‹ Traditions populaires comparéesChapitre 379 sur 386 · LA PIERRE MIGNON · texte numérisé non relu

LA PIERRE MIGNON

Lee anw ont i«rri d’auteU, les antret de «iégea ; c’est U qao se flreol ces prostitutions reli^eosessi célèbres chex les anciens peuples.

(DvL4caK. Des caUcs antérieurs à l’idolitrie )

Descendons la Saône jusqu’à Trévoux , et de cette ville rendons-nous par le nord-est au territoire de Toussieux, village de la Bombes, avoisiné do vastes plaines à blé. Son sol d’alluvion n’y renferme nulle part de roches natives ; cependant , au champ du Grand - Trin , n’apercevons-nous pas une pointe de rocher qui sort de terre et qui ne s’élève que jusqu’à hauteur d’appui ? Cette roche a été taillée au ciseau dans sa partie supérieure , pour y former une espèce de coupole , très-distincte de sa base qui est plus large, et qui est, en partie, ronde comme un tronc d’arbre. Au-dessus du cône, nous ne sommes pas peu surpris de trouver quatre trous qui annoncent aussi le travail de l’homme.

(1) Mém, de la Soc. roy, des Ànt. de France. 1817, t. i , p. 525.

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DU LIVRE SECOND

Il est évident que ce roc , si solitaire, a été consacré par un culte quelconque. Mais lequel? Essayons de le découvrir. La nomenclature des localités va parler un langage assez clair.

D’abord ce monument des siècles se nomme la Pierre-Mignon.

Ouvrant le dictionnaire celtique de Bullet, je trouve que mignoun , mignonne , veulent dire ami, amie (1); que minnon, minnoora, signifiaient aimer , en teuton ; que minna , dans les poésies allemandes , était pris pour le dieu ou la déesse d’amour (2). Ailleurs (3), je rencontre un Migonium en Grèce, ainsi appelé d’un nom qui signifie l’amoureux mystère., parce que le troyen Pâris y obtint d’Hélène, pour la première fois, ce qu’il désirait , et qu’en actions de grâces , il y érigea un temple à la déesse des amours, surnommée pour celte raison Migonitis. Ne vous gemble-t-il pas que migon soit une inversion de mignon ?

Alors je me demande si le nom de Tou^sieux

(1) Il semble que celle partie de la Dombes ait etc habitée soit par des Bretons , soit par des familles de meme origine oti de meme langage. En Bretagne , où l'on emploie volontiers le t< pour l'ni , on dit daou viynon , deux amis , pour daou mignon ; vignonet pour mignonel. Cela nous explique ici pourquoi le ruisseau qui arrose le territoire de Toussieux porte le nom de la Vignote au lieu de la Migiiole.

(2) En palois de la Bresse et du Bevermont , le migna (ou magna) est le titre caressant que les filles donnent aux amoureux.

(3) Noël, ilythologir.

NOTES ET ADDITIONS

Toxiacum) n’aurait pas , à son tour , quelque chose il’analogueà me révéler; et je vois qu’en celtique le mot toucz signifiait amoureux, et que de là étaient venus ces termes du vieux langage français (1): toute ^ amie , amante ; tousiauy toutailieu , jeune amoureux , amant.

Quant à la dénomination topique de champ du Grand-Trin , où se trouve le roc qui saillit de tei re , je serais tenté de l’expliquer par trein qui , dans le dialecte de la Cornouaille , regardé comme celtique, signifie nez, comme trin en islandais, trwyn en gallois, et tra en tartare du Thibet. Ainsi le champ du Grand - Trin serait le champ du Grand-Nez ; et c’est effectivement la figure d’un grand nez que présente la Pierre-Mignon sortant du sol.

Ce qui m’engage encore à regarder la Pierre- Mignon comme ua ancien objet du culte des pierres, c’est que la plus antique église des environs , celle de Toussieux, est sous le titre de saint Pierre et de saint Paul , comme tant d’autres lieux où nous avons signalé d’heureuses substitutions religieuses, propres à détourner les populations de leurs honteuses pratiques.

J’hésite à faire remarquer qu’un hameau limitrophe de celui qui nous occupe , porté un nom qui pourrait bien se rattacher à l’idée dominante de ce

(1) La Combe.

DU LIVRE SECOND

chapitre : c’est celui que les chartes latines nomment Po//tacMw» (Poullieux). Ce Polliacum a son homonyme et son synonyme à Pallia et Buellaz , autres communes situées entre Bourg-en-Bresse et Mâcon , où nous avons trouvé établies , sur une poype de forme circulaire , des fées-vierges , ou de chastes druidesses, car nous avons déjà

cru démontrer que Pallia se traduit en dialecte bressan par balia (2), et , en latin pur , par puella , jeune fille.

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