‹ Traduction comparée des hymnes au soleil composant le XVe chapitre du rituel funéraire égyptienChapitre 10 sur 14 · LiGXii.< XXIX el XXX · texte numérisé non relu

LiGXii.< XXIX el XXX

Salul à loi^ pénétrant au ciel inférieur^ et disposant des portes toutes ! Salut à toi au lieu (/?s Dieux, appréciateur des paroles au Kher-Neter !

Le n^ 3094 a, comme le Todtenbuç^, ^^11*] , mais les autres papyrus donnent ^^:^.

Lignes XXXI et XXXII. — 78

cm

Salul à loi, étant dans son nid,, créateur dxi ciel inférieur par sa vertu f Salut à toi^ le grandi,^ le maynifié ! Tes ennemis tombent dans leur lieu de

supplice.

Tous les papyru5 remplacent g-f ^ 3^ par Sj>ni. J'ai conservé le mot du Todtenbuch parce qu'il est bien dans le sens des textes religieux, qui mentionnent souvent Tœuf et le nid du soleil. Le nid et l'œuf sont, en effet, les emblèmes les plus naturels du commencement des choses. On connaît la belle allégorie d'Aristophane, dans les Oiseaux, sur Tœuf pondu par la Nuit et couvé par l'Amour ; mais un passage qui se trouve au début des lois de Manou, rappelle mieux encore les expressions égyptiennes: 4i Lui, Tesprit suprême.., il produisit d'abord les eaux, et il déposa en elles une semence productive.

« Celle-ci devint un œuf brillant comme l'or éclatant de mille rayons, et de cet œuf il renaquit lui-même Brahmâ (l'énergie créatrice de Brahma), le grand ancêtre de tous les mondes. » (Traduction de M. Pauthier). Le. Todtenbuch, au chapitre LXXXV, ligne 9, dit à peu près la même chose dans une allusion un peu complexe, il est vrai, car elle désigne le Dieu Ra comme créateur et comme astre à la fois. Le défunt se compare au soleil, Cainé des Dieux,[ "^-^/J 'î^l'^tf^ (lig. 6) : Mon nom est le jeune dans la contrée, l'enfant dans les campagnes... je suis l'esprit quia créé le Nun (l'abime des eaux célestes),.. mon nid n'est pas vu, f œuf n'est pas brisé ^ ?i ey?^ ^=^ ^^ W^-^ ^

- 70 - Lignes XXX ( et XXXll

^ç p \ 1^. (On trouve aussi au chapitre XXll. 1 ^ J'5':^^

P\ I ^ , j> brille dans l'œuf). L'enfant dans les campagnes esl le soleil à son lever, qu'on représentait souvent sous la forme d'un enfant assis sur une fleur de lotus, « le lotu$ pur sorti de la campagne dn Ra, w ^^^f^^=S^^t^ ^ (chap. LXXXr. 2), parce que les fleurs de lotus sortent de Teau chaque malin.

Ligne XXXIII. -^ 80 —

LifBf horizonUile.

1+^ j I ^h'^mn\ïïV;»7t^

Salut à loi\ tu as massacré les coupables^ lu as anéanti Apap !

Donne les soufftis délicieux de Vair à VOsiri^ Avfonkh justifié.

Au n« 3152, le phonétique du mot f J ^ 1^ : est représenté par le poteau seul 1 .

Le serpent, qui détermine ici le nom d'Apap, est l'emblème du mal ; il est aussi, sous la forme de Turœus, Temblèrae de la divinité en tant qu'elle châtie ou détruit; ce double symbolisme se retrouve dans le bel hymne indien intitulé le Mahimna : Siava (stances VIll et XIV). « Un grand taureau, un bâton de religieui mendiant, une hache, une peau d'antilope, de la cendre, des serpents, une tête de mort : ce sont là, Dispensateur de toutes les grâces, ton seul vêtement, tes meubles et ta seule parure. »

« Tu avalas toi-même le venin du serpent : la tache bleue que ce poison répandit sur ton cou. Dieu aux ttois yeux, ne rehausse-t-elle point ta beauté?» (Traduction de M. Fauche). L'esprit indien allait bien plus au fond des choses que le génie égyptien, comme on le voit par cette citation ; la différence des deux peuples sera encore plus sensible, si Ton compare avec les invocations du Chapitre XV une stance du Mahimna : Stava, qui leur ressemble dans la forme et pour le mouvement :

« Adoration à toi qui es bien près, Dieu chéri ! Adoration à toi, ce qu'il y a de plus petit, Destructeur de Tamour ! Adoration à toi, ce qu'il y a de plus'grandl Adoration à loi, ce qu'il y a de plus ancien.

8< — Li.iNE \X\111

Ligne hori/out;ilu.

Dieu aux trois yeux! Adoralion à toi, ce qu'il y a de plus jeune! Adoration à toi, qui es le tout! Adoration à toi, qid es au-delà du tout et qui renfermes le tout! » (Stance XXIX).

LiGNB- XXXIV. — 82 -

O^vre I'Artienti Jlarocris, le r/rond qui ouvre la terre^ le grand qui se couche dans la montayne de VOccidenl^ illuminant le ciel inférieur par ses splendeurs [et) les âmes, dans leur demeure secrète^ en brillant dans les sepulchres

Le Todtenbuch passe le mot ^ Ê^ qui est dans tous les papyrus. Le n<^ 3090 avait sans doute répété par erreur,[au commencement de cette phrase, Tinvocation des lignes précédentes : Salut à toi I car une déchirure y laisse voir les signes %J^ ayante ^^ . Bonis est nommé ^i^^D^ F^N » ^^ ^^^* vaillant qui ouvre la terre, au n* 3063.

Deux papyrus (Leide et 3248) remplacent le second ^^ par la préposition <=> qui dégage mieux la phrase. Le n' 3089 donne la préposition ^ — ^ , et le n* 3090 supprime aptes q^ le mot 'r=r? et le mot suivant ; il continue par ^^ j^ : rAmenti est ouvert par Haroëris, le grand Dieu qui ov/ore, il se repose, etc. Je crois voir une assonance cherchée dans^ q^ ==? et^ oD • Le n* 8450 remplace ^l|^

^ SS P^** o^ ^ ^ fciS^ • ^ Papyrus magique Harris parle aussi de la montagne qui est dans Aher (V, 4) ; c'est d'ailleurs la même que celle de l'Occident. J'ai conservé avant ^ la particule /^-a qui se trouve aux n*' 3151 et 3248.

Horus Vaine, Apowipic, « Apollon et le plus ancien Horus, » d'après Plularque (traité dlsis et d'Osiris, c. 12), était le fils de Seb (^D^ '*^— '^:5>J^chap. XVII, lig. 74), el par conséquent le soleil luimême : on trouve au chapitre CXXV, 36 ^ u ^n-~^cï Horus dans son disque, pour : Ra dans son disque. Il est représenté ici comme

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ouvrant TAmenti el la terre. Tous les endroits par où passait le Soleil, étaient en effet pourvus de portes, comme le prouve le début dramatique du chapitre CXXX :

« Ouvre, ciel ! ouvre, terre I ouvre, midi I ouvre, nord I ouvre, occident I ouvre, orient I ouvrez, les deux demeures du sudi ouvrez, les deux demeures du nordi écartez-vous, battants! ouvrez-vous, portes de Ra par où il sort de l'horizon ! Il a ouvert la porte de la barque, il a écarté les battants de la cabine, etc. )>

Je citerai aussi au chapitre XLII, 19,^ \i 0^^ 1 ^ J E 7^

i — ° sT ct\

brille, il éclaire les clôtures une à une. Ra n'est point privé de son gardien, passage à passage, passage à passage; et "^ ^,^ , ^^ ^ ^ ,^, «ff? • f ouvre tous les chemins qui sont au ciel et sur la terre (chap. LXXIII, 2, chap. IX, 3). Le disque solaire luimême s'ouvrait, car l'un des quatre avirons mystiques est nommé f j ^jmr\\ -|-^t^rt^(chap. CXLVIII, 33), le dominateur qui ouvre le disque, le bon (?) aviron du ciel du nord. (Je marque bon d'un signe de doute, parce qu'il n'y a peut-être là qu'un déterminatif et non un adjectif, si les observations qui ont été présentées au sujet de la ligne 27 sont justes).

Le mol^ ^^tombeau^ est le C.wo?\, foramen,xo')\ foramen, fissura, caverna^ specus, creux, en grec xorXov, xotXaç (^I|P^, sarcophage). "^ \ cri3 qui veut dire chapelle, et quelquefois aussi tombe (Chabas, Seconds Mélanges, p. 100), paraît venir de la môme racine; il ne faut pas confondre cependant -^^^^^^c^^ celui qui est dans son tombeau (chap. LXXIV, 1), avec f \^ Il ^ ^^.xelui qui est dans son naos (chap. XXXIX, lig. 12 et lig. 13).

Ligne XXXV -- 84 —

ex o

itf,\% ^ \.^m tovs^-^

leurs. Lançant fe mal au coupable, lu anéantis Vennemi.

Le n^ 3087 fait suivre ^^ de -^37 , iont ennemi y et le n« 4890 le met au pluriel.

Ligne XXXV r

LOsiris Aufankh justifié, fils de Sa-l-Khem justifiée, il dit en adorant Ba

Ha/remkhu, quand il se couche dans Ankh : Gloire à toi, /îa, gloire à loi. Turn, à ta venue

Le n® 3082- remplace tj^w ^ » gloire, par |^^ ^ » invocatton

Ligne XXXVII — ^«6 —

embelli^ couronné, fail puissant ! Tu traversés le ciel^ tu passes sur la tente ^ tu rejoins le haut du ciel dans la clarté. Les deux régions devant loi à s'abaisser^ elles donnent à toi adoration^ se réjcmissent les Dieux

Entre f "^t? ^' â K^ ^ n" 3082 et 3087 intercalent les phrases suivantes :

Le dernier signe, indistinct au n« 3082, dont j'ai reproduit la version, est la lettre ^^=^ d'après le n<* 3087 ; je n'ai pu lire avec certitude, dans ces deux papyrus, le signe qui précède tl^^Y • ^'®^* le mot ]^ , mère, ou le signe de l'oeil-*^ , VUta. Si c'est le mot qui veut dire mère^ comme je le pense, le terme 4 J<s , repli, en C. Ke&£.e, plicatura, désigne sans doute la posture dans laquelle on représentait souvent la déesse Nu, qui, soutenue sur ses pieds et sur ses mains, imitait par son dos allongé l'hiéroglyphe du ciel. Ce passage peut se traduire ainsi :

(Gloire à toi, quand tu arrives... puissant) dans le pays de la Vie, dans le sanctuaire de l'horizon occidental, dans tes campagnes qui sont dans la terre d'Amen, ayant ta déesse derrière toi. Salut à toi en paix, à toi qui te réunis à la divine mère, et te caches dans son repli» détruisant les fléaux I Ta. face est sauve dans le pays de la Vie, et tu

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vis. Elle réunit sa vertu salutaire derrière tes membres (et tu traverses le ciel, etc.).

Le n® 5450 ajoute ^ . chaque jour, à I) ^^ "^ 'ttt* t gloire.

Le mot^^ o , clarté, pourrait bien avoir, par métonymie, quelque rapport étymologique avec le mot Ij-f- I]^|"o disque, lequel me parait dériver à son tour d'un radical an ou ant signifiant anneau, cercle. Ce radical est resté dans le syllabique rasn et dans^ ^ ou ^I^c. ^ anneau, d'où est sans doute venue la valeur n à la couronne basse ^ , qui n'est guère en effet qu'un cercle, comparée à la mitre 4^ . Le mot cercle (the golden rrywnd, comme dit Shakspeare dans Macbeth) s'applique encore quelquefois aux diadèmes. Nos mots an, anneau, les mots latins annus, annulus, et même les mots grecs ivuxtnoçj froç, année, ëwç, d'un an, rappellent l'égyptien an, d'autant mieux que l'anneau, le cercle, est }e premier emblème qui se présente à l'esprit pour figurer l'année. On peut comparern ;p ttT ann^«, en hébreu, avec ^ S^ circuit, en égyptien, et le copte pdAurj, annus ^ annulus, ansaf avec l'égyptien czz:! ran (en C.p6n,r7f, nom), représenté par un anneau. Je rapprocherai encore du radical an le syllabique q} qui semble, dans certains cas, figurer une espèce d'arc. Cette ressemblance, qui aurait son analogue dans le copte t^à^K , arcus et annulus, appuierait» si elle était réelle, une remarque de M. Chabas d'après laquelle le nom de peuple iji^l ,', signifie les archers; elle montrerait aus*i que [jj peut n'être pas un polyphone, et que les Egyptiens avaient deux termes pour désigner l'arc, an et pet. L'antithèse contenue dans la phrase ^^^à^i^ î ^^llX 1 1 1 ?fî» (Zeitschrift. 4867. p. 77), est sans doute un jeu de mots : trado arcnm meum régi ad prœcipitandos populos arcitentes.

(ie CAmenli tie tes beautés. Adoré (far ) les tnystérienses denieuri's^ fovJ dt^

offrandes à toi les grands^ lu as crée eux, salut df la terre. Conduit ((mr j cetij ifui sont dans rhorizon, ntene (pctfj ceux qui sont dans l'archr.

Comme le Todtenbuch exprime rarement la conjonction el, on peut prendre à son défaut le mol y^^ ^ \ hahitants de lAmenti, de torcident, pour un adjectif se rapportant à ^ *] 1 J j de la ligno prtVAlenle, ou pour un subslanlif signifiant les morts, comme à la ligne iS.t'^^iJi rappelle, de sens et de forme, le mol latin mânes, désignant à la fois les âmes, le séjour des âmes et les Dieux de ce séjour, ainsi qu'on peut le voir dans VEnéide :

Si potuit mânes arcesscre conjugis Orpheus (liv. VI, 119). Audiam cl haio munes vcniet mihi faraa sub imos (liv. IV, 387). Red falsa ad cœlum mittunt insomnia manos (liv. Vf, 800)

Le n' 3087 donne m i '}^ , Dieux de TAmenti, DU inferi, el

j'ai préféré la traduction qu'indique ce papyrus, parce que les Dieux de l'occident sont cités ailleurs, par exemple au chapitre CXU, 48, ni^t^ ; le Todtenbuch nomme aussi les Esprits de l'occident, qui sont Atum, Sebek, et Athor infernale (chap. CVIII, 9).

L'oiseau lié au poteau a ici la valeur kemam, d'après les n" 3063, 3079, 3082 et 3087. J'ai introduit dans le texte du Todtenbuch la forme complète du mot, parce que ^'i'^ pourrait ûtrc confondu aver. -S-'T ^ "^"^ ce qui ferait signifier k la phrase : les grands, que sont-

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ils pour toi, la sauvegarde divine du monde ?=^ du Todtenbuch et des n*' 3063 et 3089, est remplacé dans quelques textes^ (Leide, 3151 et 3153), par un simple trait qui en fait la préposition — . C'est une erreur qui rend évidente la leçon du n* 3082, qui, à^ , substitue ^ sur la terre. Le scribe du papyrus a vu dans*^ la préposition 1^^ sur, et l'a rendue en abrégé par

Liiiuh XXXIX. - 90 ~

il$ dinent : Gloire au retûwr (de) la Majesté! ($oisJ tenu, 611, arrivé ei»

;;rt/x I C) A toi, acclamation^ seigneur du ciel^ roi d^Aker t Embrassé (far)

ta mitrn Nu

Ia) n' 3082 ajoute au texte ordinaire, après ^>SJ^ un membre de phrase assez curieux : z^ f^^ ^^^ i !^lSi2 «^^'<» respiré, par les espriti de l'Occident ; ienti veut dire vénéré ; le respect des Égyptiens pour leurs grands allait jusqu'à se prosterner, à respirer la terre devant eux, ? ^rrr. C'était, d'après la très-ancienne inscription du tombeau do Plah-Ases, une grande faveur de ne pas respirer la terre devant le roi, mais de sentir seulement les genoux de Sa Majesté (de Rougé, Mémoire iur lei iù» premièrei Dynasties, p. 68). Cette servilité graduée montre clairement jusqu'à quel point l'Egypte manqua , dès la plus haute antiquité, d'une aristocratie indépendante.

Après 7^1 le Todlenbuch parait avoir omis ^ , qui se trouve au papyrus de Leide et au n* 3138. Les n*"' 3082 et 3087 remplacent

i— I) Vv^.'y POf ^^TTT ^ . t7« te disent, et font suivre ^ de la formule f ^ P , vie, salut et force. Le n* 3152, au lieu de^^^£ arriré, a p || ^^, vérifié, qui me parait une faute. Un autre papyrus le II* 3063, change, à tort aussi, en fn~XV^ réjouissance, les groupes vT^raX^Mâ^- Le verbe i|^ qui les précède au Todtenbuch et au n« 3I5( est généralement remplacé dans les papyrus par le mot )) J\ , A, invocation, que j'ai adopté parce que telle est sans doute la vraie lo^on, et parce que cette apostrophe rend la phrase plus vive. Quelques

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papyrus (Leide, 3082 el 3087), disent ^^ r t^ .dominateur de lAmenti; le n<^ 4890 a^^^l|^û^, roi dans Aker. Le nom de la déesse Nu est remplacé au n« 3063 par ^^5 ^ , dans te Nun, et aux n^' 3082 et 3087 par le nom de la déesse Isis : Horus, fils d'Isis, était souvent identifié avec le Soleil. Le n^ 4890 écrit Nu^ ^^ Celte variante confirme la lecture Nun de M. Chabas, qui pense que la déesse^ est, sauf le sexe, la même divinité que le Dieu ^^ J .

J'ai traduit J ^1| ^^ par viens, viens I mot à mot sois venu {bis); .}a répétition du mot indique en effet un appel, et M. de Rougé a fait voir, dans son étude sur la stèle de Thothmès IH, qu'un verbe suivi de la marque passive était quelquefois un impératif gracieux. On trouve une tournure du même genre dans Tinscription du conquérant Amenmeri-nout, publiée par M. Maspero (lig. 14; Revu^ archéologique^ mai 1868).

Le mot I]^4^» dans t] ^ii ^ f ^ r^sp^ , embrassé par ta mère, exprime l'action protectrice des déesses et se lit fréquemment sur les canopes, comme le montrent les inscriptions du Sérapéum de Memphis, publiées par M. Mariette. L'idée de sauvegarde était rendue figuralivement par un vautour étendant ses aites, et je crois comprendre, d'après cet emblème, comment le vautour a pu devenir la coiffure des reines mères et l'hiéroglyphe de la maternité : avec les ailes entr'ouvertes le vautour symbolisait, outre la protection, le gouvernement, et, avec les ailes repliées, la souveraineté de la haute Egypte, de même que l'aigle représente en Europe le pouvoir royal, et, avec certaines différences de forme, l'empire français ou l'empire autrichien, par exemple; le double ou triple sens du vautour convenait bien pour exprimer que les reines mères protégeaient le pays en conservant la royauté, de sorte que le vautour, choisi pour être leur coiffure honorifique, aura désigné d'abord la reine mère, puis Tidée de mère en général. On peut voir

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