PREMIERE VOIX
Je suis riche et maudis la vie...
Plaisirs, abondance , amitié.
Faux biens que le vulgaire envie , Vous n'excitez que ma pitié !
Et toi , mauvaise conseillère.
Vertu , ton langage est menteur , Car tu nous trompes la première , En nous promettant le bonheur !
SECONDE VOIX
Pauvre , je bénis l'existence :
Le travail embellit mes jours j Et dans mes instants de souffrance L'amitié m'offre ua doux secours.
Jamais de son haleine impure Le vice n'a flétri mon cœur :
Une âme calme et sans souillure , C'est déjà presque le bonheur.
l'REMIERE VOIX.
.Te n aime point. • — Sot et stupide , Qui , sur la foi de longs serments.
Sur un front faussement candide Trouve sa joie ou ses tourments !
L'hymen est un lien qui s'use ; Pour s'y tourmenter tour à tour , L'un est tyran, l'autre a la ruse...
Non , je ne crois point à l'amour.
ITÔ
SECONDE VOIX
Une femme , douce colombe , A compris mon âme ici -bas ; Et de l'existence à la tombe Nous marcherons du même pas.
Heureux qui, plein de confiance, Mérite le prix d'un retour !
Du mal que le ciel lui dispense , Il se console par l'amour.
l'REMIKRE VOIX.
Religion , cultes... folie
Qui tombe devant la raison !...
Le néant absorbe la vie ;
Pour le sage , Dieu n'est qu'un nom.
Mon âme triste et solitaire
Ne croit qu'à la fatalité ,
Et je m'en irai de la terre
En niant l'immortalité.
SECONDE VOIX
La foi dont ma bercé ma mère Me soutient dans les mauvais pas-, Et je demande à la prière La force à l'heure des combats.
Sur les ailes de l'espérance Mon esprit souvent emporté , Jusques à Dieu monte et s'élance , En rêvant l'immortalité I
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