‹ Traduction-commentaire des instituts de Justinien avec le texte latin précédé d'une introduction historiqueChapitre 10 sur 65 · AU NOM DE NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

AU NOM DE NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST

César Flavien Justinien, vainqueur des Alemans, des Goths, des Francs, des Germains, des Antes, des Alains, des Vandales, des Africains; pieux , heureux , glorieux , triomphateur , toujours Auguste,

A la jeunesse désireuse d’étudier les lois (1).

lmperaloriam majestateni non solum armis decoratam, sed etiam legibus oporict esse armatain, ut utrumque tempos, et bellorum et pacis, rccte possit gubernari, et princcps romanes Victor existât non solum in hoslilibus

ftræliis, sed etiam per légitimas tramites calumnianiimu iniquitates expelens, et fiat tain juris religiosissimus, quant victis hostibus triumphator.

La majesté impériale doit non-seulement éclater par ses armes , mais encore s’appuyer sur les lois, afin qu’en tout temps , soit pendant la paix, soit pendant la guerre , l’État puisse être bien gouverné, et que le prince, restant vainqueur dans les combats et repoussant par les voies légales les iniquités de la chicane , se montre aussi religieux dans l’observation du droit , que grand par ses triomphes.

(I) Au moment où Justinien publie les Instituts, son général Bélisaire vient de disperser les Vandales sous les murs de Carthage; il nltacbe alors son nom, nonseulement à celui des peuples vaincus, mais encore de ceux qu’il se propose en vain de soumettre-

TRADUCTION -COSTMENT A IRE DES INSTITUTS

I. Quorum ulraniqtic viam cum summis vigiliis cl somma proviilentia, aiiiiiientc Dco, pcrfccimiis. El belliros quidcm sudores nosiros barharicæ génies subjuga nostra dcductæ cognogeunt, ei lam Africa, qnam aliæ innumerosic provincial posi Unla teinporum spalia noslris vietnriis, a cœlcsii nuinine præsiilis, ilerum dilioui ronianæ noslroquc addiur iniperio protes- Unlnr. Oinnes vero populi legibns lam a nobis proimilgatis qnam composiiis regiintur.

Ce double but , par les plus grands travaux et les plus grands soins , avec l’aide de Dieu , nous l'avons atteint. >'os exploits guerriers sont connus des barbares que nous avons réduits sous notre joug ; ils sont attestés par l'Afrique et par tant d'autres provinces que nos victoires , dues ii la protection céleste , ont replacées, après un si long intervalle , sous la domination romaine et sons notre empire. Tous les peuples sont régis par les lois que nous avons promulguées ou mises en ordre.

II. El cum sacraiissiinas ronsiiluiioncs antea confusas in Iticulcntam creximus consonanliam, tuncnoslram cxlendimus curara et ail immensa prmlcnliæ veteris voluinina, et opus desperatuni, quasi per medium profun- «1 uni euntes, cœlesii (avorc juin adimplevimus.

Après avoir placé dans une harmonie parfaite les constitutions impériales, auparavant si confuses, nous avons porté nos soins sur les innombrables volumes de l’ancienne jurisprudence, et déjà, par une faveur du ciel, nous avons terminé, en marchant dans un abîme de difficultés, cette entreprise désespérée.

III. Clinique hoc Deo propitio peractum est, Tribnniano, viro ningniüco, magistro et exquœsiore sacri palalii nosiri, nec non Théophile et Dorolhco, vins illuslribus, anlecessoribus, quorum omnium solertiam, et legiim scicnliam cl circa uostras jussiunes fidem juin ex muliis rerum argiiincntis accepimus, convocatis specialileriuandavinius, ut nostra aiietoritale nostrisqtie suasionibus coniponanl Inslitutiuncs : ut liccat vobis prima legiim cunabula, non ab antiquis fabulis discere, sed ab iinpcriali splendore appetcrc, cl tain atires quant anima- vestræ niliil inutile nibiique perperam positum , soit quod in ipsis rerum oblinel arguments, accipianl: et quodin priore Icinpore vix posi quadriennium prioribuscontingcbai ultuuc conslilutiones imperato-. riaslegerenl, hoc vos apriinordio ingrediamini, digni Uinto honore tantaqne reperti feliritate, ut et inilium vobis et finis legum crudilionis a voce principâli procédât.

Après que, grâce à Dieu, ce travail a été terminé, nous avons convoqué Tribonien (1), personnage éminent, maître cl ex-questcur de notre palais, ainsi que Théophile (2) et Dorothée (3), hommes illustres et antécesseurs, qui tous les trois nous ont déjà donné beaucoup de preuves de leur habileté, de leur connaissance des lois et de leur fidélité à nos ordres : nous les avons chargés spécialement de composer, sous notre autorité et d’après nos instructions, des Instituts; afin qu’au lieu de chercher les éléments du droit dans des ouvrages vieillis, vous les receviez émanés de la splendeur impé-

(1) Tribonien n travaillé au Code et an Digeste.

(2) Théophile , professeur à Constantinople , a travaillé aussi au Code et au Digeste.

(3; Dorothée, professeur à Béryte, a travaillé au Digeste.

PRt AUBCLE. 41

riale, et qu’ainsi rien d'inutile , rien de déplacé ne s’offre ni à vos oreilles, ni à votre esprit, mais ce qui s’observe dans la pratique des affaires. Jusqu’à ce jour, quatre années suffisaient à peine aux plus avancés pour arriver à la lecture des constitutions impériales ; mais vous, c’est par elles que vous commencerez, car nous vous jugeons dignes d’un si grand honneur et nous vous accordons la faveur si précieuse que les premières et les dernières leçons dans l’étude du droit émanent, pour vous, de la bouche du prince.

IV. Igitur postlibros quinquaginla Digesloruni seu Pandectaruni, in quos onme jus antiqiiutn collatum est, quos per etiuulcni virent excelsunt Triboniauunt, nee. non ctcleros vires illustres et faeumlissiums confections, in luis ipialuor libres easilem Inslilutiunes partiri jussiutus, ut sim totius légitimai scienliæ prima clemeoia.

Aussi, après les cinquante livres du Digeste ou Pandectes, dans lesquels tout le droit ancien a été recueilli par l’éminent personnage Tribonien, aidé de plusieurs hommes illustres et savants, nous avons ordonné de diviser ces Instituts en quatre livres, comprenant les premiers éléments de toute la science des lois.

V. In quibus brcvilcr exposilunt est, et qund antea oblinebat, cl quod postca desueluditte inumbralum, ab imperrali remedio illuiiiinaluin est.

Dans ces Instituts, on a brièvement exposé ce qui existait autrefois, cl ce qui était obscurci par le non-usage a été éclairé d’un nouveau jour par notre autorité impériale.

VI. Quas ex omnibus antiqiiorum Insliltilianibns, et præcipue ex commenlariis Gaii nnstri latn Instit iilroiium, quant Hcrunt quolidianartmi, aliisquc iiiultis commcnlariis compositas. cum 1res prædicti viri prudentes nidtis obtulcrunl, et legimus, et cognovimus, et pleuissinium nostrarum consiitutionum robur eis aeconiodavimus.

Ces Instituts, tirés de tous ceux des anciens, et surtout de deux commentaires de notre Gaïus, ses Instituts et son livre sur les Causes de chaque jour, ainsi que de plusieurs autres ouvrages, nous ont été présentés par les trois jurisconsultes nommés plus haut. Nous les avons lus et médités ; ensuite nous leur avons donné toute la force de nos constitutions.

Vil. Suinnia inique ope cl alacri studio has loges nnstras accipitc, et vosniel ipsos sic erudilos oMcndite, ut spes vos pulelierrima fovcal, loto légitima opéré perfeclo, passe etiam nostram reuipublicani in parlibus ejus vobis credendis gubernare.

Data undecimo ealendas décembres, Constantinopoli, domino nostro Jus— tiniano, perpelun Augusto, lerlium consule.

Recevez donc ces lois avec empressement et avec zèle ; montrez-vous tellement instruits, que vous puissiez être animés de l’espérance que vous serez capables, lorsque vous aurez achevé l’étude des lois, de participer au gouvernement de notre empire dans les parties qui vous seront confiées.

Donné à Constantinople, le onze des calendes de décembre, sous le troisième consulat de l’empereur Justinien, toujours Auguste.

TRiDümOj rOMMKNTAntB DES INSTITUTS.

Page 1