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CHAPITRE XL

l’ai’rore boréale.

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Nos romantiques se sont beaucoup moquas d’Homère pour son Aurore aux doigts de rose et aux chevaux vermeils, parce que ces messieurs n’ont jamais vu le point du jour sous le ciel de l’Ionie. Or, si le plus grand des poètes grecs avait besoin d’étre disculpé d’avoir employé de fausses couleurs pour peindre la brillante fille d’Hypérion , nous oserions nous offrir pour le défendre; car nous avons vu , que dis-je? nous avons contemplé dans de suaves ravissements , simple passager rêvant à la poupe d’un navire , sur la mer Adriatique , le magnifique spectacle de l’aurore des Hellènes, dont nos soleils couchants, tendus de pourpre et d’or, ne peuvent nous donner qu’un imparfait tableau.

Mais , si la belle rae.ssagère du jour inspire ,

l’alrore boréale. 163

du côté de l’Orient, des pensées riantes ; l’aurore boréale, vapeur ardente qui s’élève dans la partie de l’horizon d’où l’on n’a jamais attendu de lumière, ne fait concevoir que des idées sinistres. En s’étonnant de l’apparition d’un nuage en feu vers le nord, le peuple le contemple avec effroi, parce qu’il croit y voir l’augure ou d’une guerre désastreuse ou d’une révolution sanglante. C’est un avertissement du ciel. Nous avons quelquefois entendu l’expression de ces terreurs auxquelles ne sont pas inaccessibles certaines personnes que leur éducation devait en préserv^er.

« Avant que le phénomène des aurores boréales eût été observé attentivement par nos modernes physiciens, les nuages enflammés excitaient de grandes alarmes; l’imagination effrayée croyait y voir des armées s’attaquer et se combattre. Pline môme assure qu’on entendait quelquefois le bruit des armes, des clairons et des trompettes. Aujourd’hui que l’on ne voit plus d’armées, l’on n’entend plus de trompettes. Les leçons des savants ont redressé notre vision et rassuré notre courage (1). »

(1) Uft Erreur» et de» prèjuijé», I. n, p. 41<).

CHAPITRK XLI.

H COLLKUR Di; VENT.

La fieiion a plus rapide que la actritce, ell«

répand aea èunnnea de fleura à trarera le monde . et noua ne Ira roTona paa , juaqu'A ce qne cea fleura aur - {tiaaent tout k coup , et noua elunnrnt par la reaaem - Mancp de trura couieura arec ceilea deaautrea contrée*, {CiurarLi.. Eaaav on Ibe engiliah poetra . p. 30i.

Le vent du nord, si redouté au mois de mars, s’appelle, en Franche-Comté, la bise noire. Bise noire est un pléonasme, car it>, hiee, adjectif, indique déjà une couleur sombre.

On dit aussi un vent blanc, pour le vent qui souille du sud-ouest.

Une personne d’esprit faisait plaisamment observer un -jour qu’il n’appartenait qu’aux Franc- Comtois de colorer l’haleine d’Eole : on pouvait lui répondre que l’idée leur en avait été transmise de longue main; elle se rattache effectivement à la religion des Scythes. Au Tong-King, où l’on rend un culte aux quatre points cardinaux, chacun de ces points a sa couleur. Pour honorer le septentrion , les Toug-Kinois prennent des vêtements

LA LOL’LEL'R nU VENT.

noirs; et, pour l’Ouest, ils endossent des robes blanrhes. Les Tartares, faisant de pieuses libations aux quatre parties du monde, saluent le Midi en l’honneur de la lumière et le Septentrion en l’honneur (les morts (i). C’est opposer le blanc au noir, car la lumière est blanche, et le ténébreux séjour des morts est de la couleur contraire.

Remarquez, d’ailleurs, en ce qui concerne le septentrion, que les mythologues plaçaient l’empire (les morts au pays des Kimris, aux portes boréales (le la terre , qu’ils connaissaient fort peu ou pas (lu tout , et que de là était venu l’antique proverbe (le Ténèbres Cimmériennes ; car, non seulement l’ombre du globe tourne principalement sur le nord, mais les Cimmériens ou Kimris, dont le nom signifie être noir (2), affectaient le noir dans leur habillement.

(I; Cfrrmoniet, m>eur» et coût. veUyientet, I. m . [i. 'i02 cl suiv. Ibid.

Diyiî'^:r

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