‹ Traduction comparée des hymnes au soleil composant le XVe chapitre du rituel funéraire égyptienChapitre 11 sur 14 · LI6NE XXXIX · texte numérisé non relu

LI6NE XXXIX

dans YArt Égyptien de M. Prisse d'Avennes, un beau portrait de la reine Taia, coiffée d'un vautour supportant un autre vautour aux ailes tendues, ce qui me parait réunir toutes les significations de cet oiseau. La chouette ^ , à laquelle le vautour ^ sert quelquefois d'homophone pour le son m, a un sens beaucoup moins compliqué ; sa valeur doit lui venir simplement de son nome^oY, chat, lequel se retrouve dans le C. ^ov\ &2î , chat qui ne fait rien (pendant le jour) et KÀKK^x^nn , chat-himnt : kàkkà , que nous a conservé aussi le C. ÀU|KÀK , clamare, est l'égyptien za Vvza ^ ^ ou on J^, qui désigne par imitation le cri perçant de certains oiseaux, et rappelle nos mots français cancan, caqitet, ainsi que l'hébreu T7Çx:p, gémissement^ et le sanscrit ^^ , kékd, cri du paon.

— 93 — Ligne XL.

voyant son fils^ en toi^ en seigneur de la crainte^ très terrible^ se couchant dans Ankh dans Vintérieur de ta nuit. Porté Cpo^rJ ton père Tanen, étendus

ses bra^

On lit dans tous les papyrus, excepté au n** 4890, 2fj» au lieu de «^du Todtenbuch, qui est encore une faute causée par la ressemblance des groupes. Le mot suivant ^ ^^ \==^f ^st déterminé par y^ aux n^' 3082, 3087 et 3152 : ce signe, suivi de la voûte céleste où pend une étoile, le remplace au n® 3063.

Le soleil figure ici comme un Dieu terrible, et il en est de même au Papyrus magique Harris, dans un passage où il s'agit aussi de son coucher : « Les entrailles de l'animal sauvage sont saisies, lorsque ta barque passe à la montagne cachée (V, 4 et 5). » Je crois qu'il y a là une allusion à Tespèce de tristesse voisine de la crainte qu'inspirent en Orient les grands crépuscules verdâtres du soir. Les Grecs appelaient le crépuscule ^sDr,, de 3ioj, crainte. — Le pouvoir d'efifrayer paraissait très important aux yeux des Égyptiens, et il allait jusqu'à représenter pour eux la divinité, car on le trouve employé, en parlant de la déesse Sekheti comme une sorte de support du pronom personnel, de même que

îtîîTT" delaligne45:;^j:f^:— VÂic^^^X^Xn^ ™'^~J^,^,/^5 âmes vivantes qui sont dans leurs sépulcres adorent

l'effroi que tu causes (c'est-à-dire ta divinité terrible) toi qui es leur mère

(chap. CLXIV, lig. 6 et lig. 7). Aux chapitres IX et LXXIII, le

Soleil est désigné simplement par la qualification d'esprit très terrible

6^^^^ ^« ^ "^If , tandis que vers la fin du chapitre LXXVIII, où

ces deux chapitres sont paraphrasés, il est nommé par son nomf ^'^=5^

Ligne XL. — 94 —

Œ^^çiSb. Le chapitre LCÏ, <, interpelle « les grands esprits très terribles y l'effroi des Dieux, celui qui s'élève sur son grand trône, » et la suite montre que c'est le Dieu Ra, Les textes funéraires promettent aux défunts cette faculté d'inspirer une crainte religieuse, et il y a au Louvre une stèle qui ne parle presque pas d'autre chose. On lit au chapitre LXXXVIII, 1 : je suis le crocodile au milieu de V effroi qu'il inspire ^i^'^^'^^T^ g . et au chapitre XLII, lignes 16 et 17

ne vous trouvez-vous pas au ciel du sud, du tiord, de roccident, de l'orient ? Sa terreur est dans vos ventres. L'élu égyptien devenait redoutable dans chacun de ses membres^, \ ^^ ^1^^ (chap. CXL, 4), et il en imposait même aux Dieux : '^^ tS ^^ ^^— ^ ^ i "111 "Sk?^ i '^-^ î (chap. CXXX, 29), grande est la crainte, profonde est la vénération quHl fait naître dans le cœur des hommes, des Dieux y des esprits et des morts.

Tanen est un titre de Ptab qui n'est pas toujours appliqué à ce Dieu, puisque le Papyrus magique Harris appelle Tanen le Dieu Âmmon-Ra (IV, 5). Au Chapitre XV, Tanen est le père du soleil, et cet astre arrive à son coucher dans les bras de son père Tanen et de sa mère Nu, ce qui rappelle un autre passage du Papyrus magique Harris : « tu es embrassé par ta mère, lorsque tu arrives à Thorizon de l'occident, et la terre ( ====? ) tend ses bras pour te.recevoir (VI, 3 et 4). » Lç symbolisme dç Tanen (terra ipsa) opposé à Nu (le ciei), est assez clair : la terre, Ta, nom masculin en.égyptien, et le ciel, iVu, nom féminin, sont considérés comme engendrant le soleil. Le sens d'un petit chapitre du Todtenbuch, le LXXXVII', prouve bien que les Égyptiens donnaient quelquefois la terre pour père au Soleil. Ce morceau, facile à comprendre malgré sa forme un peu énigmatique, est intitulé : « Chapitre pour se changer en Sa-ta (le fils de la terre, mot déterminé par un serpent). L'Osiris... dit : Je suis Sa-ta, la longueur des années, je meurs

— 95 — Ligne XL.

el je nais chaque jour ; je suis Sa-ta. habitant des limites de la terre, je meurs, je nais, je me renouvelle, je rajeunis chaque jour. » Sa-ta figure à la fois le cours du Soleil et la durée du temps qu'il mesure : on le reconnaît facilement, d'après ces attributs, pour un emblème solaire; mais un nom divin cité au chapitre CXL^ 7, est plus explicite encore et pourrait presque passer pour une variante développée de S J , c'est : =ttv /Il P ^^ "^ ^? 1 » ^« t^^^^ engendrant éternellement le corps et Pâme du soleii

L'expression «ff? U » P^^^ désigner la terre, n'est pas inusitée ; on la trouve justement en opposition avec le mot i^i ^ , l'abîme céleste,

au chapitre LXXXIV, 4 .'^^^Xi^S^'ti^Xi ^xiil-* le Nun ne me connatt pas, cette terre des millions d'années ne me connaît pas. Il me semble cependant que les Égyptiens ne l'ont pas toujours comprise, car ils l'ont écrite de différentes manières» ce qui déguise son origine ; on trouve dans un papyrus du Louvre = (n^ 3063) ; '^ == (Leide et 3152), se voit aussi dans un fragment dont le numéro est compris entre les n^' 3090 et 3129. Le ^ de cette dernière forme indique peut-être que le mot rrr admettait le genre masculin et le genre féminin, comme certains mots français ; j'ai remarqué, en effet, au chapitre LXXII, 2, les deux genres =Fi- ^ \ HH^'tt? «E- » et au chapitre LXIV, 10, l'orthographe f^n^^ llH U = J • ce qui s'accorde assez avec un passage du chapitre GXLVIII, où l'occident personnifié sous un nom féminin, ^^ , tend ses bras pour recevoir le défunt et sa femme (lig. 24) . La forme r^x '=*\l|tl \]=i montre que ii a bien dans ce nom un sens démonstratif, et Ton trouve de méme^ g^tlH 11 , cet Osiris (chap. VIII. 2).

Le Dieu Tanen, père du Soleil, dont on remarquera aisément la ressemblance nominale avec Déméter, ^AyAmp, la terre, mère ^ Cérès, est sans doute une de ces vieilles divinités primitives dont les âges plus récents négligent ou surchargent la signification trop simple. Je <;rois

LwjNE XL. ' — 90 —

le retrouver dans le nom d'une des demeures d'Osiris mentionnée par le chapitre XVII, qui semble à la ligne 82 y reconnaître la terre, et en faît à la ligne 83 le lit d'Osiris : 4^ iL c?i. T ^ lA^ a \~i^ • ^e chapitre des cent noms d'Osiris cite Osiris dans Tanen ^^t 1 A J (lig. 10). Les Égyptiens croyaient que l'âme d'Osiris était au ciel et son corps dans la terre : j^ ^^^^t^^st^^?» ^c^^VJ^, le ciel a ton âme, la terre a tes dépouilles (de Horrack, Lamentations, pK II, lig. SI ; la même phrase se trouve au Todtenbuch, chapitre CLXIII, lig. 7, seulement û'^oj j y est remplacé par^ "^^^ ). Cette explication rendra compréhensible la fin du chapitre GXXIX : Jhoth dit à Ra : Tanen [la terre) repose sur son maître. Ra dit à Thoth : Que son âme soit comptée pour sortir et entrer dans la barque du Soleil. Son corps restera dans sa demeure.

11 est donc probable que Tanen n'était pas un nom géographique, comme M. de Rougé semble lé penser dans son beau Mémoire sur les six premières Dynasties (p. 71). Le nom d'un très ancien prophète de Ptah, qui fut en même temps prophète de Sakar dans toutes ses demeures dans Tanen , ^ 1 î V il J J Z^'^^^ llh^ W '^ ' ^^ paraît signifier simplement prophète du Dieu dans toutes ses demeures dans cette terre. Le Soleil, dont Sakar était la forme nocturne chez les Egyptiens, se couche en différents endroits suivant l'époque de Tannée ou la position de l'observateur, ce qui pourrait expliquer la pluralité de ces demeures, en même temps que la légende du démembrement d'Osiris.

Il y avait dans certains temples une salle ou chapelle nommée Tanen, qui étail peut-être consacrée au culte du Dieu Tanen, ou qui pouvait rappeler le symbolisme que contient cette forme emphatique du mot

— 97 — Ligne XLI.

derrière loi^ devenu divin sur la terre. Tu es- confié aux zélateurs de r Osiris

Aufankh justifié, fils de Sa-t-Khem justifiée, en paix, bis, Ra lui-même. Dit

• O q lorsque Ra se couche

Les papyrus montrent que le copiste du Todtenl)uch a transposé la préposition-^— % qui doit précéder, non pas z^^ , mais t\^^ ; • I^ 7 a deux versions difiërentes de cette phrase : la première, qui est celle du papyrus de Leide et que j*ai suivie parce qu'elle modifie moins que l'autre le texte du Todtenbuch, signifie que le Soleil est confié aux zélateurs du défunt (ou de la défunte H--i^i^P i Leide), identifié avec ce Dieu. La seconde (n''' 3089 et 3151) dit qu'il est confié à son

zélateur, le défunt ^,*^ ^ ^^^M^^"<--J^*"- ^'^^^ ^^^^ Tanen qui agit, car le n« 5450 donne, conune le Todtenbuch,^ ~ ^, : ce papyrus a ensuite "^ tj -è^« • . , et serait correct sans ^ qui ne se comprend pas. Je regarde aussi comme fautive la leçon du n'' 3152 : ^\S^ II—© ^^Œ>J^ ^=^ '^ f etc., il te donne le zélateur d'OsiriSf en paix. C'est le contraire qu'il faut comprendre, comme le prouvent même les n"" 3083 et 3087, qui remplacent la phrase discutée par un passage de forme bien différente, mais où se retrouve cependant l'idée de protéger le Dieu. (Jot qui es devenu divin sur la terre) f

:^^ ^. %jz , et veillé à ton coucher dans ta demeure au pays d'Amen, viens à rOsiris,. . Àtum, [dieu) adoré, regarde-le chaque jour, lui qui t'aime.

Ligne XLI. -- 98 —

Les n"^ 3082 et 3087 n'ajoutent rien à celle phrase, et passent à l'hymne qui suit (lig. 43).

Plusieurs autres textes, au lieu de ^ ^ ^, disent f j| ® , Ra, qmter Leide, et n" 3089, 3151, 3152, 3248, 545Ô).

J'ai traduit^ , donner, par conp^er, qui est plus précis et qui s'accorde bien avec recevoir, ^ ^ , mot employé au chapitre CXXX dans la description d'une scène analogue à celle-ci : î V JP^ i^'H^^czi 8 rSlffi JL=77rf — ? T (lig. 21 et lig. 22), let Khabesu (certains astres personnifiés, les décans, ou simplement les astres, les âmes) reçoivent, privés de joie, la face de Ra. On voit que l'action de recevoir le Dieu comporte ici une certaine tristesse, et je crois que le coucher du soleil était comparé à une sorte de défaillance ou même de mort, puisque, deux lignes plus loin, le chapitre CXXX parle de la momie du soleil :

-37- (lig. 24), l'Omis Aufank justice descend dans ta barque, il replace ton trône, il reçoit ta momie. Ra s'identifiait alors avec Sakar- Osiris, le seigneur des momies ^s^rr; j ^♦^ i (chap. CXXV, 39). Aussi la vignette du chapitre CXLVIII, au Todtenbuch, montre-telle dans les bras de la déesse de l'Amenti Osiris ayant la tête d'épervier du Dieu Ra, scène qui symbolise la réunion du soleil nocturne avec la terre, et représente le soleil couché, le soleil mort. Cet astre, en effet, semble mourir quand il disparaît, et c'est dans ce sens que M. Leconte de Lisle a intitulé une de ses belles poésies barbares, qui est la peinture d'un couchant d'automne, La Mort du SoleiL On lit aussi dans un joli poëme indien, La Mort de Çiçoupâla : « Le jour a suivi le Soleil au tombeau : pourquoi resterais-je, moi, sa femme, sachant, hélas! que je suis veuve de mon radieux époux? Et, ce disant, la Sandhyâ (le crépuscule) mit fin à sa carrière. » (Chant IX, traduction de M. Fauche). « Le cocher de Yenoudàri l'emporta évanoui &ors du combat, comme

- 99 — Ligne XLI

Anoûrou emmène des cieux le Soleil à la chaleur éteinte, quand il est arrivé au bout de la basse région. » (Chant XIX).

Ce qui n'était qu'une métaphore pour l'auteur du Çiçoupâla-badha, est devenu un dogme en Egypte. Le chapitre CLXII du Todtenbuch donne de curieux détails à ce sujet : après avoir recommandé de mettre au cou du défunt un amulette d'or en forme de vache, et sous sa tête une peinture delà même vache, ce qui doit lui rendre sa chaleur naturelle, il ajoute -^^^fe^X kraV\1=^J-:^?J l^ (lig. 9), c'est une protection très grande, très grande. C'est ce que fait la vache pour son fils le Soleil quand il se couche. La vache représente ici la déesse mère qui reçoit le soleil dans ses bras qu'elle lui passe autour du cou., et la protection qu'elle lui donne rappelle les soins d'Isis pour Osiris.

Ligne XLIl. — 100 —

dans Ankh, ses bras abaissés.

Le n® 3152 dit^if^^s?^^ ^Vè» '^* *^^* abaissés devant lui. Au lieu de ÎK^^ il y » J 5^ j^^ au n** 315* ; le rituel de Leide, bien que mutilé en cet endroit, présente aussi des traces certaines de la même forme. Ce dernier mot signifie courber, fléchir. On trouve l'expression courber téchine^tS — ^^.^ J^J^^Li^^ papyrus Anastasi III, 5, 1 1, et au papyrus Rhind, courber (^ ]^J ) l'épaule a pour équivalent le démotique oushut, adorer.

— 101 — Ligne XLIII.

Adoration de Turn se couchant dans Ankh.

L'Osiris Aufankh justifie, fils de Sa-l-Khem justifiée, il dit en adorant Turn

se couchant dans Ankh, donnant ses clartés au ciel inférieur : Salut à toi, te couchant dans Ankh,

La correction de ^ du Todlenbuch en A--^ des n*»* 3082, 3087, 3089, 3152 et du papyrus de Leide, est nécessaire, car le Todtenbuch semble dire que les clartés du ciel inférieur ne viennent pas du soleil, tandis que c'est lui au contraire qui les envoie. J'ai ajouté au mot clartés le pronom possessif^*— d'après Leide, 3089 et 31 5< . Le fragment hiéroglyphique 3094 donne pour délerminatif au mot Ij ^ l'homme défaillant, dont l'hiératique ressemble beaucoup au soleil rayonnant; c'est une confusion qui rappelle l'homophonie de^ ^^^.4 > ^^* hommes, les humains et de ^ ^ /i\ j , clartés. Le n"* 3087 écrit ce dernier groupe Il)j\ ^ I)l| • • • , ce qui est un bon exemple de la valeur am pour le signe jf\ .

Le n"* 3063 diffère des autres papyrus pour la fin de cette ligne :

^37v^ f T âS (Turn), toi qui te couches dans ta demeure d'Amen, viens à t Osiris... Salut à toi en paùa, [toiqui\ te couches dans le pays de la Vie I

Ligne XLIV. — 1(I2 —

père des Dieux, lu rejoins ta mère dans Amen, reçu (dansj ses bras chaque

jour y naissant (a Sainteté dans la demeure de Sakar, réjoui d'amour. Tu

Tfrrr

IIUU

a.s ouvert les portes à

Cette ligne contient au Todtenbuch quelques petites irrégularités graphiques faciles h corriger : le signe qui détermine tt est évidemment une copie trop exacte de l'hiératique de cr^ , le déterminatif de Sakar ne doit pas être une déesse, mais un dieu, et le deuxième signe du mot suivant est l'hiéroglyphe^^ un peu oblitéré.

^^ est à l'actif : quelques papyrus (Leide et 3079) lui donnent la terminaison passive, qui ne change guère le sens : tu te réunis ou tu es réuni.

Le n** 3063 abrège ainsi cette ligne : (père des Dieux), % ^f^^j

j^ l^zl ^^ K^^ ^ ^ ^^=^^ ^^* ^^ '"'^^^^ * Sakar-Osiris, réjoui de ton amour. Ce papyrus finit là.

Le mol I) ^ , dont les papyrus fournissent les variantes phonétiques ^I1X(3079, 3082),^=-. tl (3087),- 1] ^ (3090, 4890). et 1^ X.- (3094), est un substantif qui s'emploie ici comme verbe, à moins qu'on n'admette la variante du n** 3094 : — 1) ^ |\^ — 5 J^^t^, pour la renaissance de ta Majesté. Ce mot, d'après M. Chabas, désigne la filiation (de Horrack, Lamentations, p. 10) : je crois qu'il s'applique aussi à la maternité et qu'il a quelque ressemblance avec jfi P ; on trouve, en effet, le défunt appelé le fils des deux Uta (yeux symboliques) d'Àmmon : ^ H>- — \ kt É ê ^ (chap. CLXIII, 10), et, d'un

— 103 — Ligne XLIV.

autre côté, Sekhet est nommée la grande, la régente des Dieux, celle qui enfante sous le nom de mère, f'fdf^l^J 111 ^IVT ^— — ^SW*^ À (chap. CLXIV, 10). Ce dernier sens est resté dans le C. GT . prœgnans, gravida, gravidam esse, et c'est avec des expressions semblables qu'Apulée, dans son style précieux et fleuri, parle de Dieu qui, fécond, donne la naissance, prœgnans parit. Au Chapitre XV, 1 ^ veut dire sans aucun doute naître, renaître, et fait allusion au perpétuel rajeunissement du soleil : 51? ^îH^^^^^^ M. foT "^^© Q ^ j» !^!S^ i (chap. XLII, 16), lui, cest l'enfant qui foule le chemin dhier, et c'est aujourd'hui, de génération en génération ; c*est encore, d'après le Papyrus magique Harris, l'unique qui se forme des millions et des centaines de mille [de /bi«)»^e ^^ ^, ; S^* ; (IV, 1). Les papyrus varient pour la fin de cette ligne ; quelques-uns donnent pour sujet au verbe ouvrir le mot mère, 5\^ ^^s^^b^^JS P ^^.Sta mère la grande f ouvre les portes (3082, 3087, 3152). Ceux qui n'ont pas ^St^^ ajoutent .SX à^|, ^ (sauf le n* 4890), Plusieurs font dépendre ^'^ def ttt i on: [la demeure de Sakar réjoui de) ton amour. On t'ouvre, etc. (Leide, 3079, 3089, 3151). D'après le Todtenbuch, le n*' 4890 et le n<» 5450, c'est le Dieu lui-même qui ouvre les portes à l'horizon.

Ligne XLV. — i04 —

Vhorizon^ tu le couches dans la montagne de l'Occident^ les lueurs sillonnent la terre pour éclairer les Mânes : ceux gui sont au ciel inférieur invoquent^

'^fe^fsî ^

ont confiance^ voyant toi chaque jour. Tu donnes reposer

On trouve aux n«' 3087 et 3152 ^^^«rf^^SSau lieu de ■55^ Vm F ûâ ; le n" 5450, qui donne la même leçon, met l| ^ à la place de<=> . Le moi '^-^ est écrit d''^J-a dans les papyrus, sauf au n* 3090 ; il signifie labourer, ot peint à merveille les rayons obliques du couchant qui, arrêtés par les moindres obstacles, sillonnent le Sol de larges bandes d'ombre et de lumière ; les n*** 3082 et 3087 le font suivre de la préposition "^ , et suppriment <=>- qui suit 'rr? (te$

rayons) fn>\^J^ P ttt V^==> P t^^£:3 sillonnent iur la terre, tilth minant rAmenti. Le n<'3152 passe ce membre de phrase.

Les autres papyrus, à l'exception du n* 3090, ont ^^'^^ î , les habitants de PAmenti;^^ qui précède ce root au Todtenbuch est une addition inutile et incorrecte : on ne disait pas en égyptien les deux mondes de l'occident.

La fin de la ligne, au Todtenbuch et au n^ 4890, est très fautive ; je l'ai corrigée d'après la leçon ordinaire des papyrus :"9"$\,^.^^cr33T P^X°-â^^I^e f\ î 5 ^P— ^^(Leide, 3079, 3089, 3151. et 3082, 3087, 3090, 3152 ; ces quatre derniers n'ont pas ^ttt) : cem qui sont au ciel inférieur Vinvoquent avec acclamation, ils prennent confiance en te voyant chaque jour. J'ai laissé de côté ^ Pft^s^^j

— 105 — Ligne XLV

parce que le sens de la phrase est bon sans ces deux mots qui, cependant, faisaient sans doute partie du texte officiel. Les papyrus ajoutent généralement <3?^ à aj . 0^ I ^ n"^^ est la même expression que q^ l| ^ TS^Si de la ligne 34, ce qui montre que les Égyptiens regardaient, au moins quelquefois, le verbe H^B^, cacher, comme le radical de f£2» l'occident, opinion bien préférable à celle de Plutarque, qui voit dans «/xéySyjs les mots prendre et donner, \J^^^^l:h I^j^a^, probablement (Trailé dlsis et d'Osiris, c. 29). M. Le Page Renouf, néanmoins, rapproche TAmenti, sous son ancienne forme ^, de ^ tll^ô"] j , les morts, mot qui varie au chapitre LXIV, par ressemblance de son et de sens, avecl]f*^l)ll^; (Zeitschrift, 1867, p. 60). D'après M. Le Page Renouf, la voyelle 1 aurait été par déplacement mise en tête du mot. Il y a un exemple de ce déplacement dans la variante I] ^ ^^^ ^ du nom d'Ammon (de Rougé, Mémoire sur l'inscription du tombeau d'Ahmès), mais dans le mot qui veut dire arrivée en barque, mort, la voyelle ne s'omet peutêtre point, tandis qu'elle peut s'omettre certainement dans le mot qui veut dire cacher, comme le prouve la variante ^ men du nom d'Ammon, et le verbe ^ ^ du Papyrus magique Harris, III, 5. (Ce dernier verbe s'écrit aussi \\^ "^ , d'après les variantes de la ligne 9, de sorte qu'on pourrait prendre :s^^ ^^^^ de la lig. 44 et du chap. CX, il, pour une forme de^ ^ ). D'un autre côté, les Egyptiens n'ont sans doute pas attendu, pour désigner le couchant, que le mot^^I)^ , aborder, ait passé par une série de métaphores au sens de mourir, d'ailleurs un peu forcé pour exprimer, dans le langage ordinaire, le couchant. L'idée de se cacher, au contraire, est fort naturelle, et rappelle les mots couchant, occident, Sucitç, g ojtit. Si séduisante qu'elle soit, l'explication du Todtenbuch reste douteuse, car le mot \ , qui a un correspondant en hébreu et peut-être une origine sémitique, se

LiGNï XLV. — 106 -

rattache par son double sens d'occident et de main droite à une question assez obscure : l'histoire de l'orienlation des Egyptiens.

Voici par quelles hypothèses je me rends compte de cette question, sans y rencontrer, d'ailleurs. Tétymologie de ^ :

Il est probable que l'Egypte a été peuplée par une race blanche venue d'Asie ; si l'on admet que cette race s'orientait d'abord comme les peuples sémitiques, on comprendra pourquoi Vhéhrea^^ rx^ ^ droite^ se retrouve dans le Ce^nv, auster, et pourquoi ^n^^ri, vent du sttd ou de la droite est identique h'THtfiG/Knir, ventus australis. Le sud placé à droite montre que le soleil levant devait être en face, ce que parait indiquer aussi le mot X , orient (otjBc, adverms, contra ; .les Hébreux disaient de mêmeD^rt? anterior, orientalis). Mais les Egyptiens, une fois engagés dans la vallée du Nil, ont pu s'orienter en se tournant vers le sud, leur direction probable, soit qu'ils fussent poussés de ce côté par de nouveaux arrivants, comme les Barbares au moment de leurs grandes invasions en Europe*, soit que le besoin de s'étendre, naturel à un peuple jeune, les attirât vers les terres libres, comme il arrive maintenant aux Etats-Unis qui se développent vers l'ouest. Cette tendance semble avoir laissé une trace dans le nom du sud quand il s'écrit avec le bras, qui désigne souvent la direction,^ ^ . Quoiqu'il en soit, les Egyptiens regardèrent le plus souvent l'occident comme situé à leur droite, l'orient comme situé à leur gauche, et le nord comme situé derrière eux, *^ . (Ils appelaient aussi le nord***=^ , probablement la mer ;Q p , la mer, était l'occident pour les peuples sémitiques). On sait de plus que dans les bas-reliefs des petites pyramides votives l'adorateur du soleil est tourné vers le midi (de Rougé, Notices sommaires sur les monuments égyptiens du Louvre, p. 66), Dans l'hypothèse que j'avance, la droite aurait donnéson nom à l'occident f? , et la gauche ( P ^IV, en hébreu SNnxtr ,.

— 107 — Ligne XLV-

Chabas, Voyage d'un Égyptien, p. 217), aurait au contraire reçu le nom de Torient, | .

Cependant, Tancienne orientation était toujours usitée, surtout, je crois, dans le nord, plus voisin des peuples sémitiques ; il semble même qu'elle ait fini par reprendre le dessus, comme on peut le conjecturer d'après le mot copte e/f^ny, qui désigne à la fois le vent du sud et Toccident, et d'après l'emploi, dans les textes Ptolémaiques, des symboles du nord et du sud, ^ et ^ , dans le sens de gauche et de droite [Goodwin, Zeitschrift, 1868, p. 57). Cette sorte de confusion devait avoir des inconvénients assez graves, parce que les noms de la gauche et de la droite, répandus évidemment par tout le pays, se trouvaient liés à des points cardinaux différents. C'est, je pense, pour ce motif qu'on modifia la valeur phonétique du mot ^\^ , prononcé sans doute à l'origine ament comme l'occident ; on en fit ^ 5\\> » ^^ C. OTnà^JK , ce qui le dégagea de tout rapport immédiat avec les points cardinaux. Quant au mot 4" » il ne se retrouve même plus avec le sens de gauche dans le copte, qui Ta remplacé parBoTp,gfioTp, le côté extérieur (de môme que les Latins disaient cornes exterior ou interior pour compagnon de gauche ou de droite) et par ^ffe^SHTTpYo^jye , dérivés probablement de 712?, manus, et dey^J^debilitare,6(0&, , debilis.

La Grèce homérique avait aussi deux manières de s'orienter; ainsi, dans l'Odyssée (III), Minerve dit que le couchant est derrière, tandis que dans l'Iliade (XII), Hector, en parlant des augures, place le couchant ou les ténèbres à gauche, et l'orient ou le soleil à droite, sans doute parce que les devins préféraient avoir le soleil à leur droite, c'està-dire du côté propice. Les Latins, eux, s'orientaient en se tournant vers le levant, comme les Hébreux, les Arabes et les Indiens.

Ligne XLM. -- 108 —

les Dieux sur la terre : tes serviteurs ce sont, ils sont à ta suite, âme sainte,

aya^it engendré les Dieux ^ étant muni lui de ses facultés, non connu, le Sent-

sem c^est, grand

Le commencement et la fin de cette ligne sont fautifs au Todlenbuch et au n® 4890, car ^(p ^et^ ne se rapportent à rien ; j'ai suivi la leçon des autres papyrus ; quelques-uns passent le pronom qui suit ^ (3082, 3087, 3152), d'autres ajoutent ^« àT fi (Leide, 3079. 3090, 3151) ; les pronoms, lorsque la clarté du sens ne les exige pas, s'écrivent ou s'omettent à volonté dans les textes.

Lesl)©^^ ; , dont l'épi thète ordinaire est^^, mystérieuses (chap. XVll, 91, chap. XVIII, 28 et 29, Papyrus magique Harris, IV, 2 et 3), désignent les formes que prenaient les Dieux ou que pouvaient revêtir les esprits^et les facultés attachées aces formes, double sens qui rapproche le mot tantôt de^ j.. «, naissance, transformation, le Devenir des Allemands, et tantôt de l"^^ \ , vertu, puissance. Ainsi, au chapitre LXXVIII, lig. 10, le défuntdit : ^^T^ ^M'^® ^4 ! t V* ^ ^ J ^^^l^^T^i i/Éi^S'^l^y^ *^'^ l'^''^ des esprits qui sont dans V esprit, je me transforme en ses formes, et à la ligne suivante :

;^o^tV^%^lfl-V.?. M M^JW^l ! ^i?«? T é il est

parmi les esprits qui sont dans l'esprit; il prend la forme des membres du Dieu. On lit, au contraire, au chapitre XLII, 17 : H^f ^ jffji ^ ses formes sont au-dedansde lui, ce qui semble bien se rapporter au pouvoir de prendre les formes divines ou à la puissance qu'elles donnaient.

— 109 — Ligne XLVI.

P Vf Vt ^ du Todtenbuch, ainsi que du n* 4890 et f^^p/f des autres papyrus, est un titre que M. Lautb propose de traduire par grand (détaille), (Zeitschrift, 1868, p. 43), et M. Cbabas par atné, [Papyrus magique Harris, Glossaire, p. 231). L'interprétation de M. Cbabas me parait appuyée par les passages suivants du Todten-

bucb :^iQ^>J1-]kin^è%^Xf V"/î * mon père est Seb, ma mère est Nu, je suis Horus Sems^ c'est-à-dire Haroéris, Honis l'aîné, qui, en eflfet, était fils de Seb (cbap. XXXI, 8) ; ^ |S ^ J J ; p'^^^9^(cbap, XXXVIII, i),je suis le couple de lions, l'aîné de Ra; ici le mot Sems ne peut guère s'appliquer qu'à la filiation, comme dans la table d'Abydos dédiée par Séti I*^ ^X^^^fj^P l'héritier, le fils royal, Vaine de son ventre.

Ligne XLVH. — HO

dans son mystère ! Repose ta face bonne pour COsiris Aufamkh justifié^ fils de Sa-t-Khem justifiée, Khepra^ père des Dieux! (car) non on souffre pour réiernité par ce livre^ je m*affermis sur lui.

Tous les papyrus onl>i~ à la suite de ^^p\^, que plusieurs déterminent par en (Leide, 3079, 3082, 3089). Le n* 3082 ajoute ici cette phrase, par laquelle il finit : l -^^^^D^^ ^^^ Jô"^? <D X V 9 ^ t^^i J^ î'^ parcours le ciel en brillant aux deux horizons, tu rayonnes ehaque matin. Que la face soit favorable à r Osiris... Le n^" 3087 se termine par les mêmes mots, mais sans donner ce qui n'est pas au Todlenbuch : ^ ^"^ f^ etc.

Quelques textes font suivre le nom du défunt par "^ I|-^-^^^ ® "j M>^X^i^ s^tywew dévoué à Ra, à Osiris et à Khepra {père des Dieux, etc., n**' 3079 et 3090), et leur leçon pourrait bien être la vraie.

A la place de celte addition, le n'' 3152 a J J ff f^ H m 3IÉ\ V^ ^S^ nil^yi^nit i^ fidèle des deux Justices dans Ta-ser, justifié comme Khepra, père des Dieux. Ce papyrus continue par ^^ ^v-vj o I , etc., de la ligne 16. L'idée du Dieu justifié est bien égyptienne, car le chapitre XXXIX mentionne la justification de Ra contre ApapS^Xtn^-T^A^C. (Iiff.i5).

Le papyrus de Leide remplace I)^^vpar<=> "^^N , et le n*^ 3090 dit simplement "^gX- Dans ce dernier manuscrit ^^ est écrit ^^f .

La clause finale du chapitre commence à"r2=f^PJ/^ ; elle était

— m — LioME xLvn.

récitée par celui qui avail écrit le chapitre ; c'est pourquoi ses premiers mots ne sont pas écrits à Tencre rouge, comme l'en-tôte des autres rubriques.

Plusieurs chapitres ^avaient pour effet d'empêcher la souffrance : fjg'^jol, il ne souffre plm jamaÏR (chap. XXXI, 12] et il^ — ^c"*^*^ ^ ^ f on ne souffre pas, sachant cela (chapitre LXXXV, titre). Les Egyptiens ne paraissent pas avoir compté entièrement sur leurs vertus personnelles et sur le jugement de l'âme pour être délivrés de tout mal, <( tant Tàme a peur, comme dit Platon dans le Phédon, de l'invisible et de THadès. » Ils avaient recours en outre à l'influence de cérémonies et de prières dont le Livre des Morts est le formulaire officiel. Pour certaines prières, il suffisait de les savoir (Todt. passim), ou de les faire graver sur son cercueil (chap. I el chap. LXXII) ; pour d'autres, il fallait les dire avec des formes prescrites et en faisant des offrandes (chap. CXXV, CXL, CXLIV), ou bien à des époques fixées (chap. CXXX, CXXXIII, CXXXIV, CXXXV, CXXXVI, etc.). Plusieurs chapitres devaient être inscrits sur des amulettes (rouleaux de papyrus ou emblèmes), qui se mettaient soit au cou, soit à l'oreille droite, soit à la place du cœur, soit au genou, soit sous la tête, soit à n'importe quel membre du mort (chap. XXX, C, CI, CXXI, CLV, etc., CLXII). Quelques-uns, comme le CXLP et le CXXXIII*, pouvaient être dits par les vivants pour eux-mêmes ou pour leurs proches. Enfin, Va pratique de ces prescriptions procurait encore des avantages icibas : le chapitre CXXXV faisait parvenir à une heureuse vieillesse, le chapitre CLXIII empêchait d'être mis à mort par le roi ou emprisonné, etc. La connaissance du chapitre LXIV allait même jusqu'à justifier dans ce monde et dans Vautre, ce qui est assez immoral -^^^ Ë,?;^V1J.^(lig-30).

Tous ces préservatifs n'étaient pas de trop pour détourner les périls

Ligne XLVII. — n^^ —

extra-terrestres, qui menaçaient môme les génies, puisque le défunt, repoussant les huit crocodiles des quatre points cardinaux, apostrophe ainsi l'un des deux crocodiles de l'occident :^^£=z P} ^v^pf -f ^ ^= t|® ^^f^^^^.^irnére / crocodile de l'occident, qui vis de$ Àkhimu Urtu I (chap. XXXII, 2). Les élus pouvaient élre égorgés : ^^ 5 1

c^ u <?>'^"^c^i ^— ^^v T^ , ouvre, retraite I ouvre, retraite oil les esprits tombent dans les ténèbres I dit le chapitre XLIV (lig. 1), intitulé Chapitre pour ne pas mourir de nouveau dans le Kher- Neter. Un serpent nommé Sali vivait du massacre des élus et des damnés |^^ { N^^^'^'^il tt^ ! (chap. CXLIX, U). 11 habitait dans le Kher-Neter une de ces mystérieuses demeures nommées aa, qui étaient particulièrement dangereuses; Tune d'elles est appelée U^-\^tî-^ n-;^^®'5.lli V— *l^ M-i-- (chap.

CXLIX, 38), cette demeure des bras qui emportent de force les esprits. Les damnés n'échappaient même pas par l'anéantissement aux tortures sans cesse renaissantes qui les attendaient, et on les trouve souvent représentés comme des ôtres vivants sous leur nom de deux fois morts [quisque suos patimur mânes) :^^ W^'^^^^r \ T T rr: (chap. CXXXIII, 14), les deux fois morts le voient [el tombent) sur leurs

^ ?rf — ^ ? Ht ^-^^^ 5> (chap. CXLIX, lig. oo et lig. 56, 13" aa). Les dieux, les élus et les damnés voient son eau en passant, mais leur soif ne s'y éteint pas, leur désir ne s'y apaise pas : c'est afin qu'on n'approche pas d'elle (de cette aa). Les Egyptiens n'admettaient pas la destruction complète de l'homme, au moins oflBciell©ment, car ils avaient aussi leurs incrédules, s'il faut en croire une très curieuse phrase du papyrus Prisse, le plus ancien livre du monde, traduite et citée par M. Goodwin : j 0\^<S> |o— ^ ^^i>S-4^^ ^t^ I — '"^sr^^d^ — réjouiS'toi pendant le temps de ta vie : un qui

— lis — Ligne XLVII

entre au coffre en sort-il? (Zeitschrift, 1867, p. 95). Il y a loin de ce scepticisme déclaré aux promesses réitérées du Rituel, et, par exemple, à la remarquable expression du chapitre XLII -^ Jl,j^(| Vf^]J=i.

^ M ^{^^\<^Â>^^\^t^ "^^[lig.UUet Osiris Aufankh justifié, qui est Unnefer justifié^ renverse année par année sous lui,

une à une.

LigxeXLVIII —114,—

// est (lit 'par le ayant écrit cela : (que) mon cœur repose en récompense^ {que soit) donné à moi de disposer des pains, des breuvages, et de me réunir avec le livre après (ma) durée de vie.

J*di admis, d'après les numéros 3079, 3090, 3151 et 5450, la préposition a — a à la suite de "3::^ . Tous ces papyrus, ainsi que celui de Leide, remplacent aussi ^^ par î » ^ ; le n** 4890 lui-même donne ^ : à la rigueur*^ serait correct, mais ^ i ;j^ , qui semble la vraie leçon, fait mieux voir le sens de la phrase. Le n^ 3089 à^^ i\^ ^— ^ pour \\ ^lx~» ^^ ^"^ montre bien que le copiste du chapitre prend la paTole. Ici , le copiste n*est autre que le propriétaire du Rituel, puisque plus loin il exprime le désir d'être réuni à ce livre.^ V^v^^ If \ , celui qui écrit cela, ne veut pas dire qu'il fallait copier soimême les formules sacrées, c'est une façon de parler analogue à celleci : $i roTh sait ce chapitre sur la terre, ou si on l'inscrit sur le sarcophage, on sort chaque yof/r.^^^-S-Y®^I| ^"^^"l^t] ; ^^^ '^ <=>.D ^H^—S;^ ^ ^ (chap- 1, lig. S« et lig. 23j. Si on Hnscril équivaut d'une manière évidente à : si on le fait inscrire.

Le mot " ^ signifie un livre, mais^ se dit aussi au Rituel de certains chapitres : il désigne le CXXV% le CXLII», et, à partir du GXXyiI% tous les textes un peu étendus qui se rapportent au dieu Ra : ^^^ est donc le Chapitre XV, comme ™^ est le chapitre CXXIX, 5^<s>-=»'^™'^?t| ^^5;:--', celui qui aura fait ce chapitre vivra (chap. CXXIX. 7).

— 115 — Ligne XLVIIl.

Le possesseur du chapitre demande, en récompense de ce qu'il l'a écrit ou fait écrire, à lui être réuni après la mort; il le considérait donc comme un véritable talisman. L'explication de cette croyance se trouve dans la rubrique déjà citée du chapitre V : si Von sait ce chapitre $ur la terre ou si on rinscrit sur le sarcophage, on sort chaqw jour ; il est probable qu'on devait, primitivement, apprendre par cœur les paroles divines pour jouir des privilèges qu'elles accordaient, mais l'attiédissement de l'antique ferveur fit sons doute remplacer la connaissance des textes par leur dépôt ou leur inscription dans l'hypogée. C'est ainsi que les lamas thibélains se dispensent de réciter leurs prières en faisant tourner une roue sur laquelle elles sont écrites. (Barthélémy Saint- Hilaire, le Bouddha, chap. I).

L'espoir de manier les pains et les breuvages peint au vif le caractère égyptien, beaucoup plus utilitaire que philosophique. Les promesses du Rituel ne répondent pas toujours à des désirs bien relevés, «

comme on peut en juger aussi par l'appendice du chapitre CXXXVI, l'un des plus explicites : « On dit ce chapitre sur une statuette d'élu mise dans cette barque. Alors, purifié et lavé, on place de l'encens en flamme devant fta, et des pains, des breuvages^ de la viande et des canards, ce qui procure ce passage dans la barque de Ra. Le défunt qui a fait cela est dans le lieu des vivants, il ne souffre jamais, il est comme un Dieu saint, rien de mauvais ne lui nuit, il devient un esprit bienfaisant dans l'Amenti, il ne meurt pas de nouveau, il mange et boit avec Osiris chaque jour, il est passé avec les rois de la Haute et de la Basse Egypte, il boit l'eau à la source du fleuve, il fait l'amour, il sort le jour comme Horus, il vit, il est comme un Dieu, il est adoré par les vivants comme le soleil. Il t'est bien défendu, bien défendu de faire cela pour qui que ce soit, excepté pour toi-même. » C'est là le paradis de Mahomet bien plutôt que le songe de Scipion (V. le

Ligne XL VIII. — 116 —

Koran, chap. LV, LVI, LXXVI). On voit que les Egyptiens attachaient une grande importance à la satisfaction des besoins du corps ; aussi le Rituel, pour ne pas laisser place au doute, leur promet-il quelquefois, avec le boire et le manger, tout ce qui s'en suit (chap. X, 3, chap. XLVIII, 2, chap. CLXIII, 17). On serait tenté d'appliquer la maxime de Marc-Aurèle a Qu'on est estimable à proportion de ce qu'on estime, » h ces positivistes d'outre-tombe, si l'on ne se rappelait la doctrine du pésement de l'âme, qui assure à leur livre sacré une haute valeur morale, et celte belle parole du chapitre CXXXIII : UOsiris Àvfankh justifié ne se reposera pas sur cette terre de V éternité qu'il n'ait du de aes yeux et entendu de ses oreilles la vérité, la vérité^ ^\^ — ^ Y

— 117 — Ligne XLIX.

Ecrit cela pour la paix du catur grande.

t^lusieurs papyrus disent : èctit pouf faire reposer mon co&ur avec moi.l^ZL i (Leide, 3079, 3090, 3151, 5450). Cette variante peut avoir eu pour cause un certain rapport, non dans récriture, mais dans la prononciation des deux groupes f zzi ef^ , ce qui ajouterait une nouvelle vraisemblance à la lecture naa pour;

Page 1