LES GROTTES DES QUARANTE
=mUPRÈS du village de M. Jean Nicolaïdes, Vêse trouvent des grottes que l’on nomme Sd jes Groites des Quarante et qui servent de résidence aux génies.
Plus d’une fois, les gens du pays, revenant de leur travail, ont vu ces grottes magnifiquement illuminées.
Les djinns y célèbrent leurs fêtes et leurs noces.” Ces génies sont fort obligeants et ne sont point les ennemis des hommes. Quelquefois, surtout au commencement du mois lunaire, ils invitent les femmes de passage et leur font prendre part à leurs réjouissances.
Il y a une trentaine d’années, une femme turque de la famille d'Horoumm, fut enlevée dans les Grottes des Quarante. Elle y resta trois jours et trois nuits.
Les génies étaient revêtus des habits des femmes du village. La femme Horoumm en re-
connut quelques-uns et particulièrement celui de la fille de Hassan-Agha (le seigneur du village). La femme s’approcha doucement du djinn vêtu de cet habit, dont elle détacha délicatement un pan.
Elle apprit que les vêtements déposés dans les garde-robes sans invocation du Prophète, de Jésus-Christ ou de la Vierge, étaient enlevés par les génies lorsqu’arrivaient les jours de fêtes.
Au bout de trois jours, la femme Horoumm revint au village et raconta ce quelle avait vu chez les djinns. Les matrones se mirent à rire, disant qu’elle avait l'esprit dérangé.
« Vous ne voulez pas me croire, s’écria la femme Horoumm. Eh bien! allez voir le vêtement neuf de la fille de Hassan-Agha; j'en ai coupé un pan chez les génies. »
Les femmes allèrent chez Hassan-Agha et purent se convaincre que la visiteuse des djinns avait raison.