‹ Traditions populaires comparéesChapitre 45 sur 386 · LE OHASSEL'R NOCTURNE ÜE SCE Y-EN-VARAIS · texte numérisé non relu

LE OHASSEL'R NOCTURNE ÜE SCE Y-EN-VARAIS

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l'n autre chasseur étemel fréquente Scey-en- Varais ( 1 1. De son oliphant sonore il fait retentir les échos du bassin de la Loue. Aux sombres nuits de la Toussaint et de Noël, l’air ébranlé par les aut.ans se remplit d’un bruit formidable qui portait jadis l’insomnie et les transes dans la couche des vieillards et des enfants, à travers l’opaque châssis de la cabane et le brillant vitrail du château de Saint-Denis. On croyait alors au chasseur aérien de la vallée, aussi fermement dans les vastes salles du manoir féodal que sous Tâtre enfumé du pauvre paysan.

Rappelez-vous, — c'est bien le cas, — cette char-

(1) Dêpai Irmcnl rlu Doult'^

02 I.K CilASSElIK NOCTI KISE DE SCEY-EN-VARAIS.

mante bullado que le jeune Dovalle avait intitulée la Chaise invisible.

« Liiys, Luys, iiiim piHil pu^r,

« O (|iic j’calemls, est-cp l’oragp « Qui gronde en passant sur le bois ?

« — Me semble, dame ehâlelaine,

« Que j'ouis là-bas dans la plaine,

« Iji eor, des limiers et des voix.

« — Un cor, lorsque la nuit est close ?

« Des voix, quand tout dort à l'cntour ?

« Des limiers, quand le chien repose, n En attendant le point du jour ?

« Des voix, des limiers, une trompe,

« Cela ne s'entend à minuit :

« Beau Loys, le sommeil vous trompe.

« Pourtant, quel peut être ce bruit ?

« Uis-nioi, dis-moi, mon petit page,

« Ce que j'eutends, est-ce l'orage « Qui gronde en passant sur le bois ?

« — Me semble, dame eliâlclainc,

« Que j'ouïs là-bas dans la plaine « Un cor, des limiers et des voix.»

Et tout-à-coup une fanfare.

De longs et rauques aboiements.

Un bruit de meute qui s'égare.

Des ris, des pleurs, des hurlements.

Ainsi qu'une horrible tempête.

Boulèrent au- dessus des cours.

Et fii-cnt trembler jusqu'au faite Los donjons et les vieilles tours.

Jo le répète , ce sont ici des souvenirs toujours présents soit du Scandinave Odin chassant à la tête lie ses guerriers morts avec gloire, soit dti bon roi

LE CHASSEUR NOCTURNE, ETC

Arlh us que les Bretons, au rapportdo quelques écrivains du raoyen-àge cités par Ducange (1), attendent toujours et attendront jusqu’à la consommation des siècles , car ils ne le croient pas mort , et ils l’entendent encore chasser dans leurs forêts.

(1) Aux mois Arturum expectore. aUendre Arlliur ou Artlnis.

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