‹ Traduction du "théâtre des Grecs", Volume 10Chapitre 31 sur 101 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

LE C H OE V R , seul.

0 rame de Phénicie ! ô rame de Sidon! hâte^toi, mère des flots , rame chérie , coryphée des chœurs brillans des dauphins, hâte-toi , tandis que la mer n'est point' troublée par le souffle des vents orageux, et que Galéné V, fille de l'Océan , adresse aux matelots ce discours : Abandonnez les voiles à la douce haleine des vents, courbez-vous sur la rame. Matelots, hâtez-vous de rendre Hélène aux rivages fortunés de Mycènes ^.

Peut-être trouveras- tu ^ sur les rives du fleuve les prêtresses des 4 Leucippides; peut-être, près du temple de Pallas, te mêleras-tu aux danses

' Ce mot grec signifie le calme» U est accompagné dans le texte de rëpithète que les poètes donnent souyent aux dieux marins , c'est-à-dire , Glauca , fierté ou Azurée,

' Littéralement : de Ferme* Persée ayait fondé Mycènes.

3 Elle s'adresse à Hélène*

^ Hilaire et Phœbé , déesses, filles de Leucippe ; elles étaient adorées à Sparte : yoyez à ce sujet les Laconùfnes de Pauêardap^

TRAGÉDIE D^EURIPIDE. l^i

sacrées^ auxquelles tu es depuis long-temps étrangère, pour célébrer les fêles nocturnes d'Hyacinthe... • Hyacinthe, qui fut atteint d'un disque lancé par la main d'Apollon. Ce dieu, pénétré de douleur , voulut que la Laconie consacrât le jour de sa mort à des sacrifices solennels.... Là, tu xencoutreras ta fille, pour qui les flambeaux de l'hymen n'ont point encore été allumés K

Plût au ciel que nous pussions nous élever dans les airs, comme, lorsque l'hiver vient attrister la nature, on voit les oiseaux de Libye ' , dociles à la voix de leur chef, s'assembler par troupes nombreuses, et chercher les lieux secs et les terreins fertiles ! Volez, oiseaux légers , dont le cou long et flexible s'élève et se courbe avec grâce; volez, émules des nuées; dirigez votre course rapide au milieu des Pléiades et du nocturne Orion : reposez-vous au bord de l'Eurotas, et répandez-y la nouvelle que Ménélas, vainqueur de Troie, retourne dans sa patrie.

Venez , illustres fils de Tyndare , fendez l'air sur un char traîné par des coursiers fougueux; traversez les tourbillons des astres brillans :. soyez les sauveurs d'Hélène. Faites souffler du haut des cieux , sur les flots écumans de la mer ora-

' n manque un yers dans Foriginal à cette antistrophe. ^ Les gruet.

l48 HÉLÈNB y

geuse^ un vent doux et favorable^ sorti du aem de Jupiter. Repoussez loin de votre sœur le soup* çon déshonorant d'une alliance barbare : détrui* sez ce bruit injurieux qu'a fait naître la querellé d'Ilion contre une femme innocente , qui ne vit jamais ces murs fondes par Apollon.

FIN 0Xr QUATRIÈME ACTE.

TRAGÉDIE D^BimiPIDE. I^S

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