‹ Traditions populaires de Franche-Comté; poésies, suivies de notes. VignettesChapitre 6 sur 14 · A MON AMI J L · texte numérisé non relu

A MON AMI J L

Mens enim qui ad extcrna non dissipatur , noqiie pcr scnsiis in mnndum dilTunditur, redit quidcm ad seipsam , jjcr se auloin ad Dci cogilalionem asceiidit.

Episl. II , Basil.

Exempt d'inquiétude , Dans ton gîte , à Roulans, Tu charmes par l'étude Ta longue solitude , Poète de vingt ans.

Oubliant ta jeunesse , Dans des livres choisis Tu puises la sagesse , Ce fruit qu'à la vieillesse Le Seigneur a promis.

Et ta voix qui module Des vers que je chéris.

Craignant trop qu'on ladule , Ne sort de ta cellule Que pour quelques amis.

Savoir et poésie !

Va , c'est un beau trésor ; C'est pour l'âme choisie La goutte d'ambroisie Au fond du vase d'or.

Eiiivn>s-rn ton ânip , Knivres-en ton cœur :

Le baiser de la femme , Quand l'amour le réclame , IV'a pas plus de douceur.

Vas où le flot te pousse , Sans peur de dériver ; A des bords pleins de mousse Ta barque , sans secousse , Est sûre d'arriver.

Aujourdhui la campagne Est triste sous Ihiver ; Et ta belle montagne , Sous le froid qui la gagne , N'a plus uu rameau vert.

Sous une brume épaisse Le ciel est sans couleur :

Ce voile de tristesse , Qui sur les monts s'abaisse , Pèse aussi sur le cœur.

Mais, comme un oiseau, sage.

Pour djarmer tes longs soirs, Tu chantes dans ta cage Les notes d'un langage Tout plein de doux espoirs.

Ta muse qui frissonne A l'aspect des frimas , Pendant qu'elle tisonne , Avec esprit chansonne Les travers d'ici-bas.

Ou bien la rêverie Te jette mille vers , Et ton âme ravie , Qui i)lane sur la vie , Embrasse l'univers.

La nuit , à Dieu s'élève Ton chant brûlant d'amour -, Et ton mystique rêve Bien souvent ne s'achève Qu'aux feux naissants du jour.

Puis, fleurisse l'épine , Revienne le printemps , Tu sors de ta chaumine, Et ta muse butine Tous les bluets des champs.

Comme une chrysalide Qui devient papillon , Fuyant ton gîte humide , Le caprice te guide A travers le vallon.

Tout n']iRMHl lexistence :

(iVst l'instant solennel -, Tout iiormo , tout s'élance ; Et ton chant recommence Plus libre sous le ciel.

Tu nous dis la nature Louant son Créateur ; Les bruits de la ramure Pour toi sont un rnurmurc Qui chante en son honneur.

Dans les branches fleuries , Dans un ciel tout en feu , Dans l'herbe des prairies , Tu le vois, tu le pries; Dieu partout , toujours Dieu I

Jules, ta vie est bonne !

Qu'elle aille ainsi long-temps-, Que celui qui la donne.

Jamais ne t'abandonne A nos flots iDConstants !

Adieu!... ma jeune muse Est causeuse aujourd'hui ; Mais la rime l'amuse ; Je sens qu'elle en abuse , Ami , pardonne-lui.

^|)icbaub îi^ UciitVIjittel.

Warum zaudcrt mein Salgar? — Hat cr sein Woit vcrgcssou?

Goethe.

Aulrc n'aurai.

Dni.ir de Pnii,irPE-Mi-BoN.

Mon rœiir est lourd, le repos ijuc j'aimais j Je nu l'ai plus , jamais, jamais.

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