CREUSE , UN VIEILLARD,, LE CHOEUR
CREUSE
\J VIEILLARD , à qui mon père fut cgnfté dans son en&noe' , montez, je vous prie, jusqu'au lieu saint où Apollon rend ses oracles : informez-vous de sa réponse , et tâchez de m'apprendre si je dois me livrer à Tespërance d'être mère. Il est doux de partager le bonheur de ceux qu'on aime; ou s'il faut prévoir un oracle malheureux^, c'est du moins une consolation de verser ses larmes dans le sein d'un ami plein de bienveillance. Allez, vous savez que j 'honore en vous le fidèle serviteur d'Erechthee,
' Si Ton fait attention à l'âge que doit avoir la mère d'Ion , laquelle était au berceau lorsque ses sœurs se dévouèrent , on trouvera que le gouverneur de leur père doit être âgé de près d'un siècle.
^ Elle ajoute , suivant la coutume des Grecs : « Puisse ce mal- » heur ne point arriver ! » Ils ne manquaient jamais de détourner ainsi le présage des paroles tristes.
TKÂGÉDI£ t)^]^RIPIDE. ^5^
et que maigre mon rang/ je vous envisage comikie on père.
us TIBILLARD.
Ma fille, vos vertus sont dignes de votre nais^. sance, vous ne déshonorez pas le sang de vos au**^ gustes aïeux. Conduisez y cohduisez mes pas vers le temple ; soutenez-moi , je vous prie ; l'oracle est élevé, et la vieillesse m*ôte les forces.
Suivez-moi, bon vieillard; marchez avec pré^ caution.
LE VIEILLARD
Mes pieds sont chancelans, mais mon âme ost ferme encore.
Servez-vous de votre bâton dans ce sentier raboteux.
LE VIEILLARD
Mes yeux voient si faiblement q[u'ils me sont presse inutiles.
Prenez connue, 6 vieillard!
LE VIEILLARD
Ce sont les forces qui me manquent, et non 1«. eourage.
CREUSE
Athéniennes, ô vous dont je connais le zèle et
la fidélité < , dites-moi quel oracle a reçu votre roi; nés vœux sont-ils exaucés? Parlez , répoudez-moi, tirez mon cœur d'incertitude* Ah ! si vous j répandez la joie, vous n'obligerez pas une ingrate maîtresse 1
us GHOBUH.
Ociel!
CREUSE
Dieux! quel abord funeste !