‹ Traditions Populaires Du DoubsChapitre 3 sur 12 · IÔ · texte numérisé non relu

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Le Tombeau de Barbe de Semur, a Fourg

(Canton de Quingey)

peu près au centre du village de Fourg, il existe un étang près duquel on remarque les ruines d'un château qui paraît avoir été érigé par un duc de Bourgogne. Ce château était entouré de fossés. On arrivait à la porte d'entrée flanquée de deux tours par un pont à deux arcades, coupé par un pont-levis. Ce lieu était donc une maison forte ; mais les chroniques ne disent point qu'il ait été attaqué ni qu'il se soit trouvé dans la nécessité de se mettre en état de défense. Les deux tours existaient encore en 1 790 et furent renversées à cette époque comme des monuments de la féodalité.

La chapelle de ce château renfermait le tombeau de Barbe de Semur ; on voyait sur une pierre longue la figure en bas-relief de cette noble dame, et, au pied de la figure, on lisait cette épitaphe touchante :

« Si tu t'enquiers, viateur, quelle dame « Repose ici et gist sous ceste lame,

« Tu trouveras dedans noblesse enclose.

« Virginité et de vertu la rose ;

« Vingt ung ans rendirent le corps meur

« Bel et parfait de Barbe de Semeur,

« Et en ce temps mort lurent cet outraige,

« Qu'elle l'a print à la fleur de son aige.

« Du Pont-de-Vaux, la comtesse sa sœur

« A fait du corps ce tombeau possesseur,

« Qui décéda en janvier le vingtième,

« L'an quinze cent et quarante deuxième. »

Histoire de l'Amant noyé

(Canton de Quingey)

}A Loue formait jadis un lac étroit entre deux longues chaînes de rochers. Il ne ^ reste aucun vestige de la digue qui retenait les eaux de ce lac, vu que les flots en ont roulé les débris dans le Doubs. Au reste, tous les habitants des rives de la Loue content, chacun à sa manière, Vhistoire de V amant noyé.

Saint-Bernard avait fondé le moutier d'Ounans sur les ruines d'une chapelle votive dédiée à la mémoire d'un damoisel victime d'un imprudent amour.

Le vénérable H il aire, archevêque de Besançon, nous a conservé cette histoire.

« Cinq à six siècles en ça, vivait à Clair- Vent un riche homme de Bourgogne, qui joignait la déplaisance à la fierté. Les tourelles de son château se miraient dans le lac de la Loue, Il avait une fille belle à ravir, et qui n'était pourtant mie glorieuse. Cette jolie pucelle aimait un gent ménestreux de Montbarey ; mais Rainfroi, dur et chiche, ne voulait pas qu'elle épousât le pauvre Philippe, et la vive Alicette fut mise en étroite prison, malgré ses pleurs. Philippe alors creusa un chêne à l'aide du feu, et quand la lune était à son décours, il traversait le lac, guidé par un fanal qu'allumait la nourrice d' Alicette. Il baisait la main de sa mie à travers les barreaux de la tour et revenait content de sa soirée. Mais sa boursette s'épuisa bien vite à payer la nourrice avaricieuse. La maudite goyne souffla une nuit son cierge, et le canot mal dirigé dévala tout à fond. Philippe se noya tristement. Peu de jours après Rainfroi passa lui-même de vie à trépas, et sa fille libre enfin j ura de retrouver son amant mort ou vif. Elle fit rompre à Parrecey la digue qui retenait les eaux du lac, et Ton retrouva en effet à Chissey, où il avait chust, Philippe déjà tout défiguré.

« Alicette garda de lui perpétuelle souve-

nance et bâtit la chapelle d'Ounans, où elle fut inhumée à côté de son doux ami. Dieu ayt son âme. Ainsi soit-il. »

Voilà ce que narraient les chastes bernardins en confabulant au réfectoire. On voit au musée de Dole les fragments d'un canot de la plus haute antiquité, creusé à l'aide du feu et à la manière des sauvages. Ce canot a dû être enseveli sous les eaux de la Loue longtemps avant que les Gaulois fussent civilisés.

(L. Dusillet. Le château de Frédéric Barberousse, p. 35 et aux notes p. 250.)

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