‹ Traduction du "théâtre des Grecs", Volume 10Chapitre 19 sur 101 · HÉLÈNE · texte numérisé non relu

HÉLÈNE

votre superbe palais. Malheur au méchant serviteur qui ne se réjouit point du bonheur de ses maîtres, qui ne s'afflige point de leurs revers! Né dans une condition servile , puissé-je en remplir , toujours les devoirs en serviteur fidèle et généreux ! Quoique je porte le noià d'esclave, mes sentimens m'égaleront aux hommes libres; s'il n^ m'est pas permis d'effacei^ cette tache de ma naissance , je puis du moins la réparer par ma vertu.

MÉNÉLAS

O généreux vieillard! qui combattis toujours à mes côtés, tu es instruit de ma fortune : va l'annoncer à nos chers compagnons. Dis-leur qu'ils restent sur le rivage , et qu'ils attendent mes ordres ; qu'ils se préparent à de nouveaux combats, tandis que je vais songer aux moyens de sortir de cette terre , et de nous mettre tous, par une commune destinée, à couvert de la poursuite des Bar- ' bar es.

LE MESSAGES

0 roi ! je vais exécuter tes ordres* Combien tout ce que je vois me démontre clairement]^ fausseté de l'art des devins. Non, 01:1 ne lit point la vérité dans la flamme du feu sacré. Quel délire d'imaginer que la voix des oiseaux puisse jamais éclairer les mortels ! Galchas a-t-il dit aux Grecs .qu'ils combattaient pour un fantôme? Il s'est tu,, et nos mains

TEA6ÉDIE D*EXmiPIDE. gS

ont exerce contre Tcoie une vengeance sans objet. Dira-t-on que les dieux lui avaient impose silence ? Pourquoi donc recourir à la voix des prophètes? Offrons aux dieux nos sacrifices , adressons-leur d'humbles prières ^ et laissons les devins , dont la science n'est qu'un appât trompeur offert à notre crédulité. Jamais la divination n'enrichit sans travail l'homme qui y met sa confiance. La raison et la prudence, voilà les .seuls oracles qu'il faille consulter.

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