LES GÉANTS DU BOIS DE LA FÉE
Uomère o'« fâit aucune mention det géant* dan« niiade i mai* , dan* rodyaaée , il raconte que le* vaiMeaut d'H^ssc furent attaques par les Levtrygons qui tenaient plus de* géants que des homme*} ce sont ses termes ; et AlcinoU* , parlant à llly*** , lui dit que le* Phéacien* ressemblaient autant aux dieux par leur piété et leur Justice , que le* Cjclope* et le» géants SC ressemblaient par leur injustice et leur impiété Ces endroits marquent assez que le poète ne regardait pas les géants comme issus des dieux .
( PACBAÜU* , liv. VIII ).
Santenay (1) est un des lieux féeriques de l’Autunois , où les légendes merveilleuses ont conservé tout leur empire. Son territoire a des fontaines qui furent jadis consacrées aux Nymphes ; un bois de la Fée qui fut, dit-on, le berceau du village; deux aiguilles de rocher , espèce d’obélisques naturels , qui figurent comme de véritables menhirs.
Ces pics isolés, sous les roches, à sept mètres de distance l’un de l’autre, adhèrent au sol; leur hauteur le surpasse de plus de dix-sept mètres, sur
(I) Département de Saônc-el-I.oire.
NOTES ET ADDITIONS
une base de six. On raconte que ce sont deux géants ou génies malfaisants que la fée du bois a ainsi enchaînés à la terre, en les frappant de sa baguette.
Soit que la tradition universelle ait appris à l’antique population de Santenay que les races gigantesques de l’ancien inonde étaient perverses et criminelles, soit qu’elles tiennent sa réprobation des enseignements de l’apostolat chrétien, toujours est-il qu’ils nomment ces deux rochers le Vilain et la Vilaine.
Comme la femme de Bà , dont nous avons fait mention ailleurs, le Vilain et la Vilaine , bien que vilipendés par de zélés- catholiques , leur rendent pourtant des services journaliers, en leur indiquant les heures des jours de soleil par la projection de leur ombre, et en leur annonçant l’orage ou la pluie par la couleur plus sombre de leur aspect (1).
Au Chapitre LXXX Rochers de configuration bizarre , p. 568, ligne 3, intercalez le paragraphe que voici :
« Les idolâtres des Indes , dit Tavornior , ont , dans les villes et dans la campagne , une grande quantité de temples; mais beaucoup de pauvres gens, qui sont dans les bois et dans les montagnes.
(I) M. Aboril-llolin, Mémoire tin conyr'ct ai chèologiqite de Dijon, l«â2, p. 320.
Dr LIVRE SECOND.
Gt éloigüées des villages, prennent quelque pierre , et , lui faisant grossièrement un nez et des yeux , avec de la couleur jaune ou rouge, toute la famille y accourt pour l’adorer. »
Au Chapitre LXXXI. Etablissements chrétiens près des roches remarquables , p. 581 , ligne 2, ajoutez :
L’église la plus voisine do la Pierre-Enon est sous le vocable de saint Pierre , c’est celle de Légna(l).
La terre de Nantua était autrefois désignée sous le titre de Saint-Pierre. On no sera donc pas étonné de trouver aux environs de Nantua des pierres de configuration notable. Nous avons déjà cité les roches brutes qui composent le monument celtique de Maria-MAtre , sur le lac de Nantua. Nous citerons de plus Xa Roche merveilleuse, qui a existé sur la montagne , au nord du lac de Sylans ; et la Colonne, qui est au nord de Nantua même. La Colonne est une aiguille de rocher qui se détache de la montagne du Don , et qui , en s’en écartant toujours davantage , au dire de quelques observateurs (à qui il serait, je crois, assez dilficile de le prouver) menacerait d’écraser par sa chûte une partie de la ville. Elle se fait remarquer à l’entrée
(1} Uéparicmeiit du Juin.
NOTES ET ADDITIONS
d’une anfractuosité de la montagne , dont l’aspect vous impose et qui commande l’étonnement. Si l’on en juge par analogie, cette espèce de colonne informe, qui repose sur une base étroite, et qui doit, par sa figure, avoir attiré l’attention dans tous les temps, peut avoir été un simulacre de la divinité ; et c’est pour substituer les idées chrétiennes au fétichisme dont elle était l’objet , que , précisément en face, on aura bâti une église et une abbaye sous le vocable de saint Pierre, prince des Apôtres. Elles faisaient opposition au collège druidique de Senoches, qui a été remplacé par le château de Montréal.
Au Chapitre LXXXII. Monolithes et pierres sacrées, p. 585, ajoutez :
La dulie de Saint-Pierre (1) a été apportée aux environs de ces lieux pour faire disparaître les souvenirs païens. La paroisse de Lay-sur-le-Doubs (2) , voisine de Longe-Pierre , est sous l’invocation de saint Pierre; et, tout près de Pierre-en-Bresse est le hois Saint-Pierre^ voisin de l’antique village d’Authume dont l’église est sous le titre de 1a Vierge •
(1) J'ai remarque, dil Courtcpcc, qu’eu Bourgogne plusieurs endroits ont pris le nom de Pierrr-pohitr, Pirrre-écrilc , Pirrre-lrvée , Pierre-file , cte. , d’une pierre brute elevce sur un tombeau gaulois. — D’après son idée , il faudrait supposer qu’il y aurait eu , près d’Aulhume , un de ces tombeaux : aussi traduit-on le nom de ce dernier lieu par Altus lumulus.
(2) Département de Saône-et-Loire.
DU LIVRE SECOND. 785
Pierre avait pour patron de son église l’abbé de Saint-Pierre de Châlon-sur-Saône.
Au Chapitre LXXXIV. La Pierre d’Appétit , p. 593, ajoutez :
Au reste , tout originale que soit cette coutume , Verdun-sur-le-Doubs n’est pas la seule ville de France qui l’ait aussi fidèlement conservée ; elle s’entretient également dans le Soissonais , à Neuillysaint-Front (i).
Le lendemain de leurs noces, l’époux et l’épouse, accompagnés des parents et d’amis qui ont assisté à la cérémonie du mariage, se rendent, précédés de la musique du lieu , en un endroit distant de cette petite ville d’environ un demi-kilomètre. Là, se trouve, dans un terrain sablonneux et en partie inculte , une pierre de grès assez grande, élevée d’un demi-pied de terre. Sur ce grès sont tracées deux rigoles. Parvenu en ce lieu , on verse du vin dans l’ime et dans l’autre, et les deux époux accroupis le boivent. Les mauvais plaisants s’amusent souvent à presser et heurter contre la pierre la tête des mariés, pour exciter les ris de l’assemblée joyeuse. Voilà la coutume, mais quelle en est l’origine ? Estce, de la part des conjoints , une libation en l’honneur du dieu d’Hymen ou de Priape, pour obtenir
fl) Dcparlomonl de l’Aisne.
NOTES ET ADDITIONS
la fécondité ? Ce qu’il y a de certain , c’est qu’on ne se propose pas d’autre fin en se rendant à ce lieu(l).
Tout cela ressemble bien à la Pierre-d' Appétit de Verdun.