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En tout pays, lorsqu’une colonie d’abeilles cherche à s’établir, on la suit en frappant des ustensiles de fer ou de cuivre. Se groupe-t-elle autour d’une branche, deux ou trois personnes se tiennent debout auprès d’elle , en redoublant leur infernal charivari. Le tapage ne cesse que lorsque l’on a fait entrer les énaigrantes dans une ruche neuve.
Nous avons demandé la raison d’un pareil usage, quelques-uns nous ont dit naïvement que c’est parce que les abeilles aiment la musique. Nous n’y avons qu’une faible créance ; on verra pourquoi. D’autres prétendent que les jeunes novices , prenant ce bruit pour celui du tonnerre, et craignant le mauvais temps , n’osent s’éloigner. Enfin, des légistes nous ont assuré que cette coutume remonte au moyen Age , et que le possesseur ayant droit de suite sur les vagabondes, les poursuivre avec de bruyantes protestations c’est faire acte de propriété.
-Mais, sur ce chapitre, comme sur beaucoup «l’aulres , le simple villageois est plus fort que le légiste , quand il dit que les abeilles sont sensibles à la musique. Si cela est fondé sur quelque chose de vrai , il faut avouer qu’elles ne sont pas dilliciles , puisqu’elles savent s’accommoder de l’aigre son des pèles à feu et des chaudrons , comme leurs aïeules de l’antre do Dictis en Crète s’accommodaient des tymbales et des crotales, lorsqu’elles
LES ABEILLES
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fabriquaient là du miel pour le petit Jupiter , pendant les bruyantes symphonies des Corybantes (1). Virgile n’ignore pas ce trait de rapprochement mythologique , lorsque , parlant de l’essaim qui jette , il recommande de faire, tout autour, un bruit clair et aigu qui ressemble à celui des cymbales de la Mère des dieux.
Tinnitu»qur de , malri» quate cymbala circum .
« l)o Oybèlc , ù reiilour, fais relrnlir l'aii'aiii. »
(I) .Vkhc aije , ittiluru» apibu» quus Jupiter ipse AddiiUl , erpedium : pru qua mercede , eauonis Ciiretum sonitus crépita ntiaque oera scrutae , Üicleo cueti regem parère sub antro.
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