SCÈNE IIL
xÉHétÀS seul.
Que dois-je penser de cet étrange événement ? N'est-ce pas le comljle de l'infortune d'avoir enle-* vé mon épouse à Troie , au péril de ma vie , pour me la voir ravir sans retour? Non, sans doute, une autre Hélène habite ce palais. — La fille de Jupiter, art-elle dit,^,. Existerait-il sur les bords du Nil un mortel décoré de cet auguste nom? Un seul habite l'Olympe. Est-il une autre Sparte, que celle qu'arrose l'Eurotas ' ? exista -t- il deux Tyndares?les noms de Troie et de Lacédémone sont-ils M[ssi ceux d'une terre inconnue? Mon esprit incertain ne sait à quoi s'arrêter ««.• Souvent dans des r^ion^ '4ifféren%es et éloignées , les hommes et les lieux portent des neths semblables, Ce rapport qui cause mon saisissement, n'a rien qui choque la vraisemblance. Je ne veux point me dérober par la[ fuite aux maux doi^ cette esclave me menace. Est-il un homme si barbare à qui mon nom n'inspire quelque pitié , qui me refuse la nourriture nécessaire pou^ soutenir une vie misérable? L'embrasement de Troie est £imeux dans tout l'univers, et ce bras qui l'a renversée,
' Dont les honk sont couverts ^de beaux roseaux : cette ëpithéte est toajoars jointe ^r Euripide au nom de TEurotas.
76 HÉLÈNE
jouit de quelque renom. J'attendrai le maître de ce palais ; si je le trouve inexorable , la mer m'oflfre un refuge contre sa cruauté ; s'il se laisse fléchir par le tableau de mes souffrances^ il lui sera facile de' les faire cesser. Quel excès de misère pour Un homme né sur le trône y de mendier sa yie auprès des rois ses égaux ! Ainsi le veut l'inflexible nécessité : tout doit fléchir sous son empire,