HÉLÈNE
votre superbe palais. Malheur au méchant serviteur qui ne se réjouit point du bonheur de ses maîtres, qui ne s'afflige point de leurs revers! Né dans une condition servile , puissé-je en remplir , toujours les devoirs en serviteur fidèle et généreux ! Quoique je porte le noià d'esclave, mes sentimens m'égaleront aux hommes libres; s'il n^ m'est pas permis d'effacei^ cette tache de ma naissance , je puis du moins la réparer par ma vertu.
MÉNÉLAS
O généreux vieillard! qui combattis toujours à mes côtés, tu es instruit de ma fortune : va l'annoncer à nos chers compagnons. Dis-leur qu'ils restent sur le rivage , et qu'ils attendent mes ordres ; qu'ils se préparent à de nouveaux combats, tandis que je vais songer aux moyens de sortir de cette terre , et de nous mettre tous, par une commune destinée, à couvert de la poursuite des Bar- ' bar es.
LE MESSAGES
0 roi ! je vais exécuter tes ordres* Combien tout ce que je vois me démontre clairement]^ fausseté de l'art des devins. Non, 01:1 ne lit point la vérité dans la flamme du feu sacré. Quel délire d'imaginer que la voix des oiseaux puisse jamais éclairer les mortels ! Galchas a-t-il dit aux Grecs .qu'ils combattaient pour un fantôme? Il s'est tu,, et nos mains
TEA6ÉDIE D*EXmiPIDE. gS
ont exerce contre Tcoie une vengeance sans objet. Dira-t-on que les dieux lui avaient impose silence ? Pourquoi donc recourir à la voix des prophètes? Offrons aux dieux nos sacrifices , adressons-leur d'humbles prières ^ et laissons les devins , dont la science n'est qu'un appât trompeur offert à notre crédulité. Jamais la divination n'enrichit sans travail l'homme qui y met sa confiance. La raison et la prudence, voilà les .seuls oracles qu'il faille consulter.