SCÈNE III
ION , sieal.
Viens ^, superbe laurier, rameau naisShnt, destiné à purifier le terrain sacré que couvreja voûte
' U adresse ces mots aux prophètes chargés de recueillit Je« réponses .de la Pythie j voyez V examen de la pièce.
' Ce qui suit est écrit par strophes et autistropBes.
auguate de ce temple! laurier cueilli dans les jar* dins des immortels, où les eaux des saintes rosées font jaillir une source éternelle pour arroser la chevelure sacrée du myrthe! Feuillage divin , que j'emploie à balayer le temple du dieu , chaque jour avec le lever de l'aile rapide du soleil; assidu à rendre au dieu le culte que je lui dois! 0 Péan! 6 Péan! béni, béni sois-tu, fils de Latone!
0 Apollon! je remplis à l'entrée de ce 'temple un travail honorable, en rendant un culte fidèle à ton trône prophétique. Illustre emploi ! tendre une main servile, non aux faibles humains, mais aux dieux immortels. Ah ! je ne me lasserai jamais d'un si glorieux esclavage. Phébus, Phébus est mon père : je bénirai sans cesse le dieu qui soutient ma vie, et je donnerai toujours le nom de père à celui qui me comble de biens et qui me nourrit dans son temple. O Péan ! ô Péan! béni, béni sois-tu , fils de Latone!
Mais ï il est temps de poser ce rameau de laurier, pour arroser le temple : ces vases d'or sont remplis de l'eau pure de Castalie, et je vais la répandre avec des mains innocentes ^. Puisse ma vie s'écouler ainsi au service d'Apollon , oupuissé-jedu
' Ici finissent les antistrophes , et commence une suite de yert anapestes.
Grec : Sortant pur du Ut Barnès cite ici le LêMque , c, XYp V.i6.
TKAGÉDIE d'êURIPIDE. 2i3
moins ne le quitter que sous d'heureux auspices ! Ah ! que vois-je ? Les oiseaux du Parnasse ont quitté leurs couches éhéries ; ils voltigent autour . du temple. Arrêtez , oiseaux téméraires î ah ! gardez-vous de souiller ce saint lieu ! Héraut de Jupiter, toi, dont^ les serres victorieuses épouvantent la troupe ailée, crains à ton tour que cet arc ne triomphe de toute ta force! et toi, beau cygne, qui navigues ^ vers le sanctuaire, porte ailleurs tes pieds de pourpre ; ta lyre, émule de celle d'Apollon , ne te dérobera pas à mes traits.- Eloigne-toi à tire d'aile, et va dans les marais de Délos faire entendre tes chants harmonieux; ton sang , si tu ne m'x)béis , me vengera de ton audace. Ah! quel' oiseau imprudent vient d'entrer jusque dans la demeure du dieu ? Ose-t-il construire sous cette voûte sacrée son édifice de chaume, pour y loger sa jeune famille 3? Tremble au frémissement
' Grec : Vainquemi lajbine des oiseaux par ton hec crochu, ^ J^ai hasarde de traduire cette mëtaphore du grec , qui caractérise agréablement le vol et le port du cygne.
^ Le néocore écarte ces oiseaux , mais il ne leur fait aucun mal. C'eàt été yioler le droit d'asyle. Ce droit fut violé bien noblement par Aristodicus , lorsque ce généreux citoyen , allant autour d'un temple révéré , enleva de leur nid les moineaux et les oiseaux des autres espèces. « O le plus scélérat des hommes ! s'écria la voix divine , as-tu bien la hardiesse d'arracher de mon temple mes supplians? » -*- Quoi ! grand dieu , répondit Aristodicus , vous protégez vous-même vos supplians, et vous ordonnez aux Cyméens de livrer le leur? Voyez Hérodoie, trad. pïirM. Jiarcher, tom.L pag. lai. , X
Di^cedbyGO0gJc
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de la corde de cet arc qui ya te percer! Entends^ tu ? fuis, mère insensée ! va sur les bords de TAlphée, ou dans les bosquets de Corinthe, te livrer à ces doux plaisirs, et n'espère pas que je souffre que tu viennes souiller les offrandes el rendre impur le temple de Phébus.
Oiseaux, qui par votre chant annoncez aux mortels la volonté des dieux , ma main se refuse à vous ôter la vie; mais je ne puis trahir les devoirs de mon ministère, et Je dois préférer à toiit une divinité bienfaisante.