SCÈNE yiii
LE CHOEUR , seul'.
Je t'invoque, céleste Ililhye, qui présides à notre naissance! Et toi, Minerye, ô ma déesse! toi que le grand Jupiter, aidé du titan Prométhée^i, fit sortir de sa tête altière, daigne exaucer ma prière fervente. Victoire auguste et respectable ^ , quitte les lambris dorés de l'Olympe , et vole vers ce temple placé au milieu de la terre ^ où Phé})us fait entendre sa voix du Jbaut du trépied saint que les chœurs religieux entourent. Viens avec la fille de Latone. Déesses, vierges augustes, sœurs respectables d'Apollon, priez le dieu d'acoorder à la fille d'Erechthée une postérité si long-temps désirée.
Qu'il est doux de se voir renaître dans des enfans vertueux , qui transmettront un jour à leur postérité l'héritage et le souvenir de leur père! C'est un soutien dans l'infortune; c'est le bien Je plus cher dans la prçspérité, c'est le salut et la gloire de la patrie. Les plaisirs purs de la tendresse
' Il parait par les premiers mots delà scène suivante qu'Ion est sorti du lieu de la scène pour aller s'acquitter des devoira de son emploi.
' Minerye avoit un temple à Athènes sous le nom de Minerve victoire^ '
TRAGÉDIE d'eURIPIDJE. 259
maternelle me touchent plus que la fortune et que Falliance des rois : privée de ces jouissances , la vie ne m'offre plus de douceurs ^ Ah! puisseje toujours, dans une heureuse médiociî^é, vivre entourée de ma famille florissante !
0 champêtres vallons, délices du dieu Pan! ô rochers de Macra ! ô grottes fraîches et riantes ! ô temple agreste de Pallas , entouré d'un gazon fleuri que foulent mollement dans leurs danses légères les célestes filles d'Agraule, tandis que le dieu des forets fait résonner sa retraite sauvage des accens variés de la syringe rustique ! c'est à vous, lieux sacrés, qu'une jeune imprudente, séduite par Apollon, confia en gémissant le dépôt chéri qui faisait sa honte , et qu'elle abandonnait à la fureur des bêtes carnacières. Les dieux unis aux femmes mortelles ont eu des fils infortunés : en célébrant leur destinée^ nos chants et notre fuseoju- n'ont pu tracer que des aventures malheureuses,
' Grec : Et je blâme celui qui pense autrement. FIN DU PREMIER ACTE.
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