‹ Traduction comparée des hymnes au soleil composant le XVe chapitre du rituel funéraire égyptienChapitre 5 sur 14 · ANALYSE COMPARÉE DE LA VERSION DU TODTENBUCH · texte numérisé non relu

ANALYSE COMPARÉE DE LA VERSION DU TODTENBUCH

— 25 — Ligne I.

ADORATION DE RA HAREMHKT' SE LEVANT A l'hORIZON ORIENTAL DU CIEL.

Dit par r Osiris Aufankh justifié : Ra, seigneur du rayonnement^ brille

sur la face Je l* Osiris Aufankh justifié! {Que soit) adoré lui au matin,

f'ouché lui

J'ai mis en tête, d'après le n** 3151, le titre des premiers hymnes, que le Todtenbuch ne donne par erreur qu'à la ligne 14. S veut dire littéralement proc/am^ y w«<f: J J \ ^, en Copte. <fp coot, ^ooi;t;ox, clamor, $onitu$, comporte une nuance plus forte que dire, parler. L'ordre logique des deux mots qui composent o^^ par inversion est quelquefois rétabli, comme dans :±S^^^>^--B^ ^^ tV est dit jutte contre $e$ ennemie (chap. CXXX, 30) etlj\ J\j^'»^ tu es justifié (chap. CXXVII, passim), mais les autres formes, comme ^^W^><^ justifier lui (chap. XIX, 45), ou^l\ ^ tu justifies (chap XVIII, 1), sont bien plus fréquentes. On ne trouve jamais la marque passive, ce qui semble attribuer à cette locution une haute antiquité.

Dans X ^ y^^ ^^ il s'agit bien du défunt, dont la marche est comparée à celle du Soleil. Le Rituel d'une femme (n* 3151) dit: qu'elle soit adorée x^^ p £ • Uien n'est plus commun que ces sortes de phrases. .

Ligne II — 26 —

au soir^ {que) sorte son âme avec loi vers le ciel^ (^t**«0 vogue dans la barque^

{qu'il) aborde dans l'arche, (que) il s'élève en Akhimu Urtu dans le ciel.

On pourrait traduire par : vogmnt, abordant | ^^-^et ^^ y^g^ la leçon du papyrus de Leide, qui donne le pronom vt-^ , suit mieux le mouvement de la phrase.

Les Akhimu Urtu [Akhimu qui se reposent) sont, avec les Akhimu Seku [Akhimu qui rament), des étoiles personnifiées qu'on représentait tirant à la cordelle la barque de Ra. On ignore ce qu'étaient ces astres. M. Chabas les a comparés aux constellations du zodiaque, M. Devéria aux heures, et M. Brugsch aux étoiles fixes et aux planètes. M. Birch voit dans leur nom la particule négative ^ J^ [ceux qui ne voguent pas, ceux qui ne se reposent pas) ; mais les scènes où ces astres sont figurés les montrent traînant les uns et les autres la barque du Soleil. Le mot 1| • ^ e , qui semblé être un verbe d'action ou de mouvement [Papyrus magique Harris , VI, 2) n'a pu encore être traduit.

— . 27 -^ LlGN£ III.

Té il9®isfe\'^PA'^^*^ î^U^^^

L' Osiris Aufankh justifié dit, en invoquwHt It seigneur de V Eternité : S<Uut à loi^ Ra Haremkhu Khepra^ existant par toi-même ! Splendide ton lever à l'horizon^ resplendissent

La ressemblance du n^ 4890 avec le Todtenbuch rendrait assez légitime le changement de J \n^ en^ ^"^ qui se trouve aussi au n* 3153 ; la phrase signifierait : embelli^ tu te lèves à ïhorizon.

Ligne IV, ^ 28 —

les deux mondes de tes rayons. Les Dieux tous n se réjouir, ils voient le mi dit ciel, Xeh-Un (est) établie svr la tète , le diadème du Midi, le diadème du yard (sont) i*tahlis sur ton front, elle fait sa demeure

f.es papyrus hi«»raliques onl généralement \^ ^c:= P^url^ ° sauf le n*" 4890, gui donne comme le Todlenbuch la préposition ----^ ; je Tai conservée parce qu'elle fournil un sens très clair.

Le n"" 3153 ne mentionrie pas les deux diadèmes, tandis que lo n"* 3()82 dit que ce sont eux qui s'installent devant le Dieu, mais il est évident qu'il a fait du pronom -*^ le pluriel fautif ttt . Le Todlenbuch passe jj n P .

Neb^Un est certainement TUroeus qui se dresse devant la couronno des Dieux et des Pharaons, comme emblème de la royauté : le texlo grec du décret de Canope traduit par ^xotluxu, Toyauté£^ *^^h-- (lig. 28), la couronne à Urœus sur son fron*. Cette couronne est là, comme au Todtenbuch, une déesse. Tefnu-l, d'après M. Lepsius (Ihis bilingue Dekrel von Kanopus, p. 16). Tefnu-t est une forme de Sekhet, la déesse à tête de lionne, et le chapitre CLXIV du Todtenbuch appelle en effet Sekhet la régente des deux diadèmes, ïunique sur la tête de

son père W Hf /^t^tH^V J '^ ^ ^C^-^('Jg- <)• L'Urœus représentait la royauté et les déesses : voilà pourquoi sans doute on en faisait une déesse quand elle couronnait la tête des Dieux. Ses noms dans ce double rôle sont assez variés: la stèle de Thothmès III, publiée par M. de Hougé, dans la Heoue archéologique, on 1861, l'appelle* "^^^

— 29 — Ligne JV.

rétinceîante (lig. 9) et^S ^ (ligne H), qu'on pourrait traduire par frontal (comme rhébreuyi::? ^ûj^^ )^' ^"' paraît êlre sa désignation la plus ordinaire. Elle figurait aussi Tardeur solaire, k ditque dans ses fureurs, Ij-|-? ^ ^';(cbap- XCIX, 5), et châtiait, comme à la ligne suivante, les ennemis du Dieu. Cet aspic au venin brûlant ne paraîtra pas mal choisi pour ce symbolisme, si Ton se rappelle que les Hébreux nommaient la vipère '^I'^j , le brûleur. Il représentait encore la lumière, dont l'idée est liée h celle de la chaleur, car la stèle de Tholhmès III le montre brûlant et illuminant p P^^ /| et p | "^^ (lignes 9 et H).

Je ne sais si le mot ^^ ^^ I ^ ^^ trouve ailleurs qu'au Rituel, et malheureusement ni le Todlenbuch, ni les papyrus ne donnent de déterminatif k^^ ^ . On peut traduire ce nom par Maitresse de l'Heure, comme l'a fait M. Birch [the lady of the hours), ce qui s'accorderait assez avec un passage du Todtenbuch où des Urœus détruisent les âmes dans la demeure de l'Heure : [|^ *^^^^'|~'l3'lo"B'^^^^

" Z>\%Jl1 y %'^\^^'^0... cette demeure de rHeure dans Rusta ! sa flamme est brûlante, les Diewti ne s'y élèvent pas^ les esprits ne s'y rassemblent pas, il y a des Urœm mr elle poier détruire leurs âmes (chap- CXLIX, lig. 50 et 5i). On peut aussi rapprocher

^^ ^ Ev*^®"^? T ^"'' ^ '^ ''S- ^^ *^" chapitre XV. paraît désigner la même déesse : les deux noms seraient synonymes le premier signiGant la Maitresse de l'Être, et lr.> second la Maitresse do la Vie.

LiONK Y, — 30 —

devant toi^ vot7à, s'occupant à l'avant de la barque à châtier pour toi tes adver-

saires tous. Ceux qui sont da^s le ciel inférieur sortent en face de ta Sainteté pour voir l'emblème

[]"^\^ n'a aucun sens ici : les n- 3082, 3087, 31 5â et 3153 le remplacent par l]p.

Il est vraisemblable qu'il faut lire avec presque tous les papyrus «^ 2 et non"^®^ que donnent seulement les n" 3090 et 4890 ^ % néanmoins se comprend. Au lieu de : pour voir ton emblème , le n* 3848 dit : pour voir ton disque, ^ ^ ^ •

31 — Ligne VI.

-°Vife^Jïl>H\ilzi— ^1f — ~

tien ce beau. Je viens à toi, je suis avec loi pour voir ton disque chaque jour.

non je suis enfermé, non je suis repoussé. Se renouvellent mes membres

Le Todlenbuch, quand il met au passif la première personne du singulier^ ne donne jamais à cette combinaison la forme régulière ^\ ^ ! î1 supprime le t, qui est cependant la marque essentielle du passif, puisqu'on trouve g pour^^^ (Décret de Canope, lig. <9j et ^ ,^, pour^"^ , comme dans Jlj^ (lig. 39 du chap. XV). Je crois aussi que ^ vaut quelquefois -=-^ dans les formules bien connues .s*-2:^;f^ 4 S pareille chose n'a pas été faite y^^zci^ràê^ jamais n'avait été fait (de Rougé, Mémoire sur les six premières Dynasties, p. 44S et 135). Néanmoins, comme la marque passive est sousentendue assez souvent en Ëgyplien, je n'ai pas voulu corriger le texte du Todtenbuch, qui, à la rigueur, est régulier. D'ailleurs, je n'ai pas trouvé une seule fois fi»^;^ dans tout le livre, tandis que les cas de^ J>, qui le remplace, sont très nombreux ^^|^ tj^l ^^ ^ que je ne sois pas violenté (chap. XL, 6, ehap. XLIV, 3, chap. XCIII,

8),--2r'JP^5=^^ii9'"^ î^ ^ *^^* P^'^' ^^^^^^^ (chap. XCIII, 8' t^»-^"-^ ,^^.j--o^ J> que je ne sois pas détruit (chap. XCIX, 30),-»=si:f=:fi^^ ^

^ï\que je ne sois pas repoussé (chap. I, 18), et au contraire : ^^^-ru-^

^^^^tt^i^î^ ^ *^** P^^ Tepoussée mon dmer'::fh^^^^^^^u ^ ^uil ne soit pas repoussé (chap. I, lig. 20 et lig. ^3 ) ,^^-^ ^^ . V

Ligne VI — 3-J —

XQ x^:^^ [Y?f— ^ il ne se trouve pas écarté des pertes du ciel (cli. XLU,

15).^^-r^J^l|Y is ^. -tf}z-f.^T "^ ^^y^:^ tun' es pas enfermé, son âme n'esi pas enfermée (chap. XCII, lig. 7 et lig. 8). Cette expression, n'être pas enfermé, veut dire que le défunt ne restera point, pendant le jour, emprisonné dans la chapelle funéraire : elle est clairement illustrée par les titres et les vignettes des chapitres XCI <3t XCII. Le titre du chapitre XCII est :^'*:^ ^^ MP^ -^XT. <->^^^^ \ ^ elc. , chapitre pour ouvrir la chapelle funéraire à rame, à l'ombre, sortir lejour^eic; la vignette montre le défunt ouvrant à son âme. Le titre du chapitre XCI est : "T^^^ @ \\ "^ ^ q %^ — i J> "^ ^chapitre pour que ne soit pas enfermée l'âme de la personne au Kher-Neter, et la vignette figure Tàme volant vers le défunt qui marche. Je crois que dans les idées Égyptiennes, au moins à une certaine époque, Tàme rentrait la nuit au monument funèbre, comme le Soleil dans TAmenti, et en sortait le jour. On sait que la tombe était souvent nommée la demeure éternelle,

— 33 — Ligne Ml.

à V éclat de les beautés, comme tes fidèles tous, car moi un de ceux-là tes favoris sur la terre. Je suis arrivant à la terre des siècles^ je rejoins la terre de r éternité ; toi^ voilà^ tu as voulu cela pour moi, Ra^ à l'instar de Dieu tout.

^ P ^ du Todlenbuch devrait être au pluriel. Le n* 3082 est plus correct, il répète J ÎP^^;!.. Le n* 3153 donne H p-A^f^s serviteurs. Le papyrus de Leide et le n* 3129 ont J^ p t3> , ce qui est évidemment la vraie leçon.

Au lieu de"^^ ^^ , plusieurs textes disent simplement ^h7 ^, tu as voulu cela pour moi, 6 mon maître (3082, 3087, 3152). Deux papyrus (3153, 4890), suppriment le mot 537 à la fin de la phrase du Todlenbuch. La forme de cette phrase rappelle une tournure semblable qui se trouve au chapitre CXLVIII : ^f ^ ti2>^ >\ 1 ^^âr^À J le rendre puissant comme Turn, le rendre grand comme Osiris (lig. 1). Le n* 5450 fournit une variante déjà signalée dans un vieux texte : ^ pour ^ (Zeitschrift, 1868, p. 46). D'après M. Lepsius, c'est une très ancienne forme de itj^ (id).

Ligne VIII. — 34 —

LOsiris Aufankh justifié il dit : Salut à toi^ brillant à Vhorizon le jour^

iVKp^-^TMPS feiJ: l^t

tu parcours le ciel en reposant sur Ma ! Tous les humains se réjouissent de

voir toi marchant dans

Au lieu de p5? J , le Todtenbuch a ^ {pour) justifier, et le sens serait bon s'il était plus d'accord avec la Mythologie égyptienne; mais le Soleil naviguait au Ciel pour éclairer, non pour justifier. La justification des morts avait lieu dans TAmenti, devant Osiris. Je vois dans ^ une sorte d'erreur par entraînement analogue au caprice de ce scribe qui écrivit ilTS pour JÎ\ (Chabas, Premiers Mélanges, p. 1 01 )/ Un copiste aura, par habitude, ajouté «>— à -a et d'autres auront mis le verbe à Timpulsif pour obtenir une phrase correcte. Tous les textes donnent (î^ J , à l'exception du n"* 4890 ; ils diffèrent un peu du Todtenbuch pour cette ligne, et voici, à partir de £=:^ | , la version

la plus commune :^Y p^ Ji^^^-^^V^&iJ \^^\ ^ reposant sur la déesse Ma, tu parcours le ciel en paix. Tous les hommes te voient marcher... (Leide, 3079, 3090. 3429, 3151, 3153, 3207) . Un papyrus (3090) supprime le pronom ^^ht^ après J[ ^ ^ et deux autres le suppriment après 5S=" \ -/^ ; le n*» 3082, au contraire, l'ajoute au premier ^ . La leçon que donnent ce papyrus et les débris du n° 3087 me paraît être celle-ci : tu reposes sur Ma, tu rejoins le ciel en parcourant la terre. Tous les humains vivent de te voir marcher. On sait que l'expression hatap hi ma faisait partie du nom de Merenptab I", le fils de Ramsès IL

— 35 — Ligne VIII.

La dées&e Ma est quelquefois représentée dans la barque du Soleil, ce à quoi le chapitre CKXX, fait allusion en deux passages (lig. 1 7 et lig. 18) : dans le premier, qui est le plus explicite, le défiint justifié fait circuler Ma à l'avant de la grande barque : ^ SSZLS^^ ? iêi ? S d ^^t^' ^" Poj^yrut Magique Harris^ cette déesse, identifiée avec Shu, pousse la barque avec un bon vent : s^ ^^ '^ S 1 ^

^ V^^iî'S V^ i^ ^D ^ ^^-^t lv(I". 2^ 3)» tu aniinet la barque avec un souffle favorable, en ton nom de diette Ma. Enfin, ChampoUion le jeune, décrivant, d'après le tombeau d'un Ramsès.la navigation nocturne du Soleil, mentionne Ma qui, restée auprès du Dieu, ^ femble lui adresser des consolations. »

Ma était une abstraction qui personnifiait deux idées, celle de la Justice et celle de la Vérité. Le chapitre CXXV appelle Osiris ^S7 (J P ^Zot.(Hg. 4) le Seigneur de$ deux Ma; les juges qui l'assistent pTTi r^ P P 'm' (lig- 3) ; la grande salle du jugement ^ P«^ n±3 — ^pp^^(lig. 2), fit le pays des mortsr^N^~^pp j ;(ligne 43), c'est-à-dire cette terre des Dieux de la double Justice. (Il est évident que ces formules ne peuvent pas se rapporter toujours aux divinités de ^^ ^ Ç ^ o » localité du nome phatyrite) . La déesse Ma ne s'est jamais nettement dédoublée, mais elle parait avoir été identitifiée quelquefois avec la déesse de TAmenti. C'est ainsi du moins que je comprends les figures, très rares, dans lesquelles elle a pour tète un segment de cercle surmonté d'une plume d'autruche £ , emblème qui ne doit pas être autre chose que Thi^oglyphe de l'Occident, ^'en connais deux exemples de la bonne époque, l'un sur le sarcophage de Ser-Âmen, au musée de Besançon, où M. Cbabas l'a remarqué aussi ; l'autre dans un fragment de la vignette du chapitre CXXV, tiré d'un Rituel de la XVIII" dynastie et publié par M. Prisse d'Avenues {Histoire de l'Art Egyptien). Celte explication, si elle est juste, montrera

Ligne VIII. — 36 —

que le groupe W s i^. Amenti, a très bien pu prendre aussi la valeur phonéiiqvie Set-Mati, sur laquelle insiste M. Lauth (Zeitschrifl, 1868, p. 42).

— 37 — LîGNE IX.

ion myslèfe vers eux. Donné toi à lui m matin de chaque jou/f^ il est prospéré, il est progressé avec ta Sainteté^ tes rayons swf^ leurs faces. Non connu orf Non comparable Véclat

qui termine la ligne précédente ne se trouve pas dans les papyrus; il en est de môme du pronom w — de 1|^^ ^J^ que le no 3129 écrit I) ^ f ^ ^ : plusieurs font suivre ce mot de la préposition ^ (3082, 3089, 3152). Le n^ 3152 èl le n« 3082 changent J^ p 777 en Y P "ï^ avrdessus d'eux.

Le n^ 3090 ajoute d à^ f , donné à lui, c*est-à-^re à eux. Le n* 3082 remplace le verbe ta par le verbe ak, entrer.

Quelques papyrus disent : de prospérer en(^^ voguant.

Le papyrus de Leide et le no 31 29 ont f ^ ^ 7j^ v^et 1 7^ >-— : le pronom ici n'est pas nécessaire au sens.

C'est d'après les variantes de cette ligne que M. Brugsch a établi la valeur sem pour le groupe 1 TtT (Zeitschrift, 4864, p. 69).

Ligne X. — 38 --

tien, le Pays des Dieux ! Ils voient les couleurs toutes de Çunt fin (lui).

Apprécié (par ceux qui ont) les mystères à leurs face^^ tu as été fait seul en étant à ta naissance sur le Nun» Qufi

Je ne suis pas sûr d'aToir bien rendu le membre de phrase qui commence par -h-11^^\: il signifie, je pense, que le Dieu révèle Jes mystères aux mânes. Les papyrus ne donnent pas de variantes bien caractérisées pour cette ligne, à l'exception du mot t\ -^ qui remplace dans presque tous ;s du Todtenbuch (3079, 3082, 3090, 3129, 3151, 3162, 3153) : ^ pourrait à la rigueur se comprendre, mais la phrase est plus régulière aveei| ^ qui est une forme de la préposition -=:^ : ^ ^ = tut rem (Todt., chap. XCIX, 28).

Le papyrus de Leide dit : tu voit [ ^^s^ ) toutes let couleurt de Punt en lui \ \ (pour I]^>< — ); cette préposition manquait, en effet, au Todtenbuch.

Le n"" 3082 passe les deux tiers de cette ligne, jusqu'à ^ ^ \r ^ que trois papyrus (3079, 3129, et Leide) mettent avant ^ i^^ , et £ que le n^' 3082 met après, n'en changent pas \b sens.

Le Ta-nu-neteru (Ij Terre deg Dieux), qu'on trouve cité ailleurs qu'au Rituel, n'est, d'après M. Chabas, qu'une forme de Ta-Neter, la terre divine, l'Arabie heureuse. Cette conjecture est justifiée par la suite de la phrase, qui parle de Punt, l'àrabie proprement dite. Ta-neter et Punt sont souvent désignés ensemble comme fournissant des aromates rares et des pierres précieuses. Cett le pays des Pieux I équivaut

— 39 — Ligne X.

à nos locutions : c'est le ciel, c'est le paradis! ^T J Tt! signifie l'être , la naissance (de Rougé, Inscription du tombeau d'Ahmès, p. HO) :^^^ j • 5 je suis né (lig. 4 de llnscription),-^^ f^ ^ ^Sr iii^ ''^^^ ^^^^ ^ ^'^ namance (Todt., chap- XXX, 5).

On peut rapprocher de la fin de cette ligne le commencement du

chap. XVII :4.^ VI Vfcilt!^^^i "= ^ ^oije suis Turn existant seul dans le Nun.

LiGNJfi XI. ~ 40 —

;e marche comme lu marches, que non je fasse arrêta comme ta Sainteté,

fia, sans maître! Grand marcheur par les aturs^ millions et centaines de

mille ^ en un instant petit tu fais eujr, tu tè couches

Dans i) \^ 5^^. j'ai changé ^ en ^s?. d'après les n^" 3089, 3151 et 3152.

Au lieu de^;^\^2i ^ sans maître , on trouve dans les papyrus Dieu qu'on ne peut saisir-^^^"^ i ^ ^ (3090, 3151, 3153, 4890) ouv^V^i2?ci^: (Leide, 3079, 3129). Deux papyrus (3151 et 3153), ont^e au lieu dex^'^^ £ des n°' 3082 et 3152. Le Todtenbuch réunit ces deux derniers mots et change j[ d ? en^4 J . Cependant, J d J fait bien partie du texte primitif, car aucun papyrus ne l'omet, pas même le no4890. Les n'^'3082 et 3152 paraissent avoir fait par erreur "^^e-^rV^ Le premier «n=i::~^ V^ :^ ÎSÎ-A^

Ce papyrus ne reproduit pas an ar-a ab maAen-k Ra. Le n" 3152 fait suivre ce dernier membre de phrase par : ^ ^=y=^»lD S A"^ flV^ ^^-^£ V ®tC' L'atur est une mesure itinéraire que M. Chabas compare au grec Ixo^Jo^f schœne [Voyage d'un Égyptien^ p. 292). Le Todtenbuch et le n® 4890 lui donnent, comme le papyrus Anastasi I (27, 8)t un déterminatif de son, le signe de Teau := qui se rapporte au mot atur dans le sens de fleuve ; tous les autres papyrus ont les déterminalifs de la marche,^ et.A .

J'ai adopté avant le mot at la préposition ^ , avec le n** 3082 et le papjTus de Leide. Deux autres papyrus joignent la même préposition aux signes des millions et des centaines de mille (3151| 3153).

— 41 — Ligne XII.

^3^ ^01 — • — <^> r I I ^^> Jeu/ If I V

<u st^bsisles. Les heures^ autrefnent dit : les jours, les nuits pareillement, tu multiplies eux; tu subsistes suivoMt tes obligations^ le malin ^ donné toi de ta main en Ra, tu brilles â l'horizon^

Après ^^ V^ les papyrus groupent les premiers mots de cette ligne de différentes manières. Les uns écrivent ^g O ; 1 "o • • • lesjouu, les heures et les nuits (Leide» 3079, 3129, 3151) ; deux autres placent f— entre^gtH et] © ! (3090, 3153) ; enfin, le n* 3082 met simplement S.? i ^ » les jours et les nuits (le scribe a oublié le signe du pluriel après l'hiéroglyphe de la nuit). Le Todtenbuch et le n* 4890 disent avec raison : les heures ou les jours comme les nuits; en effet, les jours et les nuits équivalent aux heures.

Partout, sauf au Todtenbuch, le mot A^tirex est rendu par^ o \, groupe dont la valeur phonétique n'est pas certaine. M. Le Page Renouf (Zeitschrift, 4867, p. 62) penche pour la lecture na^ mais les raisons qu'il en donne me paraissent peu concluantes :^ * égale, non point naa, comme il le pense, mais neh ou nah dans le nom des Nègres^ "jpw , et le mot 1 ^ , qu'il prend pour une variante de i^ H • «^ , sceau, d'après un texte qui le distingue de • V^ t est bien plutôt le Copte S-Tûfic» ^^annulus signatorius, M.T € Ec,'f' . sigillum, annulm,^Ç£^^ signare, sigillo obsignare, digitus. Bague, en hébreu, se dit aussi :Jiy3TJ. Le doigt, ^ , a donné son nom à l'anneau qu'on y mettait ; en Copte comme en grec : 5«xtvX«o$ etTKdc^^^* ï® même sens et la même composition.

Ligne XII. — 42 —

J'aimerais beaucoup mieux prendre ] © » ^vec M. Chabas, pour l'abrégé de^n]© ,C. YCn^TTft. [Seconds Mélanges, p. 258, Note). Je crois que le doigt conyiendrait bien comme déterminatif et comme phonétique de/tffl °,5amr.

^' ^ ^— ■ est un groupe dont la signification n'est pas bien déterminée : il parait vouloir dire charger^ abonder, fournir abondamment. On trouve [Denkmaler, III, 20) , J ^!^^ \ i^?J^ ^... (greniers) ployant par la charge. Ce mot était mis en parallèle avec JT" ^^^pour rendre l'idée d'inonder.

Le papyrus de Leide et les n*' 3082, 3090, 3151 et 3153 m'ont permis de rétablir correctement la dernière phrase, dont le mot à mot est assez curieux : le matin, tu es donné de ta main C^^l) en Ra te levant à l'horizon, ce qui me semble exprimer l'idée que le Soleil, bien que couché, reparaîtra : son retour, (le retour du Dieu suprême sous la forme solaire), entre dans ses obligations, et par suite est certain. Il est, comme le dit le chapitre CLXIII, l'âme qui ne se lasse pas de se lever ^^^ — J\^ ^ i^i^S JF' l»g- 2.

— 43 — Ligne XIII.

VOsiris Aufankh justifié dit, adorcmt au matin quand tu luis^ il dit à toi quand tu brilles : (Dieu) adoré en s' élevant ta forme^

Le n** Si&i passe, après^^^s^^ toute la fin de la ligne.

^ est nécessaire après ^ J "^^ aussi les papyrus le donnent-ils, ainsi que V entre xVi ^ etT Jf . J'ai adopté la leçon >c\^j £ des n*' 3089 et 3129, au lieu de V ^V^e !î i , qui est moins clair.

Le n^ 3082 diffère un peu des autres ici : x V!3f ^ V^ V^ t ^ ^^ ^ liàz^iues adoré dans tes élévations ^ dans tes formes (ligne suivante : V^ ^ • ^^^ *^ domination).

LwNE XIV. — 44 —

dominant, autrement dit ; grand ^ par la beauté tienne cette ^ frappant tu

±'^^m (HP n"^ iPit = ^ sjt

formes tes membres^ enfanfé lui sans (être) enfanté lui à Vhorizon^ rayon-

- ^ -T- V^ ^J X^^jlol

nant du haut du ciel^ donne (que) je parvienne au-dessus des siècles.

Je n'ai retrouvé !i;z qu'au n** 3153.

Il est évident que V* doit être remplacé par ^ {n»' 3090 et 31 29). M. Le Page Renouf a déjà fait cette rectification (Zeitschrift, 1868, p. 45)-

Les n°' 3082 et 3087 font des deux mots v£^ j *J^ .^ un seul groupe

°î^ fVî3^1| ^ ^^4' ^^ ^"^ rappelle un passage du chapitre LXIV (lig. 4 et lig. 5) : jj^tj \<-- ° 3 ? J V^l^ u . î £ 1 est sans doute ici le nom du Dieu Ptah, auquel le Soleil aurait été assimilé ; on trouve

[Shaï en Sinsin) : .^H^ '^^^-^Iç^ ^^ • Au Todtenbuch le mot I f}\ f-fl , frapper et traîner, a peut-être le sens de frapper en forgeant t mais je ne connais aucun texte qui autorise cette traduction.

Si nS-. fait partie du texte primitif, il se rapporte à J fj^ i bien que les substantifs abstraits soient généralement féminins (De Rougé, Inscription du tomheau d'Ahmès, p. 98). II faudrait peut-être lire«^^I|H » ou son équivalent >^ , forme rare, qu'on trouve, par exemple, aux premières lignes de la stèle d'Ëntef (Musée du Louvre, C S6), dans une phrase qui offre en même temps un bon exemple de substantifs abstraits au féminin ; Transmettez vos dignités à vos enfants, dit le défunt,

— 45 — Ligne XIY.

au moyen de cette récitation^ par vos paroles, de ce qui est sur cette stèle que fai écrite pour cette observance de cela par vos paroles, La forme- x^ ne s'est pas aussi bien maintenue à côté de^^ ^^1| que ^ à côté de a \^)j . L'adoucissement de la lettre vu^ n'était pas rare et son caractère de demi-voyelle est bien connu.

Quant au signe môme de celte lettre, je m'étonne qu'on l'ait pris jusqu'à présent pour un serpent (De Rougé, Chrestomaihie, p. ^), un céraste (Devéria, dans les Écritures figuratives de L. de Rosny^ p. 37). C'est une limace, comme le montrent les hiéroglyphes monumentaux et comme le prouve une planche intitulée : Peinture, plantes et fleurs, dans le magnifique ouvrage de M. Prisse d'Avenues sur Y Art Égyptien, La lettre ,^^ y est représentée grimpant vers une fleur grosse dix ou vingt fois comme elle.

Ici la limace a le dos brun et les cornes noires ; au tombeau de Ti, elle est peinte en jaune, avec des cornes rouges. Ces nuances conviennent on ne peut mieux à la limace ordinaire, ou Arion, dont la couleur varie du rouge orangé au brun sombre. L'espèce de rond qu'on pourrait prendre pour un œil dans les tracés soignés de la lettre existe chez la limace, non pas des deux côtés, mais à droite, et justement on la dessinait de ce uôté. C'est probablement l'orifice qui correspond à la cavité respiratoire des gastéropodes pulmonaires. Le mot |v JF^ \^^

LraNE XIV. — 46 —

qui veut dire un serpent et imite sans doute le sifflement de cet animal, se disait aussi des insectes, des petites bêtes rampantes, comme le prouve un passage de la lettre traduite par 3L Goodwin, dans son article sur les papyrus hiératiques (Revue archéologique^ 1S6I) : « Les insectes [ l>^-^^ \'^^^^) emportent une partie de son blé. » Ce mot convient très-bien pour exprimer le son f.

<L homophone de >, , pourrait être la limace enroulée, mais je n'oserais pas l'affirmer. ChampoUion regardait ce signe comme une goutte de sang : d'après M. deRougé (Chrestomathief p. 1S8), il serait l'abrégé de ^" (probablement un os avec de la chair), qui détermine les membres : le mot IJ^çTT^ chairs, représente parfaitement la valeur de l'articulation /.

(J'ignorais, quand je me suis aperçu que m. représente une limace

et non un céraste, que M. Prisse d'Àvennes eût fait depuis plusieurs années la même remarque ; il ne l'a pas encore publiée, mais la priorité lui en revient de plein droit. Cette petite découverte est d'ailleurs contenue implicitement dans la publication de la planche qui vient d'être citée).

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dans la demeure de (es favoris^ Cç'^O J^ *'** réunisse aux Esprits augustes,

parfaits, du Kher-Neler^ Cî^^J J^ '^^"^^ ^*^*^ ^**^ l''^^^ ^^**' ^^^ beautés

quand tu brilles

Plusieurs papyrus mettent I^ ^=ï^ au pluriel (Leide, 3087, 3090, 3153).

t) p ^ du Todteiîbucb, du papyrus de Leîde et des n*' 3129 et 3181 est, comme Ta déjà fait remarquer M. Le Page Reuouf (Zeitschrift, 1868, p. 45], une forme de^ p j qui se retrouve à la lig. 21 dans /|-^^ ^ p^ p ; zétatetfrs augustes. Les variantes graphiques de ce mot sont ♦rès-rares.

Le n« 3082 ajoute après Kher-Neter ^ (S-^ j) accorde-moi (de sortir), qui figure déjà à la ligne précédente.

Ligne XVI. — 48

au soir^ r^wej ^^ te réunis à ta mère Nu^ (q^O ^^ places ta face vers rOccident, Mes bras (sont) en adoration à ion coucher dans le pays de la

s. IIP

Vie, Toi, voilà,

Dans^^^^l^ , la lettre l| doit être placée avants comme au n* 3151. Les autres papyrus ont — ^\*'^*

Le n® 3129 remplace ta mère Nu par ta mère le Nun.

Au lieu de ^ , qui est une faute pour ^ , le n* 3153 donne ^ , ce qui montre combien les erreurs sont tenaces dans les exemplaires du Rituel, lorsque les groupes qu'elles concernent ont été une fois déformés.

Le n* 3152 transpose tout le passage qui va de^ (| p à^=^; il le reporte à la lig. 47, après ** ^ ^ ^ , et finit par là, en ajoutant :

g 'T I J ^••- ?^^ *^ f^^^ *^*' favorable à l'Otiris ...

-^ 49 — Ligne XVII.

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