A UN CURE DE CAMPAGNE
La prière est la respiration de l'àmc.
Sa.int-Mabtin , V nomme du déiir.
Tu cherches le bonheur ; le bonheur c'est la foi. De Bbrnard Ddgrail.
Heureux qui , s'écartant de la foule servilc ,
Loin des sentiers battus, loin des bruits de la ville.
Marchant , la joie au front , sans contrainte et sans fard ,
Vers l'Immuable seul élève son regard !
Ce bonheur est le tien , ami ; je te l'envie.
Tu n'as pas, comme nous, à dépenser ta vie
Dans des plaisirs souvent suivis d'un long regret ,
Que l'on cherche avec bruit, qu'on méprise en secret.
D'un seul point occupé , le terme de la route ,
La foi dans ton cœur pur a dissipé le doute.
On dirait que le ciel dans tes nuits t'a parlé ,
Que pour toi l'avenir s'est enfin dévoilé :
Il n'est point de mystère en l'existence humaine ,
Que ton esprit n'explique et ton cœur ne comprenne.
Heureux î heureux trois fois , dans ta sérénité !
Ton rêve est consolant, — s'il n'est la vérité.
Mais nous qui la cliorclions, insensés que nous sommes!
Avec notre raison et nos lumières d'hommes,
A peine , par moments , esprits froids et douteurs ,
jVous en voyons au loin (]uelques faibles lueurs.
En vain , vers l'Orient , ce vieux berceau du monde ,
iVous portons un regard qui recherche et qui sonde ;
Là , cent cultes divers, sous cent noms différents.
Portent de l'homme à Dieu la prière et rencens;
Sublimes imposteurs, là , des fous ou des sages ,
Pour la foule crédule inventent des images ;
La forme obscurcit tout. — Suivant le temps , les lieux ,
L'homme se crée , adore et détrône ses dieux !
Ici , cest Mahomet , fondant par la conquête
La puissance d'Allah , dont il est le prophète -,
Plus loin , Pan et Brahma , Tien , Isis , laho ,
Et le plus vieux de tous, le vénérable Fo;
Puis, mille autres encore. — Et toujours des oracles.
Des prophètes partout , des devins , des miracles :
On dirait que l'erreur et que l'absurdité,
ÉtoulTant à plaisir la sainte vérité ,
Se disputent le monde. — Ami , dans cet abîme
Tu n'entends qu'une voix , sûre , constante , intime ,
Qui , te venant d'en-haut , t'appelle et te conduit :
Heureux ! tu vois le jour où nous trouvons la nuit.
Pour moi , dans cette élude où ma raison s'égare , jV'ayant plue, comme toi, pour me servir de phare.
Ce flambeau qui, jadis, hélas ! je m'en souviens,
Brilla sur mes beaux jours, ainsi que sur les tiens.
Je trouve le néant de l'humaine science -,
Et pour toucher au but où mon désir s'élance ,
Avec simplicité je rentre dans mon cœur-,
Là , je trouve Dieu seul , et dis avec ferveur :
0 toi que j'entrevois au fond de ces symboles ,
Dont le nom , si long-temps voilé de paraboles ,
Est écrit plus visible au front du firmament :
Etre immense, sans fin et sans commencement,
Sublime et dernier point où, d'en-bas élancée.
Puisse jamais de l'homme atteindre la pensée -,
De tout ce qui respire et de tout ce qui fut ,
De tout ce qui doit être , âme , principe et but ;
Grand Dieu, qui , dans le coeur du méchant et du sage,
Comme un juge inllexible as placé ton image ,
Humblement prosterné devant ta majesté ,
J'adore ta puissance , et surtout ta bonté !
Oh ! fais que , chaque jour plus vivante et plus [)uro ,
lletentisse en mon cœur la voix de la nature ;
Que toujours la raison , par ses graves accents ,
Dirige en guide sûr mon esprit et mes sens ,
Et que surtout mon âme , ainsi qu'un sanctuaire ,
Conserve avec amour le goût de la prière :
La prière ! premier de tous les dons du Ciel ,
Dans le calice amer pure goutte de miel ,
Pour rafraîchir le rœiir que la soulTrancc opprime ;
De nos mauvais penchants adversaire sublime ,
Qui calme, purifie, allège nos douleurs,
Dans nos yeux desséchés ramène encor les pleurs ,
¥.{ d'un autre avenir nous donnant l'assurance ,
Fait monter jusquà toi Thomme et son espérance !
Auprès d'elle en mon cœur place la charité ;
Et que le malheureux , dans son adversité ,
En moi trouvant un frère , un ami (pii partage ,
Bénisse quelquefois la main qui le soulage.
Que mon désir s'accorde avec ta volonté ;
De voir et de choisir ayant la liberté,
Qu'avant d'agir, jécoute et consulte en silence
Cette voix qui toujours parle en la conscience.
Détourne-moi du mal. — Sans force et sans vertu ,
Souvent Ihomme faillit sans avoir combattu ;
Trop souvent, insensé I jouant avec le vice ,
Il marche sans frayeur au bord du précipice.
>e l'abandonne pas. — Sans l'appui de ta main ,
Dans le goufl're peut-être il va tomber demain.
Oh ! veille sur ses pas , veille sur sa misère ;
Que ce fils égaré retrouve enfin son père.
Sois toi-même son guide en ce rude chemin ,
Où le mal si souvent nous presse et nous enlace ;
Où, même le plaisir, tout nous trompe et nous lasse,
Tout, excepté le bien que nous dicte ta loi ,
Et le sublime essor qui nous élève à toi.
l'a 3umcnt ^u ^m l>e Joui'.
Mo(hoii<;lil I lioanl a coursor iioigh Froin oui yoii liill of hlatkcniiig lirs.
Byron, Mazeppa.
Egli cavalca Su quai destrier ch'al inomlo è scnza parc. Ahioste.
Sire Amauri , ce preux dont la mémoire 4° Est dans nos cœurs ainsi que dans l'histoire
Vivante encor.
Oisif et seul , après maintes campagnes, Dans son manoir de nos hautes montagnes
S'ennuyait fort.
Il détestait la lecture et l'étude ; Pour abréger sa longue solitude ,
Il chevauchait:
De son talent à guider dans l'espace Noble coursier de pur sang et de race ,
Nul n'approchait.
Il prcnil un jour sa plus lièrc cavale : Dans la Bourgogne elle était sans égale
Pour la beauté ; Jamais coursier de plus noble courage , Par ménestrel, aux jours du môyen-âge.
Ne fut chanté.
Ses longs crins blancs, le feu de sa narine. Les nerfs gonflés de sa large poitrine ,
Son œil ardent , Tout révélait qu'en un jour de victoire , Sire Amauri l'avait prise avec gloire
Au mécréant.
Rongeant son frein et tout bouillant d'audace, Le palefroi caracole avec grâce
Le long des cours.
Le mors blanchit et d'écume ruisselle; Son pied ferré fait jaillir l'étincelle
Des pavés lourds.
Dans son allure on dirait qu'il s'admire , Autour de lui par tous on entend dire :
Noble animal !
Fier du héros que sur son dos il porte, En piaiïant il arrive à la porte...
Destin fatal !
La herse tombe... et de sa lourde masse Frappant soudain le destrier qui passe.
Le coupe en deux. — Lui, laissant là ses jambes de derrière, Sur son devant s'élance en la carrière ,
Toujours fougueux!
Sire Amauri ne savait l'aventure -,
A travers champs, sur sa bonne monture ,
Il galopait-, Et s'il trouvait quelque obstacle solide , Le destrier , d un bond sûr et rapide ,
Le franchissait.
Aussi bientôt les voilà dans la plaine , Verte prairie où le Doubs se promène
En longs contours ; Le palefroi , qu'ardente soif dévore , Se prend à boire ; — il boit , — il boit encore ,
Il boit toujours.
Pour relever cette tête allongée , Jusqu'au chanfrein dans la vague plongée ,
Le preux alors Appelle, siffle, éperonne et caresse, Roidit son bras, sur l'étrier ^e dresse...
Mais vains eflbrts !
Impatient , il saule . il est à terre ,
Lève la main [touv frapper : — ô mystère !
La l>ête , hélas î N'a que deux pieds... De sa large blessure L'eau «jui ruisselle, inondant la verdure .
>arrête pas.
Sire Amauri , i\\i\ , dans la Terre-Sainte , Fut surnommé le Chevalier sans crainte,
A peur , frémit ; Et se signant , tant son âme est troublée I Vers son castel, à travers la vallée ,
Il court et fuit.
Là , s'asseyant , l'effroi sur la figure , A tous ses gens il conte l'aventure. —
Chacun veut voir :
Déjà varlets, pages et damoiselles Ont assiégé les plus hautes tourelles
Du vieux manoir.
Rien n'apparaît dans la plaine déserte... De sang et d'eau la pelouse est couverte ,
El seulement On entendit, dans la forêt antique, Ucnnir trois fois le coursier diabolique ,
En s'éloi'jnaiit.
Car une fée à son malheur sensible , Avait rendu lanimal invisible ;
Et, depuis lors, Du frais bassin de la Fontaine-Ronde"*', Dont un moment voit naître et mourir l'onde ,
Il court les bords.
Cent fois le jour la cavale fumante , Pour apaiser la soif qui la tourmente ,
Tarit les flots ; L'onde renaît , lorsque désaltérée La jument fait retentir la contrée
Sous ses sabots.
Du haut des monts quand un froid brouillard tombe. Le voyageur qui traverse La Combe ,
Epouvanté , Entend encor résonner dans l'espace Létrange bruit du palefroi qui passe
A son côté.
i3ienfatj£iani*r.
A 3IADAME eu
Orphano tu cris adjutor.
Évangile.
Entre Tcrtus cueillez pour fleur divine La charilé , et planiez sa racine En voslre cœur , comme une chose eslile. C'est la vertu qui sert et qui prouGtc.
Olivier de la Marcbb.
Paris troublé s'agite ; insouciant la veille , Une horrible rumeur aujourd'hui le réveille : Le choléra l'étreint ; sous son terrible effort , Comme un serpent blessé tout un peuple se tord. La Mort avec fureur pressant la ville entière , Du séjour des plaisirs va faire un cimetière î Aveugle, inexorable, à coups précipités.
Immolant au hasard , frappant de tous côtés , On la voit, la cruelle ! attachée à sa proie. Prendre à la torturer une infernale joie.
Seule reine du jour , sous son bras acharné Elle lient tout Paris palpitant, consterné, (lliacun à ses foyers, dans une horrible attente, La voit déjà s'asseoir, hideuse et menaçante. A rheure où Ton s'éveille, à Theure où l'on s'endort, Le spectre est toujours là ; la Mort , toujours la Mort ! Le fils , prêt à descendre en sa couche dernière , En découvre Tempreinte au front de son vieux père ; La mère pour sa fille , alTreux pressentiments ! Devant les yeux sans cesse en a tous les tourments. Tout est saisi deffroi , de stupeur, d'épouvante. Mais la Mort , à frapper trouvant sa main trop lente , Pour aides au fléau , dans ce triste moment , Appelle encor le meurtre et l'empoisonnement. Le peuple a le vertige , et la terreur l'égaré ; Comme en des jours affreux , redevenu barbare , Du malheur qui l'accable il punit l'innocent. Et croit dompter la peste en se gorgeant de sang.
Grâce , grâce , mon Dieu ! Pitié pour ces victimes ! C'est assez de la mort. — Épargnez-leur des crimes.
La raison et la foi , confondant leurs efforts , De ce peuple en délire apaisent les transports. Hélas ! toujours on meurt , toujours même souffrance ; Mais, du moins, dans les cœurs Dieu remet l'espérance
On sent que , dans ces maux qu'il nous verse aujourd'hui, 11 veille encor sur nous, et reste notre appui.
Oui, c'est Dieu qui toujours allume dans notre âme
Des plus beaux dévoùments la noble et sainte flamme -,
Au péril de ses jours servir l'humanité.
C'est l'inspiration de la Divinité,
C'est la vertu sublime, et la plus haute idée
Dont toute âme ici-bas puisse être possédée !
Vous l'aviez bien compris , vous tous, nobles mortels.
Qui, du fond de l'école ou du pied des autels ,
Accouriez, pleins d'ardeur, \ictimes volontaires.
Sur le lit des mourants reconnaître des frères ,
Et braviez du trépas l'aspect contagieux ,
Pour les rendre à la vie •— ou leur ouvrir les cieux.
Oh ! soyez admirés ! et qu'à jamais l'histoire ,
Aux siècles à venir portant votre mémoire ,
Dise tous vos bienfaits et les nobles secours
Par vous donnés à l'homme en ces malheureux jours 1
A leurs noms vénérés que se joignent les vôtres. Saintes filles de Dieu , qui vivez pour les autres, Anges à l'âme pure, au cœur plein de pitié , Qui , du fardeau du pauvre acceptant la moitié ,
IVe rabaiuloiinez pas dans sa pénible voie ;
Vous qui , dans ses malheurs le cherchant avec joie ,
Lui faites oublier, en souffrant avec lui,
Et sa propre infortune , et le bonheur d'autrui !
3Iais on respire enfin : il semble que la peste
De Paris décimé veuille épargner le reste.
C'est en vain que , par bonds ranimée un moment,
Elle reprend sa force et son acharnement.
L'art qu'un nouvel espoir soutient , élève , inspire ,
La combat, la terrasse, et reprend son empire.
De trépas si nombreux les cieux étaient lassés , Et la voix éternelle avait dit : C'est assez !
Mais que vont devenir les enfants des victimes ? Orphelins malheureux, quelles mains magnanimes Viendront vous recueillir, et vous offrir ce pain Que d'un père au tombeau vous attendrez demain?- Qui donc, prenant pitié de leur jeune indigence, Pour ces pauvres enfants seconde Providence, Viendra, d'un vêtement couvrant leur nudité. Les sauver des horreurs de la mendicité ? Riches ! il vous revient, ce noble ministère; Le bonheur à ce prix vous attend sur la terre.
Heureux qui, parmi vous, sentant sa mission. Pour le malheur d'autrui plein de compassion , Trouve à le soulager ses plus nobles délices ! Des plaisirs éternels il goûte les prémices : Chacun de ses bienfaits lui rend le jour plus doux. Il marche dans la vie , aimé , béni de tous ; Et lorsque du voyage il sent venir le terme , Il redouble d'espoir, et son pas reste ferme : Car il sent qu'il aura là-haut pour défenseurs Tous les infortunés dont il sécha les pleurs.
ENVOr.
Madame, en ces jours de souffrance , Le cœur rempli de charité.
Sous les abris de l'opulence Vous appeliez la pauvreté.
Honneur à vous ! De la richesse C'est noblement savoir jouir.
Faire le bien , c'est la sagesse, C'est le bonheur, c'est l'avenir.
Déjà votre fdle adoptive , Par vos leçons digne de vous.
Dans sa joie innocente et vive , Aime à presser vos deux genoux ; Déjà du nom si doux de mère Sa voix répond à votre voix :
Kt sa tendresse vous est chère , Car c'est l'enfant de votre choix.
Qu'à vos côtés elle grandisse En vertus, en grâce , en heaiité-, Et que sans cesse elle bénisse En vous son ange de bonté.
Par le bonheur de Victorine , Vous assurez votre bonheur :
Le toit qui reçoit l'orpheline Est toujours béni du Seigneur.
i> ÎJallan ^e iltintt-Btnunt.
Il is tnic — It is tnie. — Wc arc shadows rold and wan; Il is (rue. — It is Irue. — AU Ihe friouds wc lovcd arc gone.
Th. Moore.
Vallon de Mont-Benoît, oh ! j'aime ta nature Grave , austère , tes monts couronnés de grands bois -, J'aime ton cloître saint, sa noble architecture • Qui porte la pensée aux siècles d'autrefois '9.
J'aime tes soirs si purs, tes fraîches matinées , Les suaves parfums qu'exhalent tes sapins; Et le Doubs qui t'arrose, et ses rives ornées De forêts , de hameaux, de rustiques moulins.
Mais de ces lieux chéris tout le charme s'efface Devant un souvenir qu'attristent des regrets ; Beau vallon, dans ton sein tout porte encor la trace D'êtres chers à mon cœur et perdus pour jamais !
Salut, blanche maison, là-haut sur la colline ! Que souvent autrefois, dans tes murs abrité , Heureux de mètre enfui de la ville voisine , J'ai goûté les douceurs de l'hospitalité !
Laïeul vivait encor. Sa famille nombreuse Lentourait chaque année aux jours de la moisson ; Tout fourmillait alors dans la demeure heureuse , Et Dieu semblait bénir et l'hôte et la maison.
Ses fils, nobles guerriers, nous disaient la Victoire Adoptant nos drapeaux , et puis les trahissant; Ils nous disaient aussi comme on paya leur gloire , Quand sous le Léopard l'Aigle expira sanglant.
Car tous ils avaient pris leur part de la bataille
Où les peuples, vingt ans, luttèrent corps à corps;
Tous ils avaient senti le poids de la mitraille ,
Et combattu , sans peur , les grands combats des forts.
Général à trente ans , l'un d'eux aux Pyramides '•^ Parmi les plus beaux noms avait inscrit le sien ; Et d'un pacha vaincu dans ses courses rapides , 11 nous montrait encor le sabre égyptien.
Aux champs de l'Italie , aux gorges de l'Espagne , Le sort l'avait conduit, et jamais épargné; Et vingt fois pour la France, en la vieille Allemagne^ De son sang généreux le sol fut imprégné.
Au fond de la Russie , une large blessure Qu'il reçut (;n chargeant devant ses grenadiers, Avait fait à son front la plus noble parure Qu'ait pu rêver jamais un chef de vieux guerriers.
C'est qu'alors qu'il fallut à la Graiulo-Redoute
S'élancer à l'assaut, baïonnette en avant,
A travers l'ennemi se frayant une route ,
On l'avait vu marcher lui-mèmo au premier rang.
Champs de la Moskowa, champs de triste mémoire. D'assez de sang alors vous êtes-vous gorgés ! 0 3IortI sois satisfaite et chante la victoire : Cent mille hommes d'un coup par le fer ravagés !...
Mais parmi tous les noms de ces géants de guerre Qui dans ces lieux encor bravèrent le trépas , Le tien resplendissant de gloire militaire , Le tien, comte Morand, ne scflacera pas.
Et pourtant dans nos jours de deuil et de misère. Toi, si noble et si pur , vieux soldat mutilé, Ils t'ont proscrit!... Trois ans sur la terre étrangère Tu mangeas dans les pleurs le pain de l'exilé !
Le droit nous le rendit , et non pas la clémence , Sentiment inconnu dans ces malheureux jours , Que lui-même d'ailleurs eût pris pour une offense. Et dont il eût rougi d'invoquer le secours.
Pour tes bons habitants ce fut un jour de fête. Quand tu revis ce fils, vallon de 3Iont-Beîjoît, Quand il vint , simple et fier , pour abriter sa tête , Au hameau paternel redemander un toit.
sa
C'est là iino depuis lors il établit sa vie, Se nourrissant (rétiulc et d'un lon^j souvenir ^ Citoyen vénéré , pour sa France chérie , Rêvant avec espoir un meilleur avenir.
Ses frères l'entouraient, noble et digne assemblage D'hommes purs, sans reproche, intrépides soldats ; Les uns jeunes encor, d'autres vieux avant l'âge. Mais tous devenus chefs au milieu des combats.
IVous leurs neveux , leurs fils, camarades d'enfance, Près d'eux nous accourions aux derniers jours d'été. — Tout fier de ses enfants, heureux de leur présence. L'aïeul semblait revivre en sa postérité...
Et voilà maintenant la maison solitaire ! In étranger Thabite , et ne me connaît pins !... Aïeul, petits-enfants , vaillants hommes de guerre , Quinze ans sont écoulés, qu'êtes-vous devenus?...
Combien de vous sont morts.'... morts avant la vieillesse. Ce temps où nous croyons rencontrer le repos ; Sans avoir respiré les (leurs de leur jeunesse. Combien ont descendu le chemin des tombeaux î...
Ah I de vous tous du moins je garde la mémoire , Et l'espoir consolant de vous revoir encor; A l'immortalité qui pourrait ne pas croire Quand il pense aux amis que lui ravit la mort .'...
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