimé par les Saxons , qu’Arthur n’avait été éloigné du monde que par un art magique , et que tôt ou tard il reviendrait pour faire triompher les Kymris-Gallois. Cette opinon , qui flattait l’orgueil d’une nation malheureuse , se soutint pendant plusieurs siècles. « Buchon ajoute qu’en H39 on retrouva son tombeau et ses restes mortels dans l’an-

UES ANCIIÎMS QUI NE SONT PAS MORTS. 741 l’aotique et puissante abbaye de Giastoubury; inais déjà à cette époque les poètes avaient chanté la légende et consacré l’immortalité du roi Arthus.

Les exemples exceptionnels que nous venons de citer d’une vie toute en dehors des lois de la nature , ont dû porter des fruits en plusieurs lieux de l’univers connu. Sans parler d’Aratus , d’Achille, d’Harminius , d’Arioviste , dont les noms appartiennent à l’antiquité , nous sommes heureux de citer Charlemagne, Roland, Frédéric Barberousse, Maximilien d’Autriche (1) , dans le moyen âge, et d’y ajouter l’amiral Philippe de Chabot, victime des intrigues de la cour de France sous François T', et de l’ingratitude de ce prince. Ce haut personnage , qui eut d’assez beaux domaines aux duché et comté de Bourgogne , y a laissé une mémoire impérissable. Le peuple des bords de la Saône en a fait un chasseur sauvage, à la manière du roi Arthus. Toutes les fois que l’air agité promène des bruits incompréhensibles sur le territoire de Chagny, et que l’on remarque un mouvement dans les vastes ombrages de la forêt de ce nom , on croit entendre l’amiral à la tête de ses innombrables chasseurs, élever la voix ou donner du cor. M. Jules Pautet a célébré dans une ballade la chasse aérienne de l’amiral Chabot , dans cette vaste forêt.

Nous avons quelques raisons de conjecturer que

;l) Ürrvvs rii imm , X. Maimicr.

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