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TRACES DE SABÉISME

> Celte armcf dei> rteui , qu'ua appelait sLaa ou »AB* , a donne le non i l’idoUtrie de§ Sabiens qui était uniTfrseUe dans l'Arabio , dans la Phénicie et dans presque toute la terre, qooiqu’avre des changements toujours Douveaui d'une contrée à l'autre. • (pLuctt£. Hist. du Ciel).

Nous voyons, chaque année, à l’intéressante cérémonie du Dimanche des Rameaux, les enfants accourir à l’église, arborant avec pompe leur branche de buis ou de tout autre arbre vert, ornée de rubans et chargée de belles pommes. Nous l’avons fait nous-môme autrefois, et nous ne savons pas que ce divertissement de la jeunesse tient à l’une des plus antiques religions qui aient régné sur le globe ! Il est vrai que le Christianisme s’en est emparé, pour en détourner le premier objet : les rameaux verts, chez les Chrétiens, ne font plus allusion qu’aux branches de feuillage que jetèrent les habitants de Jérusalem sous les pas du Fils de l’homme, arrivant parmi eux pour célébrer la fête

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du passage ( la Pâque ) ; mais les pommes , mais les rubans, à quoi font-ils allusion? C’est ce qui reste à expliquer.

Le jeune Anarcharsis (1) est témoin, en Béotie, d’une cérémonie pratiquée à la fête des rameaux de laurier. « C’était, dit-il, une pompe ou procession que je vis arriver au temple d’Apollon Isménien. Le ministre de ce Dieu était suivi d’un chœur de jeunes filles qui tenaient des rameaux et qui chantaient des hymnes. Un jeune homme de ses parents le précédait, portant dans ses mains une longue branche d’olivier couverte de fleurs et de feuilles de laurier : elle était terminée par un globe de bronze qui représentait le soleil. A ce globe on avait suspendu plusieurs petites boules de même métal, pour désigner d’autres astres, et 305 bandelettes teintes en pourpre, qui marquaient les jours de l'année : enfin, la lune était figurée par un globe moindre que le premier et placé au-dessous. Comme la fête était en l’honneur d’Apollon ou du soleil, on avait voulu représenter, par un pareil trophée, la prééminence de cet astre sur tous les autres. »

Cet usage se sentait du Sabéisme, qui, dès les temps antiques, .s’était déjà propagé parmi les nations occidentales comme vers l’Orient, en rayonnant autour de la Chaldée et de la Pers(\

(I) lüynr/eÿ (h* jrune Auuv/mrt*i* rn rlwi| .

TIIACRS DK SABÉISME.

Le Sabéisme consistait à adorer les corjs célestes, cç que les Hébreux appelaient les milice» du ciel. Les Sabéens faisaient des étoiles üxes les dieux inférieurs; ils reconnaissaient au contraire pour dieux supérieurs le soleil et la lune. -M. Hyde, dans son Histoire des Perses, défend les vérilables Sabéens du reproebe d’idolâtrie, et veut qu’ils aient subordonné le culte du soleil au culte du vrai Dieu.

CHAPlTRli: XIJII.

LES ÉTOILES

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JOAN!«KS ÎMSUeUUTK

De la foi des peuples à ces intelligences de l’einpirée naijuit naturellement la croyance à leurs attributions. La génétbiialogie , c’est-à-dire l’art de prédire l’avenir par le moyen des astres, en les comparant avec la naissance ou la conception des hommes, était la spécialité des Clialdéens, qui d’astronomes s’étaient faits astrologues. La crédulité publique a bien longtemps vécu de cette vainc pâture, soumise qu’elle était aux lois de la conjonc-, tion des planètes, et souvent épouvantées par les prédictions sinistres de l’astrologie. Un déluge universel est annoncé pour le mois de février 1 ; on construit des arches de toutes parts; la conjonction de Saturne, de Jupiter, de .Mars et des Pois-

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sons du zodiaque ne peut avoir d’autre résultat. Mais, heureusement pour le genre humain, l’astrologie reçoit alors un démenti formel par la sécheresse qui signale ce mois de février.

a Que la chùte d’une maison ensevelissant trente personnes sous ses ruines, une de ces personnes se trouve heureusement sauvée sous deux poutres qui s’ajustent en forme de voûte, et qu’un Sabéen ou un Chaldéen me dise que c’est son étoile qui l’a préservée du péril, je n’en serai pas plus surpris que si un Juif ou un Chrétien me disait que son bon ange a empêché qu’il ne se blessât, parce que le Sabéen met dans l’étoile une intelligence capable de secourir les hommes dans le besoin. Mais qu’un philosophe qui prend l’étoile pour ce qu’elle est, c’est-à-dire pour un corps inanimé, veuille néanmoins tenir le langage du Sabéen : qu’il s’avise de dire que c’est son étoile, comme si l’étoile devait envoyer de petits corps qui ajustassent les poutres et les pierres de telle manière qu’elles ne pussent le blesser, c’est assurément une prétention aussi déraisonnable que d’attendre quelque secours particulier d'un morceau de métal, à cause de quelques cérémonies superstitieuses avec lesquelles on l’aura préparé (1). »

La haute classe ne se préoccupe plus de rintluencc

(I) lliiil. eritiijur ilrsin ut. »u)>cr*l. i/iii ont m'dail 1rs peuiilcs e( nnhurrasii' 1rs savuiUs , |);ii Ir I*. Le Uniii , |i| <'lic de l'OratoiiT ,1.1.

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des astres; mais comme la poésie alléctionne les erreurs de tous les temps, si Boileau avait fleuri de nos jours, il aurait dit comme au xvn® siècle :

C’csl en vain qu’au Parnasse un téméraire auteur Pense de l'art des vers atteindre la hauteur,

S'il ne tenl point du ciel l’i»lluence tecrèle.

Si ton attre en naissant ne l'a formé poète.

Bonne étoile, mauvaise étoile sont encore dans notre bouche, mais sans arrière-pensée : ce sont des expressions en quelque sorte proverbiales. Ceux qui les emploient dans le discours savent très-bien, en général, que l’horoscope est une sottise à l’état d’oblitération. « S’il est vrai que les étoiles soient à des distances incommensurables de nous; s’il est vrai que Sirius, la seule dont on ait pu calculer l’éloignement, soit six mois à nous envoyer sa lumière; si les astres innombrables que nous voyons briller dans l’immensité de l’espace sont des soleils qui ont eux-mômes leurs planètes et leurs mondes à éclairer, il est bien diflicile de croire que chaque bourgeois de notre petit globe ait à son service une étoile régulièrement occupée du soin de son ménage (f).»

En finissant, il faut l’avouer, d’obscures et chétives pythonisses, qui exploitent encore la crédulité populaire sur les champs de foire et dans les mansardes, cumulent encore les fonctions d’horoscopistes et de chiromanciennes. Nous constatons le fait avant son entière disparition.

(1) Itet Erreurs et de* préjui/és , I. ii . p. .1S7.

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