SCÈNE m
us CB(»UR , seul.
Jadis la mère des dieux , souveraine des montagnes , s'élança d'une course impétueuse au travers des forêts sauvages , des fleuves rapides , des flots mugissans de la mer, pressée du désir de revoir sa fille, dont on n'ose prononcer le nom , cette fille ravie à son amour. Tandis que là déesse attelait à son char de farouches animaux , les crotales de Bacchus faisaient entendre leurs voix perçantes pour appeler sa fiUe enlevée du milieu des chœurs des jeunes vierges : à sa suite volaient les nymphes, dont les pieds sont plus légers que
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les vents, Diane, arniée de son arc, et Minerve, couverte de son égide. iMais Jupiter, abaissant du haut des cieux ses regards sur la terre, accom* plissait un autre destin.
Enfin, lasse de tant de travaux et de recherches inutiles , fatiguée de poursuivre en vain un perfide ravisseur, la mère des dieux traverse les sommets chargés de neige qui servent d'asile aux nymphes de l'Ida. Dans l'excès de sa douleur, elle se jette sur ces rocs sauvages, blanchis par les frimats; elle cesse de féconder les champs dépouillés de leur verdure; les mortels ouvrent en vain le sein de la terre; la déesse irritée laisse s'éieindre les générations des peuples ; elle ne fait plus germer pour les troupeaux languissans le tendre feuillage des arbrisseaux; les cités sont la proie dfi la mort; les sacrifices des dieux ne sont plus ; les gâteaux sacrés ne brûlent plus sur les autels ; la déesse tarit les sources nourries de la rosée des cieux , et leur défend de faire couler leurs eaux limpides et transparentes.
, Mais , lorsque le& festins des dieux et tous les plaisirs des mortels étaient troublés par sa douleur, Jupiter résolut d'adoucir les chagrins de sa mère et d'apaiser ^ette formidable colère : Allez, dit-il, Grâces puissantes; que votre douce voix charme les maux de la mère des dieux : et vous , célestes Muses, entonnez vos hymnes divins; que l'airain
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sonne , et que les tambours retentissent. Alors , pour la première fois , Vénus sourit , et prit dans $es mains une flûte grave et majestueuse : ses sons mélodieux l'enivraient de plaisir.
Tu as embrasé le cœur de celui qu'il ne t'est point permis de recevoir dans ton lit. Ma fille, tu l'es attiré la colère de la mère des dieux, tu as sans doute négligé d'honorer les dieux par de religieux sa^crifiees- Rien n'^est plus puissant, pouç réparer un tel oubli, que les peaux de cerf tachetées, les férules sacrées , couronnées de branches de lierre , le mouvement rapide et circulaire du rhombe impétueux ^ la chevelure éparse des Bacchantes , en proie à un saint délire, et les fètes neçt^jraes de k déesse •.".
I 'Ce chœur fiait par trois yers inintelligibles. Daise cetUdep*
\ ilière antistrophe , il parait que le chœur s^ adresse à Hëlène. Toute
cette ode semble étrangère au sujet. Elle roule sur la mère des dieux; Cybèie et Cërès paraissent confondues et prises pour une seule et même déesse. Pour rapprocher cet intermède de FactioA tragique , on peut observer qu*e la mère des dieux était particulièrement honorée dans la patrie d'Hélène. Cette pièce fut probablement représentée dans le temps où ies fêles de Cybèle furent transportées à Athènes. ^